L'homme de troupe dans les Troupes coloniales de 1880 à 1913. : étude anthropologique et prosopographique

par Benoit Bodart

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Hubert Heyriès.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, littératures, cultures, civilisations - ED 58 , en partenariat avec CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales, Laboratoire (laboratoire) depuis le 01-10-2010 .


  • Résumé

    Après la défaite de 1870-1871, la France renoue avec son expansion coloniale. Au préalable, les politiciens de tous bords, les économistes ou encore les investisseurs privés se sont attachés à justifier le « fait colonial » en vue de doter le pays de troupes spécialisées dans les interventions outre-mer. Dans ce cadre, l’infanterie et l’artillerie de la Marine reçoivent le rôle d’évoluer en dehors du sol métropolitain afin d’accomplir les trois étapes du processus colonial : la conquête, la pacification et l’administration. Cette étude vise à mieux cerner cette population de soldats, communément appelée « marsouin », en la suivant depuis le recrutement jusqu’à son déploiement outre-mer. En plus d’étudier spécifiquement les conditions de recrutement, il s’agit ici de s’interroger sur la formation afin de savoir si ces hommes disposent des qualités intellectuelles et physiques pour pouvoir exercer leur métier aux colonies. Pour le savoir, il a fallu dépouiller près de 4500 registres matricules en vue de réaliser des séries statistiques. L’exploitation d’une centaine de témoignages a également permis de suivre le quotidien de ces hommes et ainsi de comprendre leurs motivations, leurs difficultés, leurs déceptions, leurs satisfactions, leurs représentations ou encore leurs aspirations en termes d’avancement ou de récompenses. En outre, il en ressort généralement que le marsouin a su s’adapter aux différentes situations et circonstances en dépit de la quantité et de la qualité du recrutement qui font régulièrement défaut entre 1880 et 1914. Le soldat colonial souffre en plus de sa mauvaise réputation même si celle-ci tend à s’atténuer à mesure que l’Empire colonial se construit et se solidifie. Le marsouin, bras armé du gouvernement, est en effet la cible des critiques qui proviennent des anticolonialistes. L’armée peine le plus souvent à réagir en livrant une autre version. Nonobstant, à la veille de la Grande Guerre, la colonisation fait quasiment consensus et les marsouins jouissent progressivement d’une reconnaissance qui leur échappait jusque-là

  • Titre traduit

    The soldiers in the french marines betwenn 1880-1914


  • Résumé

    In the wake of the 1870-1871 military defeat, France resumed its colonial expansion. Politicians on all sides, economists or investors justified “colonialism” in order to provide the country with troops specialized in overseas operations. In this context, French marine infantry and artillery units were specifically tasked with operating outside French soil in order to carry out the three stages of the colonial process: conquest, pacification and administrative management. This aim of this research is to get a better knowledge of the soldiers nicknamed “marsouins”, from their recruitment up to their deployment overseas. In addition to paying attention to the recruitment process, we’ll also focus on their training, so as to know whether these troops were endowed with the intellectual and physical qualities needed to operate in French colonies. In order to achieve this research, it was necessary to study about 4,500 Army registers to compile statistics. The exploitation of about 100 testimonies also allowed us to have a better understanding of the daily life of these troops, their motivations to sign up, the difficulties they experienced, as well as their joys, expectations in terms of promotions and awards. Moreover, we could observe that the “marsouin” was able to adapt to the different situations and circumstances he was faced with, in spite of the poor quality of the recruits and their too limited number between 1880 and 1914. However, these troops had a bad reputation which tended to improve as the French colonial empire grew and got stronger