CONTRIBUTION METHODOLOGIGUE A LA MISE EN PLACE D'UN SYSTEME DE SURVEILLANCE EPIDEMIOLOGIQUE INTEGRE : CAS D'ETUDE DU CHARBON BACTERIDIEN AU BURKINA FASO

par Sougrenoma désiré Nana

Projet de thèse en EFSA - Écologie Fonctionnelle et Sciences Agronomiques

Sous la direction de Pascal Hendrikx.

Thèses en préparation à Montpellier , dans le cadre de Biodiversité, Agriculture, Alimentation, Environnement, Terre, Eau , en partenariat avec ASTRE - Animal, Santé, Territoires, Risques et Ecosystèmes (laboratoire) depuis le 15-10-2020 .


  • Résumé

    De nos jours, la santé publique est une urgence internationale à cause des crises sanitaires massives qui sont au centre de toutes les préoccupations. La mondialisation croissante et les changements climatiques accentuent les interactions homme-animal-environnement entrainant ainsi l'échec de certaines politiques de lutte contre les maladies notamment les zoonoses. C'est ainsi que l'on assiste de plus en plus à une rupture de la barrière entre les différents secteurs de la santé dont principalement la santé humaine et animale. Il est incontestable que la santé humaine, animale et celle des écosystèmes sont interdépendantes et interconnectées. Les zoonoses peuvent être définies de façon succincte comme étant des maladies transmissibles des animaux à l'homme ou vice-versa. Les maladies vectorielles dont certaines sont également zoonotiques, elles, sont transmises à l'homme par des vecteurs qui sont dans l'environnement (transmission indirecte). La détection, la prévention et la lutte contre ces maladies nécessite une collaboration multisectorielle d'où cette notion de One health (santé unique) au vu des conséquences de ces diverses maladies, comme en témoigne la situation sanitaire actuelle mondiale de la pandémie de COVID_19. On estime que ces maladies provoquent la mort de 2,2 millions de personnes et la maladie de 2,4 milliards de personnes chaque année dans le monde. Elles représentent 60 % des maladies infectieuses humaines (Taylor et al., 2001) et 75 % des maladies émergentes (Daszak et al., 2001). La réduction de l'incidence de toutes ces problématiques de santé passe nécessairement par la prévention et la lutte collective contre les maladies et non des actions sectorielles. À cet effet, une bonne connaissance de la situation épidémiologique des maladies est un prérequis pour définir une stratégie de prévention et de contrôle adaptée. L'un des outils incontournables de la production des informations épidémiologiques et d'aide à la décision demeure la mise en place de système de surveillance épidémiologique des maladies. Par définition, la surveillance épidémiologique est une "méthode fondée sur des enregistrements en continu permettant de suivre l'état de santé ou les facteurs de risque d'une population définie, en particulier de déceler l'apparition de processus pathologiques et d'en étudier le développement dans le temps et dans l'espace, en vue de l'adoption de mesures appropriées de lutte" (Toma et al, 1999). En Afrique de l'Ouest et du Centre, c'est vers la fin des années 1990 que la plupart des réseaux de surveillance épidémiologique pour ce qui concerne le secteur de la santé animale ont été mis en place grâce au programme panafricain de contrôle des épizooties (PACE), (Squarzoni, 2005) C'est le cas du Réseau de Surveillance Epidémiologique (RESUREP) au Burkina Faso qui a été mis en place en 1999 et qui est sous la supervision de la Direction Générale des Services Vétérinaires. Cependant il serait judicieux dans le contexte actuel de mener une surveillance épidémiologique dans un cadre intégré, entre les différents acteurs de la santé humaine et animale mais aussi les populations qui sont les bénéficiaires. Cependant il n'existe pas de nos jours de système de surveillance intégrant les acteurs de la santé humaine et de la santé animale opérationnelle, ainsi qu'une méthodologie adaptée au contexte du pays à cette fin. La mise en place de tout système de surveillance et par-delà de surveillance intégrée doit tenir compte des spécificités du milieu. L'Afrique en général et le Burkina Faso en particulier présente des spécificités tant sur le plan culturel, organisationnel qu'économique. Une telle surveillance est indispensable pour surveiller les maladies zoonotiques, émergentes et ré-émergentes qui implique principalement les secteurs de la santé humaine et animale. En effet beaucoup de facteurs essentiellement de nature organisationnelle, technique, contextuels et sociologiques peuvent entraver la mise en œuvre de la surveillance intégrée santé humaine, santé animale et environnement. Le succès de cette mise en place est donc très largement dépendant de la prise en compte du contexte dans lequel elle est destinée et de l'implication des acteurs et des bénéficiaires dans le processus décisionnel (Bordier et al., 2018). Dans le but de contribuer à l'amélioration de la surveillance épidémiologique au Burkina Faso en particulier il serait primordial de mener des travaux sur le thème suivant : « Mobilisation de processus participatifs pour améliorer la surveillance épidémiologique intégrée, en utilisant le cas d'étude du charbon bactéridien au Burkina Faso » L'objectif général de ce travail est d'appliquer et évaluer une démarche participative de mise en place d'un système de surveillance intégrée, en utilisant le cas d'étude du charbon bactéridien, maladie zoonotique prioritaire au Burkina Faso. Dans le cadre de la réalisation de ce travail nous allons chercher à répondre à la question suivante : Les approches participatives permettent-elles d'aboutir à la mise en place de systèmes de surveillance intégré fonctionnels et durables en prenant exemple sur le cas du charbon bactéridien au Burkina Faso ? Pour cela, nous allons aborder la problématique sous trois angles différents : D'abord il s'agira de faire l'état des lieux en réalisant d'une part une analyse des acteurs de la surveillance épidémiologique et d'autre part une évaluation de la collaboration dans le système de surveillance intégrée (la collaboration actuelle telle qu'elle fonctionne) au Burkina Faso entre les acteurs clés à savoir la santé humaine, la santé animale et l'environnement. Ensuite il s'agira de mettre en œuvre un processus participatif avec les acteurs pour favoriser la mise en place et le fonctionnement de système de surveillance intégrée, validées par ces différents acteurs en prenant exemple sur le cas du charbon bactéridien. Enfin il s'agira pour nous de faire une évaluation de la capacité de cette approche pour définir des modalités de surveillance intégrée qui soient acceptées et appliquées par les acteurs.

