Mise en espaces des identités chez la population tamoule parisienne

par Melody Buhr

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Anne Raulin.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Economie, organisations, société (Nanterre) , en partenariat avec Sophiapol EA 3932 (laboratoire) depuis le 24-09-2010 .


  • Résumé

    Mon projet de recherche porte sur l'articulation entre deux dimensions de la vie sociale : l'appartenance identitaire et le territoire. j'interroge ce lien au travers l'étude d'une population particulière : la population tamoule immigrée dans la région parisienne, dont la présence est rendue visible par le développement d'un quartier commercial situé à la chapelle, au nord de paris. le projet s'oriente sur trois axes de réflexion. le premier vise à questionner la notion de communauté afin de définir la spécificité de l'espace urbain de la chapelle : forme-t-il un territoire ? existe-t-il une appropriation spatiale ? il s'agit ici d'interroger les pratiques sociales, en analysant le rapport à l'altérité : peut-on parler d'une territorialité minoritaire ? le second axe pose la question de la mise en scène identitaire : comment l'espace est-il marqué par des décors urbains spécifiques ? peut-on postuler l'existence d'une tamoulité comme ensemble d'éléments identitaires utilisés par le groupe pour se différencier ? en quoi un espace urbain peut-il être une composante de cette différenciation identitaire ? ces questions mènent aussi à une réflexion sur le ressenti des individus : à quels modes de perception renvoie l'espace vécu ? a quel imaginaire est-il lié ? enfin, le dernier axe de recherche touche aux espaces de vie : comment comprendre la dissociation entre lieu de résidence et lieu de pratiques identitaires (la quasi-totalité des personnes tamoules habitant en banlieue parisienne) ? quelles échelles de référence territoriale font sens au niveau individuel et/ou collectif ? ce projet vise à développer une anthropologie du sensible afin d'aborder de manière différente l'étude des minorités urbaines. entrer sur mon terrain à partir de la notion de territoire permet d'aborder la question de l'investissement d'un espace de vie (espaces de pratiques et espaces vécus). cela interroge la manière dont les individus confèrent du sens à leurs existences, et construisent ainsi de l'identité. les problématiques de recherche seront abordées par la mise en œuvre de méthodes orientées sur la qualitatif (observations, entretiens, parcours commentés, cartes mentales), ainsi que par la mobilisation d'outils audio-visuels (enregistrements sonores, photographies et vidéos). ce projet de recherche est basé sur une collaboration avec l'ined, en co-direction avec mme france guérin-pace. son objectif est donc de développer une approche pluridisciplinaire de la question des minorités urbaines. mon travail de terrain m'ouvre sur deux problématiques plus larges. la première consiste à interroger les catégories. il s'agit ici d'appréhender la diversité de la population étudiée : la population tamoule (d'origine sri lankaise pour la majorité, mais aussi d'origine indienne, réunionnaise et malayenne), les populations non-tamoules qui fréquentent ou vivent dans le quartier, mais aussi d'autres minorités urbaines avec lesquelles peuvent s'établir des comparaisons. la seconde problématique est celle de la migration et du lien avec le lieu d'origine : comment s'établit chez les personnes immigrées le rapport entre un ici et un là-bas , entre des lieux-référents morcelés ? cette question ouvre sur la notion de diaspora et sur le type d'appropriation spatiale que cette forme d'appartenance identitaire engendre.


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