La question du meilleur régime à l'epreuve des relations internationales dans la pensée de Raymond Aron.

par Frederic Cohen

Projet de thèse en Science politique


Sous la direction de Pierre Manent.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 01-11-2005 .


  • Résumé

    Cette thèse cherche à comprendre pourquoi Aron juge essentiel d’étudier la question du meilleur régime politique à l’épreuve des relations internationales. Il s’agit de s’interroger sur l’ampleur et le sens politique de ce que Raymond Aron appelle le drame humain, en précisant la nature de la distinction entre l’intérieur et l’extérieur, entre la politique domestique et les affaires étrangères qu’il juge essentiel, tout en examinant les rapports complexes qui se nouent entre ces deux domaines de la vie politique. Nous tâchons d’éclairer la signification que revêt aux yeux d’Aron la primauté de la politique dans l’organisation des choses humaines, alors que pourtant l’organisation politique des sociétés modernes lui apparaît essentiellement indéterminée. Ceci nous amène à nous interroger sur la conception aronienne singulière de la démocratie et du libéralisme, au regard des tensions fondamentales de la vie politique entre les réquisits du bon gouvernement et les contraintes du jeu international. L’étude des antinomies de l’action politique, nous conduit à revenir sur les principaux débats entre réalistes et idéalistes au sujet du problème de la guerre et de la paix, qu’Aron examine à travers ses réflexions sur le « problème machiavélien » et « le « problème kantien ». Il s’agit de préciser le sens de la prudence politique selon Aron, en s’interrogeant sur les limites inhérentes à la recherche du meilleur ordre politique qui soit et en tenant compte du défi que représente la menace thermonucléaire.

  • Titre traduit

    The question of the best regime as viewed through an international relations lens in the political thought of Raymond Aron


  • Résumé

    This dissertation explores the reasons why Raymond Aron deems it essential that the question of the best regime be framed in the context of international relations. In doing so, it seeks to draw out the full scope and political meaning of what Raymond Aron calls "the human drama" by specifying the distinction he makes between domestic politics and foreign affairs, whilst also examining the complex interactions through which he connects these two essential domains of political life. I take as a starting-point the apparent dissonance between Aron's belief in the primacy of politics as an organising principle for human affairs and his perception of modern political societies as essentially indeterminate. From there, I move on to question the singular nature of the Aronian conception of democracy and liberalism in light of the fundamental tension between the imperatives of good governance and the constraints imposed by the international system. The study of the antinomies of political action leads me to revisit the main debates between realists and idealists on the problem of war and peace, as addressed by Aron in his reflections on the Machiavellian problem and the Kantian problem. The aim here is to clarify the meaning Aron gives to political prudence by taking account of the limits inherent to the search for the best possible political order, especially in light of the existential threat raised by the prospect of thermonuclear warfare.