Prévenir et arrêter les comportements perturbateurs en classe

par Irène Freyssinet

Projet de thèse en Sciences de l'Education

Sous la direction de Pascal Pansu.

Thèses en préparation à l'Université Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale sciences de l'homme, du politique et du territoire , en partenariat avec Laboratoire de Recherche sur les Apprentissages en Contexte (laboratoire) depuis le 01-10-2020 .


  • Résumé

    La gestion des comportements perturbateurs est de la plus grande importance à l'école et est souvent considérée comme un fardeau pour les enseignants (Meuret, 2017 ; Rose & Gallup, 2004). Ces comportements focalisent l'attention de l'enseignant sur un climat de la classe peu propice aux apprentissages. Ils entravent les possibilités d'apprentissage des élèves et peuvent aussi entraver le bien-être de certains élèves et la cohésion socio-émotionnelle de la classe. Malgré de nombreux travaux scientifiques qui ont fait la preuve de leur efficacité, ces dernières sont encore inexistantes en France. Ce projet se propose d'inverser cette tendance en France en testant, à large échelle, un programme éducatif qui trouve son ancrage dans la combinaison des travaux sur les interventions comportementales basées sur le renforcement différentiel relevant directement des théories de l'apprentissage et de ceux relevant du travail coopératif. Sur ces bases, il se propose de mettre en place un programme susceptible d'entraver le risque de développer, dès l'enfance, des patterns comportementaux indésirables durables qui, plus tard, pourraient entraîner des difficultés d'adaptation et d'intégration sociale. Ce projet interventionnel vise à implémenter et tester un programme éducatif destiné à réduire les comportements perturbateurs / inadaptés en classe, à soutenir le bien-être des élèves et à développer la cohésion socio-émotionnelle en classe. Il porte sur deux volets consubstantiels à la vie de classe, l'un lié à la gestion des élèves en grand groupe dans le cadre d'un travail individuel (interventions comportementales basées sur le renforcement différentiel), l'autre lié à la gestion des élèves en petit groupe dans le cadre d'un travail collectif (interventions collaboratives avec interdépendance positive). Son originalité tient dans la combinaison de deux volets. L'un vise à apprendre aux enseignants à ignorer les comportements indésirables et à récompenser les bonnes actions pour l'ensemble des élèves de la classe –ce dernier point focalise l'attention sur une nouvelle norme de comportement attendue en classe. Nous attendons que cette pratique ait des effets puissants sur les comportements des enfants, via le phénomène d'extinction et l'apprentissage par observation de bons comportements rendu possible par le phénomène de renforcement vicariant (e.g., Brown et Elliott, 1965 ; Bandura, 1977 ; Naylor, Kamps & Wills, 2018). Ce premier volet comportera deux tâches complémentaires : la réalisation d'une méta-analyse sur le sujet et une série d'études interventionnelles destinées à appliquer le programme par comparaison à des classes contrôles. Le second volet cherchera à optimiser la cohésion socio-émotionnelle dans la classe avec une procédure s'appuyant sur les travaux sur l'apprentissage coopératif qui ont montré que l'interdépendance positive et la responsabilité individuelle peuvent être une source importante de décentration, de conflits sociocognitifs structurants et d'aide au développement des compétences sociales. Ce programme sera réalisé en collaboration étroite avec le rectorat de l'académie de Grenoble et la Mission à l'Inclusion et à la Persévérance Scolaire. Un suivi longitudinal se fera sur une durée de trois ans pour les deux premières cohortes de classes et sur deux ans pour les deux dernières cohortes de classe. Pour conclure, ce projet destiné à prévenir les comportements perturbateurs et inadaptés en classe devrait aussi permettre de développer un climat de la classe propice aux apprentissages scolaires et aux comportements pro-sociaux utiles pour vivre en société. Une politique de Recherche & Développement collaborative pour élaborer des ressources directement utiles au terrain sera mise en place dès les premiers résultats.

  • Titre traduit

    Prevent and stop dirsuptive behavior in class


  • Résumé

    Managing disruptive behaviours is a main concern in schools and is often seen as a burden on teachers (Meuret, 2017; Rose & Gallup, 2004). These behaviours focus the teacher's attention on a classroom climate that is not conducive to learning. They hinder students' learning opportunities and may also hinder the well-being of some students and the socio-emotional cohesion of the classroom. Despite numerous scientific works that have proven their effectiveness, they are still non-existent in France. This project aims to reverse this trend in France by testing, on a large scale, an educational program that is rooted in the combination of work on behavioral interventions based on differential reinforcement directly related to learning theories, and those related to cooperative work. On this basis, it intends to develop a program that can prevent the risk of developing, from an early age, long-lasting undesirable behavioural patterns that could later lead to difficulties in adaptation and social integration. This intervention project aims to implement and test an educational program designed to reduce disruptive/unadaptive behaviors in the classroom, to support the well-being of students, and to develop socio-emotional cohesion in the classroom. It focuses on two components consubstantial to classroom life, one related to the management of students in large groups in the context of individual work (behavioural interventions based on differential reinforcement), the other related to the management of students in small groups in the context of collective work (collaborative interventions with positive interdependence). Its originality lies in the combination of two components. One aims to teach teachers to ignore undesirable behaviours and to reward good actions for all students in the class - the latter focuses attention on a new standard of expected behaviour in the classroom. We expect this practice to have powerful effects on children's behaviours through the phenomenon of extinction and the observational learning of good behaviours made possible by the phenomenon of vicarious reinforcement (e.g., Brown & Elliott, 1965; Bandura, 1977; Naylor, Kamps & Wills, 2018). This first component will involve two complementary tasks: the conduct of a meta-analysis on the subject and a series of intervention studies designed to apply the program in comparison to control classes. The second component will seek to optimize socio-emotional cohesion in the classroom with a procedure based on work on cooperative learning that has shown that positive interdependence and individual responsibility can be an important source of decentration, structuring socio-cognitive conflicts and assistance in the development of social skills. This program will be carried out in close collaboration with the rectorate of the Grenoble academy and the Mission à l'Inclusion et à la Persévérance Scolaire. A longitudinal follow-up will be carried out over three years for the first two class cohorts and over two years for the last two class cohorts. In conclusion, this project, which is intended to prevent disruptive and maladaptive behaviour in the classroom, should also make it possible to develop a classroom climate conducive to academic learning and pro-social behaviour useful for living in society. A collaborative Research & Development policy to develop resources directly useful in the field will be implemented as soon as the first results are available.