  • Titre traduit

    METHODOLOGICAL CONTRIBUTION TO THE IMPLEMENTATION OF AN INTEGRATED EPIDEMIOLOGICAL SURVEILLANCE SYSTEM: CASE STUDY OF ANTHRAX IN BURKINA FASO


  • Résumé

    Nowadays, public health is an international emergency because of the massive health crises that are at the center of all concerns. Increasing globalization and climate change accentuate human-animal-environment interactions, thus leading to the failure of certain disease control policies, particularly zoonoses. Thus, we are witnessing more and more a breaking of the barrier between the different health sectors, mainly human and animal health. It is undeniable that human, animal and ecosystem health are interdependent and interconnected. Zoonoses can be succinctly defined as diseases that can be transmitted from animals to humans or vice versa. Vector-borne diseases, some of which are also zoonotic, are transmitted to humans by vectors in the environment (indirect transmission). The detection, prevention and control of these diseases requires multisectoral collaboration, hence the notion of One Health, given the consequences of these various diseases, as evidenced by the current global health situation of the COVID_19 pandemic. It is estimated that these diseases cause the death of 2.2 million people and the illness of 2.4 billion people each year worldwide. They account for 60% of human infectious diseases (Taylor et al., 2001) and 75% of emerging diseases (Daszak et al., 2001). Reducing the incidence of all of these health problems requires prevention and collective control of diseases, not sectoral actions. To this end, a good knowledge of the epidemiological situation of diseases is a prerequisite for defining an appropriate prevention and control strategy. One of the essential tools for the production of epidemiological information and decision support remains the implementation of an epidemiological disease surveillance system. By definition, epidemiological surveillance is "a method based on continuous records that allows the monitoring of the health status or risk factors of a defined population, in particular to detect the appearance of pathological processes and to study their development in time and space, with a view to adopting appropriate control measures" (Toma et al, 1999). In West and Central Africa, most of the epidemiological surveillance networks for the animal health sector were set up in the late 1990s thanks to the Pan-African Program for Epizootic Control (PACE) (Squarzoni, 2005). This is the case for the Epidemiological Surveillance Network (RESUREP) in Burkina Faso, which was set up in 1999 and is supervised by the General Directorate of Veterinary Services. However, in the current context, it would be judicious to conduct epidemiological surveillance in an integrated framework, between the different actors of human and animal health but also the populations who are the beneficiaries. However, there is currently no surveillance system integrating human and animal health actors that is operational, nor is there a methodology adapted to the country's context for this purpose. The implementation of any surveillance system, and beyond that of integrated surveillance, must take into account the specificities of the environment. Africa in general, and Burkina Faso in particular, is culturally, organizationally and economically specific. Such surveillance is essential to monitor zoonotic, emerging and re-emerging diseases that mainly involve the human and animal health sectors. Indeed, many factors, mainly of an organizational, technical, contextual and sociological nature, can hinder the implementation of integrated human health, animal health and environment surveillance. The success of this implementation is therefore very largely dependent on taking into account the context in which it is intended and the involvement of stakeholders and beneficiaries in the decision-making process (Bordier et al., 2018). In order to contribute to the improvement of epidemiological surveillance in Burkina Faso in particular, it would be essential to carry out work on the following theme: "Mobilizing participatory processes to improve integrated epidemiological surveillance, using the case study of anthrax in Burkina Faso" The general objective of this work is to apply and evaluate a participatory approach to setting up an integrated surveillance system, using the case study of anthrax, a priority zoonotic disease in Burkina Faso. In the context of this work, we will seek to answer the following question: Can participatory approaches lead to the establishment of functional and sustainable integrated surveillance systems, taking the case of anthrax in Burkina Faso as an example? To do so, we will approach the problem from three different angles: First, we will assess the current state of play by conducting an analysis of the actors involved in epidemiological surveillance and an evaluation of the collaboration in the integrated surveillance system (the current collaboration as it functions) in Burkina Faso between the key actors, namely human health, animal health and the environment. Then we will implement a participatory process with the stakeholders to promote the establishment and operation of an integrated surveillance system, validated by these different stakeholders, taking the example of anthrax. Finally, we will evaluate the capacity of this approach to define integrated surveillance modalities that are accepted and applied by the stakeholders.