Fabrication et appropriation des lieux de mémoire de la seconde guerre mondiale en france. entre conscient et inconscient.

par Anne Bourgon

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Anne Raulin.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932 laboratoire (laboratoire) depuis le 01-02-2011 .


  • Résumé

    Depuis la publication (1984-1992) des lieux de mémoire de pierre nora, le concept est entré à la fois dans le dictionnaire et dans le langage commun. il sert à désigner la matérialité d'un lieu comme empreinte, trace, voire preuve d'un événement historique qui s'incarnerait, pour l'éternité, dans la pierre. en d'autres termes, une rencontre du logos et du topos. une analyse plus précise de son usage courant démontre, par ailleurs, qu'il est principalement employé pour désigner des lieux ayant trait à des événements traumatiques ou militaires de notre histoire contemporaine (première et seconde guerre mondiales) : champs de batailles, anciens camps d'internement, cimetières, mémoriaux…en tant que professionnelle de l'espace urbain et du patrimoine (je suis architecte), j'agis depuis une dizaine d'année sur le façonnement et le réinvestissement par la société civile et les pouvoirs publics des traces matérielles laissées sur le territoire français par la seconde guerre mondiale. ce qui ne m'empêche pas de porter un regard parfois distancié et critique sur cette question. attentive par ailleurs, à la recherche universitaire sur le sujet et ayant tissé les liens d'un riche réseau professionnel et universitaire, je constate que jusqu'à aujourd'hui l'approche de ces lieux reste fragmentaire et clivée. la recherche se limitant le plus généralement à des études de cas confiées principalement à des historiens et plus rarement à des anthropologues, ou des psychosociologues. la pratique obéissant, elle aussi, à un schéma simpliste mais à peine caricatural consistant, à partir d'une décision politique ou institutionnelle forte désignant un lieu comme celui d'une certaine mémoire, à choisir un architecte qui travaillera à un contenant (le mémorial) et à confier à des historiens et des scénographes l'élaboration de son contenu. en charge du projet de mise en valeur d'un de ces lieux, j'ai fait le choix d'une approche plus psychanalytique et anthropologique. j'ai alors constaté que dans les mécanismes de production (d'explosion même) des villes, de l'après-guerre jusqu'à aujourd'hui, ces lieux, souvent douloureux avaient été traités « à part des autres », par les décideurs politiques, les institutions mémorielles et patrimoniales, les urbanistes, les architectes. relevant de dimensions politiques et idéologiques indéniables, véritables hétérotopies, ces espaces sont collectivement soumis à des stratégies d'investissement tout autant conscientes qu'inconscientes. ce sont ces mécanismes que je souhaite ici appréhender dans l'idée de montrer qu'un inconscient collectif pourrait être à l'œuvre dans l'élection (réelle et symbolique) au rang de lieux de mémoire) de ces espaces urbains.


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