Le "tissage narratif" et ses enjeux socioculturels dans les séries télévisées américaines contemporaines

par Hélène Breda

Thèse de doctorat en Études cinématographiques et audiovisuelles

Sous la direction de Guillaume Soulez.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Institut de recherches en études théâtrales (Paris) (equipe de recherche) depuis le 06-12-2010 .


  • Résumé

    Les séries télévisées produites aux États-Unis au cours des trois dernières décennies se caractérisent par la complexité de leurs intrigues, qui inspirent souvent des comparaisons avec un travail de « tissage ». L’impression d’ « entremêlement » des « fils narratifs » est due à la fois à une multiplication des personnages et des points de vue, et à une déconstruction de la temporalité dans certaines œuvres. En articulant une approche narratologique à une analyse sociologique de ces séries, il est possible d’avancer que les motifs dessinés par ces « fils » sont des allégories de systèmes sociaux réels, qui structurent divers groupes communautaires. Il s’agit dès lors d’établir une méthodologie originale et de définir un vocabulaire adapté pour confirmer cette hypothèse. L’étude du « tissage narratif » dans un corpus de séries récentes permet d’y examiner la représentation de la sphère privée – notamment des cellules familiales – ainsi que celle de sphères publiques et professionnelles. Elle révèle en particulier une interpénétration de ces deux « mondes », phénomène caractéristique de l’ère post-fordiste. Notre démarche, en s’ancrant dans le champ disciplinaire des études de genre et culturelles, révèle en outre dans quelle mesure des normes sociales telles que la domination masculine et l’hégémonie blanche peuvent être perpétuées ou, à l’inverse, remises en question dans les séries choisies. En conséquence, il est possible d’affirmer que l’analyse « socio-narratologique » de séries télévisées « tissées » met au jour la manière dont ces programmes mettent en scène des relations sociales et des dynamiques de domination dans des communautés contemporaines.

  • Titre traduit

    “Interwoven storytelling” and sociocultural issues in contemporary American TV series


  • Résumé

    TV series produced over the past three decades in the United States are characterized by the complexity of their storylines, often giving rise to a comparison with a “weaving work”. The impression that the “narrative threads” are interwoven is made by the abundance of characters and disparate points of view, and, in some shows, by a deconstructed temporality. By combining a narratological approach with a sociological analysis of such TV shows, it is possible to claim that the patterns designed by those “threads” are allegories for actual social systems, which give structure to various community groups. Proceeding from this claim, we aim at creating a new methodology and defining an appropriate vocabulary in order to confirm that hypothesis. Studying “interwoven storytelling” in a corpus of recent TV shows allows us to examine the representation of the private sphere – especially family units – along with public and professional spheres. It particularly reveals a pervasion of these two “worlds”, a phenomenon which is a distinguishing feature of the post-Fordist era. Furthermore, by putting down roots in the academic field of gender and cultural studies, our approach reveals how social norms such as male domination and white hegemony can be perpetuated or, on the contrary, questioned in the series we’ve selected. Consequently, it is possible to assert that the “socio-narratological” analysis of “woven” TV series brings to light the way in which such programs depict social relationships and domination dynamics in contemporary communities.