Crimes féminins pendant le génocide des Tutsi rwandais. Logiques et stratégies de reconstruction d'une parole coupable entre enjeux carcéraux, politiques et mémoriels.

par Violaine Baraduc-Mariage (Baraduc)

Projet de thèse en Ethnologie

Sous la direction de Jean-Paul Colleyn et de Stéphane Audoin-Rouzeau.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de Ecole doctorale de l'Ecole des hautes études en sciences sociales ED 286 depuis le 18-10-2010 .


  • Résumé

    Au printemps 1994, le génocide rwandais a fait près d'un million de victimes tutsi ou ‘assimilées' tutsi. la participation des femmes marque un nouveau seuil dans le franchissement des violences tandis qu'au rwanda l'instauration progressive de l'impunité a développé les pires stratégies de soumission et d'anéantissement. si leur adhésion au génocide s'est davantage exprimée par les pratiques de délation, l'incitation au viol, le soutien aux interahamwe ou l'infanticide, les femmes ont été actives dans la mise en place du plan d'éradication des tutsi. elles ont en effet assumé une part importante dans la diffusion et l'application de l'idéologie génocidaire. ces criminelles, qui sont-elles et quels sont les éléments qui les distinguent les unes des autres ? quels sont alors les moyens de cette violence féminine ? est-il possible que les femmes hutu aient ‘ingéré' les images d'une rivalité avec les femmes tutsi ? cela peut-il permettre d'expliquer leurs crimes ? aussi, quel rapport y a-t-il entre la vérité des victimes et celles de bourreaux ? quels mots ont ces derniers pour parler des violences ? où s'immisce la vérité de ce que ces femmes ont vraiment commis et par quels stratagèmes déguisent-elles leur participation ? la recherche débutée à la prison centrale de kigali permet d'accéder aux représentations qui ont encouragé l'engagement des femmes à l'intérieur d'un processus de violence extrême. a travers la mise en place d'un dispositif adapté au milieu carcéral où se déroulera l'essentiel de l'ethnographie, je souhaite saisir ce qui a pu caractériser leur participation aux violences : une adhésion profonde à la politique du mrnd ou à l'idéologie pawa, un soutien au mari, une simple opportunité ou encore un choix qu'elles se sont représentées comme vital au moment ‘t' des massacres. je continuerai de réfléchir à ce qui détermine aujourd'hui l'implosion des normes et des catégories de genre ayant eu lieu pendant le génocide et me confronterai aux difficultés méthodologiques à travailler sur cet objet.


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