Oligarchie et pratiques financières dans les cités de Grèce continentale, du milieu du IVe s. à la fin du Ier s. av. J.-C.

par Jules Buffet

Projet de thèse en Histoire et archéologie des mondes anciens

Sous la direction de Christel Muller.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Archéologies et Sciences de l'Antiquité (laboratoire) depuis le 01-10-2020 .


  • Résumé

    Le concept d'oligarchie, central dans la définition des régimes politiques chez Aristote, reste peu étudié par les historiens de l'Antiquité. Pour l'époque hellénistique, l'idée dominante depuis L. Robert selon laquelle « la cité grecque n'est pas morte à Chéronée » se traduit par la croyance dans une expansion sans précédent de la démocratie dans la majorité des cités grecques, expansion qui serait seulement tempérée à la basse époque hellénistique par un phénomène d'aristocratisation qui se manifeste à travers l'augmentation d'un évergétisme ostentatoire. Il manque pourtant un inventaire des cités gouvernées par une oligarchie à l'époque hellénistique : le premier objectif de ce projet est de contribuer à un tel inventaire. D'autre part, la généralisation dans les cités hellénistiques de certains traits institutionnels des démocraties classiques n'est pas une condition suffisante pour considérer que ces cités étaient démocratiques dans tous les aspects de la vie politique et sociale. L'apport des sciences politiques contemporaines permet d'aborder cette question sous l'angle renouvelé des pratiques financières des individus fortunés et du lien entre richesse et pouvoir politique. Cette approche par le biais de l'anthropologie du politique, enrichie d'éléments empruntés à la théorie néo-institutionnelle, permet de réinterpréter des sources jusque-là négligées, et offre un éclairage nouveau sur le pouvoir non seulement de l'idéologie et des institutions, mais aussi et surtout de l'argent, dans la vie politique des cités grecques hellénistiques.

  • Titre traduit

    Oligarchy and Wealth Use in the Cities of Continental Greece, mid 4th - late 1st cent. BC.


  • Résumé

    In spite of its central importance in Aristotle's theory of political regimes, oligarchy has received little attention from historians of Antiquity. Regarding the Hellenistic period, consensus seems to remain around Louis Robert's idea that “the Greek city did not die in Chaireoneia”, resulting in a belief in an unprecedented expansion of democracy throughout a vast majority of Greek poleis, an expansion that was only checked, in the late Hellenistic period, by the rise of a new group of aristocrats identified through their use of ostentatious euergetism. There is still a lack, however, of an inventory of oligarchic regimes in the Hellenistic period: the first objective of this study is to contribute to such an inventory. Secondly, the mere fact that certain institutional features of classical democracy became widespread in Hellenistic cities is not a sufficient condition for deducing that these cities were democratic in every aspect of their social and political life. Contemporary political science provides tools for tackling this question through the study of wealthy individuals and the way they use their wealth to obtain political power. Thanks to this approach based on political anthropology and some features of New Institutionnalism, ancient sources hitherto neglected can now be reinterpreted, and a new light shed on the power not only of ideology and institutions, but first and foremost of money in the political life of Hellenistic Greek cities.