Être préhistorien et catholique en france (1859-1962).

par Fanny Defrance-jublot

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Denis Pelletier.

Thèses en préparation à Paris, EPHE , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études (Paris) depuis le 02-11-2006 .


  • Résumé

    Un certain nombre de préhistoriens ont revendiqué deux parts de leur identité : celle qui révélait de leur appartenance à une communauté scientifique et celle qui procédait de leur engagement pour le catholicisme. La conjonction ''et'' dans l'intitulé du sujet rend compte d'une somme variée de choix subjectifs et de ce qui s'est joué dans l'interface. Grâce au croisement des sources manuscrites et des sources imprimées, nous questionnons leurs rapports à leurs communautés d'élections dans un contexte de sécularisation et de lutte contre le modernisme au sein de l’Église, l’influence de leur foi sur leurs interprétations et leurs efforts pour construire des scénarios des origines satisfaisants leurs exigences scientifiques et religieuses. Deux historiographies peuvent être rapprochées, celle de l'histoire culturelle et religieuse et celle de l'histoire de la préhistoire. La longue durée du découpage chronologique, qui débute en 1859 avec la reconnaissance des travaux de Jacques Boucher de Perthes, permet d'observer la succession des différentes générations, les fidélités revendiquées ainsi que les déplacements opérés. La question préhistorique étant longtemps restée problématique pour l'Église catholique, le découpage s'achève en 1962 avec le Concile Vatican II, vécu par les préhistoriens catholiques comme une marque d'apaisement définitive.


  • Résumé

    The experience of being prehistorian and catholic in France (1859-1962) Abstract : In the second part of the XIXth century in France, the context of secularization created a dividing line between theological and scientific discourses about human origins. In spite of this, several archaeologists publicly displayed their Catholic faith during this period. These archaeologists felt a connection, rather than a boundary, between their faith and their scientific research. They viewed the Bible as symbolic rather than literal and sought in prehistoric remains proofs that supported their Catholic beliefs. Thus, their faith had a certain influence on their interpretations of prehistoric man. Although several facts seemed to testify against historicity of Genesis, Catholic archaeologists always tried to resolve incoherencies and establish acceptable scenarios. They did this for themselves and to support fellow Catholics alarmed by anticlerical objections. I examine these connections but also another boundary: what could be said and what could not be said in the French Catholic community about prehistoric origins in the context of the Modernist crisis.