Intégration de l'Analyse de Cycle de Vie Sociale comme outil d'évaluation et d'aide à la prise de décision dans la phase de conception des projets de parcs éoliens en mer en France

par Jeremie Lehmann

Projet de thèse en Energétique et génie des procédés

Sous la direction de Thierry Ranchin.

Thèses en préparation à l'Université Paris sciences et lettres , dans le cadre de Ecole doctorale Ingénierie des Systèmes, Matériaux, Mécanique, Énergétique , en partenariat avec Energétique et Procédés (laboratoire) , OIE - Centre Observation, Impacts, Energie (equipe de recherche) et de MINES ParisTech (établissement opérateur d'inscription) depuis le 12-10-2020 .


  • Résumé

    La production énergétique est un élément indispensable à la réalisation des activités économiques dans la société actuelle. A ce jour, l'énergie primaire consommée dans le monde est en grande partie issue de sources fossiles, responsables d'impacts environnementaux majeurs, tels que le réchauffement climatique ou les impacts sur la biodiversité et sur la santé humaine. Face à une demande énergétique croissante, une transition énergétique vers des sources à plus faible impact devient nécessaire. Même si les énergies renouvelables (EnR) se caractérisent par des émissions de polluants très faibles ou négligeables dans la phase d'opération, des activités en amont et en aval peuvent ne pas être exemptes d'impacts. Ainsi, les implications du développement de ces systèmes doivent être analysées objectivement afin de garantir leur adéquation aux objectifs de la transition énergétique. Les impacts environnementaux potentiels des filières énergétiques sont typiquement quantifiés grâce à la méthode d'Analyse de Cycle de Vie (ACV), reconnue à l'international comme l'une des méthodes les plus pertinentes à cet égard. Néanmoins, le paradigme du développement durable, définit par les Nations Unies comme celui « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », nécessite d'intégrer aussi des critères socio-économiques à l'évaluation. L'application des principes de l'ACV aux questions sociales et socio-économiques a donné lieu au développement d'un cadre méthodologique pour l'Analyse de Cycle de Vie Sociale (ASCV) de produits et services. Malgré l'existence d'un référentiel général réalisé par l'UNEP/SETAC2 pour l'application de l'ASCV et de divers travaux dans des secteurs variés, une démarche systématique, spécifiquement adaptée aux systèmes de production EnR n'est pas disponible à l'heure actuelle. Une approche de Type I permettrait à un décideur, public ou privé, de tenir compte de la performance sociale ou du risque social des projets d'EnR lors de leur cycle de vie vis-à-vis de plusieurs groupes de parties prenantes, y compris les travailleurs et les acteurs de la chaîne de valeur, mais aussi les utilisateurs, les communautés locales et la société dans son ensemble. Une approche de Type II s'aligne avec la méthode d'ACV environnementale et consiste à définir un modèle de caractérisation pour lier les données d'inventaire avec des catégories d'impact à partir de relations causales. Les deux approches présentent des avantages, mais aussi des inconvénients qui doivent être confrontés pour sélectionner l'option la plus adaptée aux décideurs et aux scénarios analysés. Il faut également prendre en compte la composante d'intégration au territoire, essentielle dans les cas des filières énergétiques. Des critères objectifs pertinents doivent être identifiés, quantifiés, et priorisés pour fournir des éléments complémentaires aux résultats environnementaux et contribuer à la prise de décisions. Cette thèse s'encadre dans un projet de recherche qui inclut des partenaires industriels stratégiques du domaine. Ainsi, la perception des différents acteurs ou partenaires impliqués dans ce projet sera prise en compte dans le processus de formalisation méthodologique.

  • Titre traduit

    Integration of Social Life Cycle Assessment as tool for evaluation and decision-making in the design phase of offshore wind farm projects inFrance


  • Résumé

    Energy production is an essential element required to develop economic activities in current society. Nowadays, primary energy consumed worldwide is to a large extent from fossil origin. The production of this energy is linked to major environmental impacts such as global warming, or impacts on biodiversity and human health. Given the currently increasing energy demand, a transition towards energy sources with lower environmental impacts becomes critical. Although renewable energy technologies have low or negligible environmental impacts during the operation phase, it might be different for upstream and downstream activities. Hence, implications of the development of these technologies need to be objectively analyzed to ensure their suitability to fulfill the objectives of the energy transition. Potential environmental impacts of energy systems are often quantified by means of the Life Cycle Analysis (LCA) method, worldwide recognized as one of the most appropriate methods to this end. However, the concept of sustainable development, defined by the United Nations as the one “that meets the needs of the present without compromising the ability of future generations to meet their own needs”1, also requires considering socio-economic criteria in the evaluation of energy systems. The application of LCA principles to social and socio-economic issues has resulted in the development of a specific methodological framework for the Social Life Cycle Assessment (SLCA) of products and processes. Despite the existence of general guidelines for the application of SLCA, developed by UNEP/SETAC2, and other studies applied to diverse sectors, a systematic and practical approach, specifically adapted to renewable energy systems is still missing. Two methodologies currently exist for SLCAs that can be applied in the context of renewable energy projects. The Type I approach allows public or private decision-makers to account for the social performance or social risk of renewable energy projects over their life cycle with respect to several groups of stakeholders, including workers, and supply chain actors, but also consumers, local communities and society in general. The Type II approach is based on the same logic as environmental LCA and consists in defining a characterization model to link inventory data to impact categories by considering cause-effect relationships. Both approaches have advantages and drawbacks that need to be considered to select the most suitable one considering the decision-makers and analyzed scenarios. Energy production systems require in addition considering territorial integration aspects. Objective criteria should be identified, quantified, and prioritized to provide complementary elements to environmental results and contribute to decision-making. This PhD thesis is conducted in the frame of a research project that includes key industrial partners in the field. Thus, the perception of different actors or partners involved in the project will be taken into account in the process of methodological definition.