Quelles expériences pour quels films? Les temps de notre relation esthétique au monde

par Marcia Baldissera (Aurelio Baldissera)

Projet de thèse en Esthétique


Sous la direction de Jean-Marie Schaeffer.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales , en partenariat avec Centre de Recherches sur les Arts et le Langage (CRAL) (equipe de recherche) depuis le 01-12-2010 .


  • Résumé

    La thèse se propose d’analyser la structure esthétique de l’expérience cinématographique. On part d’une définition du film comme flux (audio-)visuel qui a un début, un déroulement et une fin. Partant du constat de ce principe constructif, la thèse entend montrer comment la structuration temporelle des films engendre des différences cognitives dans l'expérience spectatorielle. La notion de « structuration temporelle » renvoie à l'ordonnancement des plans et des sons dans leur durée en succession et/ou en simultanéité, tandis que l'adjectif « cognitif » fait référence aux processus d'acquisition et d'usage de nos connaissances. L’étude se fonde sur l'esthétique de Kant, la phénoménologie de Husserl, l'analyse du cinéma de Deleuze, l'Intentionnalité chez Searle, ainsi que la théorie esthétique et la théorie cognitive de la fiction de Schaeffer, dans une perspective interdisciplinaire et en prenant appui sur les données empiriques des sciences cognitives. La thèse déploie une analyse comparative du déroulement des processus de la réception cinématographique – la perception, l'attention et la compréhension – et rend compte des différents temps de cette réception, c’est-à-dire de la relation entre l'objet film et les spectateurs. L’objectif est double : il s’agit, d’une part, de mettre au jour les implications cognitives de la technique cinématographique dans l'expérience spectatorielle, en considérant notamment la fonction de cette technique et les principes, issus de l’Intentionnalité des auteurs, qui y sont inscrits ; et, d’autre part, d’évaluer la portée de ces principes constructifs et Intentionnels dans le cinéma contemporain, les dernières décennies ayant été marquées par une radicalisation progressive du rythme des films. Le cinéma devient à ce titre un exemple des structures temporelles qui soutiennent notre relation au monde réel.

  • Titre traduit

    How do we experience different films? The rhythms of our aesthetic relation to the world


  • Résumé

    The aim of this thesis is to analyze the aesthetic structure of the cinematographic experience. We depart from a definition of film as an (audio)visual flux with a beginning, an evolution, and an end. From the evidence of this constructive principle, this thesis intends to show how the temporal structure of films generates cognitive differences in the spectators' experience. The notion of “temporal structure” is related to the ordering of shots and sounds within their durations in succession and/or in simultaneity, while the adjective “cognitive” refers to the acquisition process and use of our knowledge. This study is based on Kant's aesthetics, Husserl's phenomenology, Deleuze's cinema analysis, Searle's Intentionality, and Schaeffer's aesthetic and fiction cognition theories, in an interdisciplinary perspective, drawing on cognitive sciences empirical data. It is a comparative analysis of the unfolding of the cinematographic reception process – perception, attention and comprehension – and takes the different times of this reception into account, that is, the relation between the object film and the spectators. The objective is twofold: on the one hand it is a question of uncovering the cognitive implications of the cinematographic technique for the spectators' experience through close consideration of the functions of this technique and the principles which the authors’ Intentionality have inscribed upon it; on the other hand, it is a question of evaluating the scope of these constructive and Intentional principles on contemporary cinema, as recent decades have emphasized the progressive radicalization of filmic rhythm. Cinema becomes as such an example of the temporal structures that uphold our relation to the real world.