Concevoir et mettre à l'essai une recherche-action visant l'amélioration du rapport à l'écriture chez des élèves immigrants allophones en classe d'accueil à Montréal.

par Elodie Combes

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Nathalie Auger et de Françoise Armand.

Thèses en préparation à Montpellier 3 en cotutelle avec l'Université de montreal , dans le cadre de Langues, littératures, cultures, civilisations - ED 58 depuis le 11-12-2009 .


  • Résumé

    Dans un monde postmoderne où la mobilité des populations ainsi que des biens symboliques et culturels est un quotidien dans les centres urbains, la pluralité des personnes constituant la société doit se refléter dans une prise en compte de celle-ci dans le milieu éducatif. Au Québec, même si globalement les enfants issus de l’immigration parviennent avec le temps à égaler leurs pairs de la société d’accueil au niveau de leur réussite scolaire, ce n’est pas le cas si on regarde les variations au sein même des diverses communautés (Mc Andrew, 2009). Diverses recherches concernant les élèves immigrants allophones (dont la langue maternelle est autre que les langues officielles du pays d'accueil) et leur performance scolaire démontrent que l'apprentissage de la langue française représente pour eux un premier facteur de retard dans la trajectoire scolaire. Par ailleurs, des recherches ont permis d’insister sur l’existence d’une interdépendance entre les deux langues des enfants bilingues (Cummins, 1976 ; 2001), tant sur le plan affectif que cognitif, de l’importance du rôle de la valorisation des langues dans leur développement cognitif, et du fait que cette valorisation doit se faire « par le biais de l’éducation qui doit surtout valoriser la langue maternelle lorsque celle-ci ne l’est pas dans la société » (Hamers, 2005 : 287). Les éducateurs doivent donc bâtir sur la base qu’est le vécu linguistique et culturel des élèves plurilingues, notamment pour entraîner un engagement cognitif dans les activités de littératie. En outre, la réussite dans les activités liées à l’écrit en français, et plus particulièrement en écriture (activité d’une grande complexité) constitue un enjeu majeur pour ce type de public, que l’on retrouve souvent dans les milieux défavorisés. Ma recherche contribuera à la mise en œuvre d’une intervention intégrant une nouvelle approche éducative, nommée "plurilittératie" (Moore, 2006), afin de stimuler les représentations et l'engagement envers l'écriture, ou encore le rapport à l'écriture (Barré-de Miniac, 2000) d'élèves allophones en classe d’accueil à Montréal. La finalité des activités en classe sera l’écriture collective (avec la participation des parents) d’un livre, pour chaque élève, qui pourra être plurilingue et qui illustrera par divers moyens l’histoire familiale de l’élève. Ce projet s'inscrit dans une recherche FQRSC (Fond québécois de recherche société et culture) dirigée par Michèle Vatz-Laaroussi (U. de Sherbrooke) et réalisée en collaboration avec Armand, Kanouté, Rachedi et Steinbach (Écriture et histoires familiales de migration : une recherche-action pour promouvoir les compétences à écrire des élèves allophones immigrants et réfugiés dans les écoles primaires et secondaires du Québec (2010-2013). Enfin, ce projet, qui visera la co-construction, la mise à l'essai et l'analyse qualitative, avec une enseignante experte volontaire, d'une intervention prenant en compte à l’école primaire à la fois les langues (maternelles et secondes) de ses quinze élèves et leur vécu familial et migratoire, se voudra permettre une avancée dans l'élaboration de pratiques éducatives pertinentes pour répondre aux réalités des sociétés multilingues et multiculturelles d’aujourd’hui.


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