La pratique celtique des "têtes coupées" en France méditerranéenne : : l’exemple du site du Cailar (Gard) au IIIe s. av. n. è. : approche archéothanatologique et traitements informatiques des données

par Elsa Ciesielski

Projet de thèse en Archéologie

Sous la direction de Thierry Janin et de Henri Duday.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Temps, territoires, sociétés, développement - ED 60 , en partenariat avec ASM - Archéologie des sociétés méditerranéennes, Laboratoire (laboratoire) depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    En Gaule méridionale la pratique des têtes coupées, décrite par la littérature antique, est attestée par les vestiges lapidaires et les restes humains mis au jour depuis plus d’un siècle. Des données inédites sur cette coutume ont été acquises suite à la découverte au Cailar (Gard, France), à partir de 2003, d’un ensemble de crânes humains fragmentés, d’armement manipulé et de plusieurs dizaines de monnaies, dispersés dans les phases de remblaiement d’une place publique entre la fin du IVe et la fin du IIIe s av. n. è. Cette dernière appartient à une agglomération fortifiée fondée dès le VIe s. av. n. è. Les fragments de crânes trouvés sur ce site constituent le sujet de cette étude. Ces os forment un corpus assez différent des restes généralement associés aux têtes coupées : ils sont nombreux, très fragmentés et largement mélangés et dispersés dans les couches. Pour comprendre les évènements qui ont conduit à la création d’un tel assemblage, il a été nécessaire de mettre en place des outils adaptés à leur étude. Après une remise en contexte archéologique régionale et locale, ce travail se propose de présenter les méthodes de l’archéothanatologie adaptées à l’étude de ce type d’ossements (quantification, modification osseuses). Dans un deuxième temps, sont détaillés l’outil d’enregistrement créé pour optimiser l’étude (base de données/géodatabase, SIG), et les méthodes d’analyses spatiales retenues pour étudier non seulement les traces et les fractures des pièces osseuses, mais aussi leur répartition sur le terrain. Les résultats obtenus sont multiples : données quantitatives et taphonomiques précises sur l’assemblage, proposition d’une méthode inédite pour l’analyse de la découpe et de la fragmentation sur des crânes humains fragmentés, analyse poussée de la répartition spatiale dans les trois dimensions. Tous ces éléments permettent de proposer des hypothèses solides quant à la chaîne opératoire qui concerne les têtes coupées : mode de récupération, traitement, rejet, mise en place du dépôt. Ce travail permet également de suggérer des pistes à approfondir ou à abandonner dans les méthodes usuelles d’analyses des grands ensembles fragmentés et dispersés

  • Titre traduit

    Celtic severed head practice in southern France : : the exemple of the Cailar’s settlement (Gard, France) during the IIIrd century BCE. : death archaeology approach and IT processing


  • Résumé

    Once only known from Classical accounts, the practice of collecting and curating human heads by certain Iron Age groups in southern France has, for more than a century now, been evinced by materials including stone carvings and human remains. In particular, new evidence has been brought to light at the site of Le Cailar (Gard), a fortified site occupied from the end of the 6th century BCE. Specially, excavations carried out since 2003 have revealed an extensive deposit accumulated from the end of the 4th until the end of the 3rd century BCE, comprising fragmented human crania, purposefully deformed armaments, and many dozens of coins scattered across a public plaza, beneath a thick layer of rubble. The human cranial fragments discovered on this plaza are the subject of this study. These bones form a corpus quite different from the remains generally associated with severed heads: they are numerous, very fragmented, and largely mixed and dispersed in the levels. In order to understand the events that led to the creation of the assemblage, it has been necessary to adapt tools to this study. After putting the site into its local and regional context, this work proposes to present bioarchaeological methods adapted to the study of these types of bone (especially, quantification and modification of the bone). In a second time, the recording tool created to optimize the study is presented (database / geodatabase, GIS), then the spatial analysis methods used to study, not only the traces and the fractures of the parts bones, but also their distribution on the field. There are a lot of results: precise quantitative and taphonomic data about the assemblage, proposition of new method to study cut marks and fracturing, a hitherto unparalleled understanding of the process of how crania were distributed across the site (this last measured in three dimensions). All these elements permit to propose solid hypotheses regarding the process by which these heads were produced: the means of recuperation, treatment, disposal, and deposition. This work also suggests which avenues of research will or won't be useful to pursue in future projects of a similar nature