L’artiste à la caméra : hybridité et transversalité artistiques (1962-2015)

par Marie-laure Delaporte

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Thierry Dufrêne.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent (Nanterre) , en partenariat avec Histoire des arts et des représentations (Nanterre) (laboratoire) depuis le 25-09-2009 .


  • Résumé

    A partir des années 1960, le lien entre pratiques filmiques et artistiques s’accentue. Les artistes plasticiens et performeurs utilisent désormais la caméra non seulement pour enregistrer leur discipline mais pour la transformer et la révéler. Le film d’artiste devient un moyen de dialoguer avec les autres pratiques artistiques et de créer des formes d’hybridité et de transversalité au sein de la création. Cette thèse a pour but de démontrer que l’artiste à la caméra est une catégorie à part entière qui dépasse l’aspect documentaire de l’enregistrement filmique de l’oeuvre. Il renouvelle l’image du corps à travers l’objectif de la caméra, oscillant entre présentation et représentation chez Carolee Schneemann, Yvonne Rainer et Bruce Nauman. Le film d’artiste parvient également à dépasser la spécificité des médiums en exaltant sculpture et installation, en créant des formes et des espaces de l’entre-deux, en déplaçant le visiteur comme le font Robert Smihtson ou Anthony McCall, en révélant des aspects invisibles. Enfin, il s’agit de comprendre comment le film peut devenir un modèle de pensée et de réflexion pour les autres arts mais aussi pour le médium de l’exposition qui se voit récitée selon de nouveaux principes temporels et spatiaux. L’artiste à la caméra franchit ainsi les frontières de la danse et de l’opéra, met en jeu le corps et la perception du visiteur face à la redéfinition des écrans et des conditions d’exposition telles les oeuvres de Matthew Barney, Bill Viola ou Pierre Huyghe.

  • Titre traduit

    The Artist with a movie camera : artistic hybridity and interdisciplinarity (1962-2015)


  • Résumé

    Since the 1960’s the link between filmic and artistic practices has intensified. From now on artists and performers use the movie camera not only to record their practice but to transform and reveal it. Artist’s film becomes a way to discuss with the other arts and to create hybrid and transversal shapes. This dissertation aims to demonstrate that the artist with a movie camera, is a category in its own way, which goes beyond the documentary of recording the piece. It renews the body’s image through the camera’s eye, between presentation and representation with the pieces of Carolee Schneemann, Yvonne Rainer and Bruce Nauman. The artist’s film achieves to go beyond the medium’s specificity by glorifying sculpture and installation, by creating shapes and spaces of in-between, moving the visitor as did Robert Smithson or Anthony McCall, by revealing invisible aspects. We would like to understand how film can become a model of thinking for the other arts as well as for the medium of exhibition which reactivated according to new temporal and spatial principles. The artist with a movie camera goes beyond the thresholds of dance and opera, challenges the body and the perception of the visitor facing the definition of the screens et de exhibition’s condition like the ones of the pieces made by Matthew Barney, Bill Viola or Pierre Huyghe.