Evolution de la notion du beau à travers la céramique coréenne, des origines à nos jours

par Soo-keun Chung

Projet de thèse en Études extrême-orientales

Sous la direction de Jine-Mieung Li.

Thèses en préparation à Paris 7 depuis le 13-01-2010 .


  • Résumé

    Très peu d'études universitaires ont été consacrées en france à la céramique coréenne, et aucune encore n'a tenté de synthétiser l'histoire de la céramique en corée, notamment dans ses dimensions philosophiques, sociales, techniques. fort de ce constat, il nous a paru nécessaire de présenter et d'analyser l'évolution de cet art en corée au cours de plus de trois mille ans d'évolution, en nous focalisant cependant sur les périodes les plus florissantes de l'époque classique, à savoir goryeo (935-1392), joseon (1392-1910), et enfin, l'époque contemporaine, principalement la deuxième moitié du xxe siècle et le début du xxie siècle. les deux premières époques, âge classique de la poterie coréenne, agissent comme une référence culturelle et technique importante dans le domaine de la céramique. avec le xxe siècle, et malgré un déclin amorcé au xixe siècle et confirmé par la concurrence industrielle, la décadence politique, la colonisation puis la guerre de corée, la céramique coréenne renaît progressivement à partir des années soixante, pour trouver dans les années quatre-vingt un souffle particulier, nourri aux mamelles de la tradition nationale et des influences occidentales ou japonaises. peu à peu, la logique de l'art pour l'art s'impose, au détriment de l'esthétique pure. l'art est progressivement déconstruit, et la notion de beau subi bien des avatars. en effet, le beau, qui avait été le but ultime de la recherche artistique, tend à s'effacer au profit du concept, de l'engagement politique, de la critique sociale, d'une évocation religieuse. l'art est engagé, et invite à une réflexion bien différente des méditations confucéennes relatives à l'art. si la corée n'a pas enfanté de théorie esthétique indigène, c'est que le processus de réflexion amorcé au xviiie siècle sur l'esthétique, en réaction contre une certaine rigidité dogmatique du néoconfucianisme érigé en doctrine d'etat s'est, après une remarquable floraison intellectuelle, sclérosée après le retour au pouvoir d'une faction conservatrice aux vues étroites, qui semble avoir précipité la décadence nationale. de nos jours, la céramique coréenne, de même que les autres arts, sont florissants en corée, en raison d'une politique active de la part des collectivités locales, soucieuses de développer, dans quelques communes, un secteur économique porteur, et capable d'attractions touristiques. evolution des techniques, recherche personnelle et quête conceptuelle se mêlent aux questions économiques, aux modes (art d'environnement, vaisselle de table, installations), et à l'évolution des marques extérieures de pouvoir, de culture et de raffinement pour définir un rôle social de l'objet et le contour du marché de l'art céramique. ainsi, l'évolution du beau est un phénomène complexe, qu'il convient d'étudier dans ses aspects historiques, techniques et philosophiques. nous entendons ici présenter une somme durable permettant d'appréhender ces différents aspects de la quête de l'esthétique à travers la céramique coréenne, en nous concentrant sur les étapes charnières que sont le passage de l'utilitaire au simple esthétique-décoratif, puis du décoratif au conceptuel, tendance aujourd'hui dominante.


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