Deference, metacognition et metarepresentation : quelle est la source cognitive de l'autorite des enonces religieux ?

par Anne Coubray

Projet de thèse en Sciences cognitives

Sous la direction de Joelle Proust.

Thèses en préparation à Paris, EHESS depuis le 04-09-2009 .


  • Résumé

    L'anthropologie cognitive de la religion rend compte de la diffusion et de la stabilisation des representations religieuses par le fait qu'elles impliquent des agents minimalement contre-intuitifs : cela leur confere des proprietes memorielles et motivationnelles particulieres. mais cela suffit-il a expliquer qu'elles puissent etre crues avec un degre de confiance eleve ? l'autorite de leur source semble etre importante pour comprendre le phenomene des croyances. mais comment penser le passage de l'autorite d'une representation, liee a sa source, a l'autorisation epistemique qu'en retire le croyant ? le concept de metacognition, comme activite d'auto-evaluation et de controle de ses propres performances et dispositions mentales, permet de poser ces questions a nouveaux frais. en effet, il permet de distinguer, au sein de l'evaluation des representations religieuses, entre une evaluation metarepresentationnelle explicite et une evaluation affective implicite, fondee sur des sentiments epistemiques, et donc entre autorisation dirigee vers autrui et autorisation dirigee vers soi. or, si les sentiments epistemiques sont porteurs implicites de normes, de criteres de decisions epistemique, alors on peut faire l'hypothese que les croyances religieuses dependent d'une diversite de normes epistemiques ou metacognitives. quelles sont les normes metacognitives qui regulent les croyances religieuses ? pour comprendre les croyances religieuses, il semble necessaire d'interroger les relations, eventuellement hierarchiques ou conflictuelles, entre les differentes normes a meme de reguler les decisions d'accepter des sujets : les contextes religieux entrainent-ils des conflits entre les differentes normes epistemiques que sont la fluence, la pertinence, le consensus, la coherence ou la verite ? favorisent-ils la dominance d'une de ces normes sur les autres ?


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