Danse contemporaine, genre et féminisme en France (1968-2015)

par Pauline Boivineau

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Christine Bard.

Thèses en préparation à Angers , dans le cadre de École doctorale Sociétés, Cultures, Echanges (SCE) (Angers) , en partenariat avec Centre de recherches historiques de l'Ouest (UMR CNRS 6258), Laboratoire (laboratoire) depuis le 24-09-2009 .


  • Résumé

    Cette thèse porte sur un objet complexe liant danse contemporaine, genre et féminisme dans l’espace français de 1968 à 2015. La danse partage les préoccupations des militantes féministes à l’égard des problématiques d’identité, de sexualité, d’émancipation, de déconstruction du genre et des binarismes, de recherche universaliste ou de féminitude. Nous analysons comment le féminisme informe les artistes qui, quelle que soit l’époque, peinent à se dire féministes ou à penser leur art comme l’expression de leur engagement. Considérer le potentiel subversif de la danse implique une analyse de son rapport au genre et en particulier au genre féminin, doublée par celle de la place réelle et symbolique des femmes. Les idées reçues et les stéréotypes se confrontent à la réalité. L’année 1968 marque un tournant social qui concorde avec celui de la danse, y compris d’un point de vue politique. L’art chorégraphique prend son essor au moment où la seconde vague féministe arrive sur le devant de la scène. En 50 ans les rapports qu’entretiennent la danse et le féminisme sont reconfigurés, ce qui permet d’évaluer les influences réciproques et de postuler l’existence d’une danse féministe. La confrontation aux langages des chorégraphes hommes permet de comprendre les constructions genrées et leur potentiel de remise en cause du système hétéronormé et androcentré. Comment les grandes mutations politiques (mise en place des CCN, turn-over des directions, parité, etc.), féministes (apparition d’une troisième vague, etc.), esthétiques et médiatiques nourrissent-elles la danse en tant que moyen d’expression du genre et du féminisme ? La généralisation de la nudité et la queerisation de la danse soulèvent l’enjeu du passage de la transgression du genre à sa subversion. Il s’agit de comprendre comment la troisième vague féministe, plus ouverte à la dimension culturelle et intersectionnelle, permet à la danse d’être féministe.

  • Titre traduit

    Contemporary dance, gender and feminism in France (1968-2015)


  • Résumé

    This thesis analyses a complex question linking contemporary dance, gender and feminism in France from 1968 to 2015. Dance shares the concerns of feminist activists regarding issues of identity, sexuality, emancipation, the deconstruction of gender and binarisms, of universalist research and femaleness. This study examines how feminism informed artists who, whatever the era, had difficulty admitting that they were feminists or seeing their art as an expression of their commitment. Considering the subversive potential of dance implies an analysis of its relationship with gender, in particular the female gender, as well as the real and symbolic place of women. Preconceived ideas and stereotypes thus confront reality. The year 1968 marked a turning point for society and for dance, including from a political point of view. Dance came into its own at the same time that second-wave feminism came to the fore. The reconfiguration of the relationships between dance and feminism that occurred over this 50-year period allows one to assess reciprocal influences and to postulate the existence of a feminist dance. Comparing female choreographers' modes of expression with those of men, facilitates the understanding of gendered constructions and their potential for challenging heteronormativity and androcentrism. How do the major political changes (establishment of the NCCs, management changes, parity, etc.), feminists (appearance of a third wave, etc.), aesthetics and mediatisation nurture dance as a means of expression of gender and feminism? The generalisation of nudity and the queerisation of dance suggest the passage from the transgression of gender to its subversion. This thesis aims to understand how third-wave feminism, more open to cultural and intersectional dimensions, enabled dance to be feminist.