La matrice de la vulnérabilité des personnes noires face à la maladie. L'exemple du VIH / sida en Île-de-France et Haute-Garonne.

par Nancy Nzeyimana cyizere

Projet de thèse en Sociologie, demographie

Sous la direction de Stephanie Mulot et de Virginie Rozee.

Thèses en préparation à Toulouse 2 , dans le cadre de Temps, Espaces, Sociétés, Cultures (TESC) , en partenariat avec CERTOP - Centre d'Etudes et de Recherche Travail Organisation Pouvoir (UMR 5044) (equipe de recherche) depuis le 01-09-2020 .


  • Résumé

    Les fortes prévalences et incidences de séropositivité au VIH chez certaines populations noires en France ont historiquement été attribuées aux inégalités socio-économiques et à la situation sanitaire dans les régions d’origine (notamment l’Afrique subsaharienne et la Caraïbe). Pourtant, des travaux récents questionnent la lecture du sida chez ces populations uniquement comme une maladie d’importation. Par exemple, près de la moitié des personnes immigrées d’Afrique subsaharienne séropositives au VIH l’auraient contracté pendant leur processus d’arrivée et d’installation en France. À contre-courant des thèses culturalistes, je propose une lecture sociologique de ce constat en examinant les conditions matérielles d’existence et l’accès aux soins de qui construisent ces vulnérabilités différentielles à la maladie. J’interroge ainsi le poids de la racialisation des populations sur les inégalités intersectionnelles de santé, particulièrement dans le cas du VIH et du sida. Mon enquête qualitative, cadrée par des données quantitatives, vise à contribuer à la résolution d’une double aporie : l’invisibilisation des effets de la minorisation raciale dans les recherches en sciences sociales, et le manque d’outillage méthodologique pour les identifier. Ceci tient à l’hégémonie de l’idéologie républicaine en France qui bannit l’emploi de la race comme catégorie d’analyse critique au nom d’un universalisme abstrait. Dans ce contexte, je déconstruis l’assignation minoritaire « noir·e » en anallysant sa fabrique micro-, méso-, et macrosociale dans l’Hexagone.

  • Titre traduit

    The matrix of black people’s vulnerability to disease : the case of HIV/AIDS in Île-de-France and Haute-Garonne.


  • Résumé

    The high prevalence and incidence of HIV seropositivity among certain black populations in France were historically attributed to socio-economic inequalities and the health situation in the regions of origin (notably sub-Saharan Africa and the Caribbean). However, recent work questions the reading of AIDS in these populations only as an import disease. For example, almost half of immigrants from sub-Saharan Africa who are HIV positive are believed to have contracted the virus during their process of arrival and settlement in France. Contrary to culturalist theses, I offer a sociological reading of these observations by examining the material conditions of existence and access to healthcare that produce these differential vulnerabilities . I thus question the weight of the racialization of populations on intersectional inequalities in health, particularly in the case of HIV and AIDS. My qualitative investigation, framed by quantitative data, aims to help resolve a double aporia: the invisibility of the effects of racial minorization in social science research, and the lack of methodological tools to identify them. This is due to the hegemony of the republican ideology in France that bans the use of race as a category of critical analysis to safeguard an abstract universalism. In this context, I deconstruct the minority assignment « black » in the Hexagon (France in Europe, departmentalized colonies excluded) by analyzing its micro-, meso-, and macrosocial fabric.