Thèse soutenue

Vers une intégration précoce des soins palliatifs en oncologie : étude descriptive des besoins de santé des patients atteints de cancer métastatique en Ile-de-France, et de l’adéquation de ces besoins avec les services de santé

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Auteur / Autrice : Marine Tavernier
Direction : Matthieu de Stampa
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences médicales et recherche clinique
Date : Soutenance le 04/12/2025
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Santé Publique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Villejuif, Val-de-Marne ; 2010-....) - Centre de Recherche en épidémiologie et Santé des populations
Référent : Faculté de médecine
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Santé publique (2020-....)
Jury : Président / Présidente : François Chaumier
Examinateurs / Examinatrices : François Goldwasser, Virginie Guastella, Odile Marquestaut
Rapporteurs / Rapporteuses : François Goldwasser, Virginie Guastella

Résumé

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Contexte : Bien qu'ils soient recommandés dès le diagnostic de cancer métastatique, la mise en oeuvre des soins palliatifs précoces dans les prises en charge oncologique reste un défi de santé publique dans un grand nombre de systèmes de santé, et en particulier en France. Méthodologie : Afin d'évaluer les besoins de santé des patients atteints de cancer métastatique, la prévalence de l'indication à un adressage aux équipes spécialisées en soins palliatifs, et l'intégration actuelle des prises en charge palliative dans les soins oncologiques en France, nous avons réalisé une étude observationnelle, transversale, multicentrique sur une population de patients atteints de cancer métastatiques ambulatoires ou hospitalisés dans 8 hôpitaux franciliens. Nous avons exploré les besoins de santé des patients et de leur aidant principal de façon large et compréhensive au moyen d'échelles validées (EORTC-QLQC30, SCNS-SF34, score EPICES, échelle de Zarit pour les aidants) et recueilli dans le dossier médical les informations cliniques ainsi que celles concernant le cancer et ses traitements, les soignants rencontrés en ville et à l'hôpital et le recours aux soins non programmés. Nous avons recherché la prévalence de critères consensuels internationaux d'adressage aux équipes de soins palliatifs à partir de ces éléments et d'un questionnaire adressé à l'oncologue référent des patients. La survie des patients à un an a été recherchée. Résultats : Bien qu'une majorité de patients (74%) aient été ambulatoires et en bon état général, ils présentaient de fréquents et nombreux symptômes et besoins de santé intriqués, souvent non pourvus. Les soins apportés étaient principalement hospitaliers et pouvaient sembler insuffisants par rapport aux besoins exprimés qui restaient parfois sans réponse. 40% des patients étaient précaires socialement, et présentaient des besoins de santé similaires aux autres patients. Ils recevaient moins de traitement systémique mais étaient plus fréquemment pris en charge en hospitalisation à domicile. La présence d'un aidant n'avait pas d'impact sur les besoins des patients. 37% des patients avaient rencontré une équipe de soins palliatifs dans les trois derniers mois, avec un temps médian entre la 1ère consultation de soins palliatifs et le décès de 4.7 mois. 94% des patients présentaient une indication théorique à rencontrer une équipe de soins palliatifs. Les patients effectivement adressés présentaient plus de symptômes physiques et émotionnels sévères, étaient plus fréquemment demandeurs de rencontrer une équipe de soins palliatif et leur pronostic était plus souvent < 1 an. Conclusion: Compte-tenu de la fréquence des symptômes et besoins non pourvus chez les patients atteints de cancer métastatique, même en bon état général, la mise en place de dépistages systématiques des symptômes et besoins en soins palliatifs précoces semble nécessaire dès le début de la prise en charge. La réponse à ces besoins, notamment à domicile, semble souvent insuffisante. Si les équipes de soins palliatifs peuvent s'intégrer plus précocement dans les prises en charge oncologiques, la couverture des besoins théoriques reste très insuffisante. Des programmes de développement des soins palliatifs précoces paraissent indispensables, ainsi que le renforcement de la formation des soignants à la médecine palliative et la recherche sur des organisations de soins innovantes.