Poétique de l'extase (France, 1601-1675)

par Clément Duyck

Thèse de doctorat en Littératures française et francophone

Sous la direction de Sophie Houdard.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Littérature française et comparée (....-2015 ; Paris) , en partenariat avec Formes et idées de la Renaissance aux Lumières (Paris) (equipe de recherche) depuis le 14-05-2008 .


  • Résumé

    L’objet de cette thèse est de montrer, dans un corpus français compris entre 1601 et 1675, que l’extase est employée comme la condition du sens de ces discours. La première partie, qui porte sur la fin de l’extase mystique, vise à répondre aux besoins préliminaires d’une définition de l’extase au XVIIe siècle, afin de disposer des outils lexicaux, notionnels et historiques pour mener à bien la recherche poétique. Sont précisés le lexique de l’extase, les conséquences induites par la transformation d’un principe métaphysique en un phénomène humain, et la situation de l’extase face au discernement spirituel qui a abouti à sa faillite. La deuxième partie, qui est consacrée aux récits d’extases, permet de mesurer les conséquences poétiques des premières conclusions, en distinguant la poétique narrative de deux objets qui se trouvent à l’un et l’autre bout des mutations de l’extase au cours du siècle, à savoir l’extase visionnaire dans la Vie de Thérèse d’Avila et l’extase devenue invisible dans les relations spirituelles de Claudine Moine. Ces deux extases sont traitées comme des objets sémiotiques, dont les procédures narratives posent à la narration un problème d’ordre temporel qui a pour effet de faire échec au récit de sainteté que Thérèse d’Avila entend mener, et de rendre impossible dans les écrits de Claudine Moine la conjonction du sujet de l’histoire racontée avec le sujet de la narration. Enfin, la troisième partie traite de l’énonciation de l’extase dans un corpus principalement poétique. Elle isole les figures historiques employées pour représenter une telle énonciation, précise la façon dont l’affectivité extatique s’articule à la parole, et éclaire l’incidence de l’économie affective de sujet extasié sur les modes de figuration objective de l’extase.

  • Titre traduit

    Poetics of Ecstasy (France, 1601-1675)


  • Résumé

    This dissertation aims to show, through an analysis of a French corpus dating from 1601 to 1675, that ecstasy is used as the condition of the meaning of these speeches. The first part, which focuses on the end of mystical ecstasy, seeks to meet the primary needs of a definition of ecstasy in the 17th century, in order to gather the lexical, notional and historical tools for poetical research. It clarifies the lexicon of ecstasy, shows the results of the transformation of a metaphysical principle into a human phenomenon, and explains the situation of mystical ecstasy facing the discernment of spirits that led to its fall. The second part, which focuses on the narratives of ecstasy, allows to evaluate the poetical consequences of the previous conclusions. It distinguishes indeed between the narrative poetics of two objects located on both ends of the mutations of ecstasy during the century: the visionary ecstasy in the Life of Teresa of Avila, and the invisible ecstasy in the spiritual relations of Claudine Moine. These two kinds of ecstasies are considered as semiotic objects, whose procedures result in a temporal problem: ecstasy stymies the narrative of holiness that Teresa of Avila intends to tell, and hinders the identification between the subject of the story and the subject of the narration in Claudine Moine’s writings. Finally, the third part deals with the enunciation of ecstasy in a corpus that is mainly poetical. It isolates the historical figures that are used to represent this enunciation, specifies how the ecstatic emotions are linked to verbal expression, and determines the impact of the ecstatic subject’s emotional economy on the objective modes of figuration of ecstasy.