L'épreuve sportive de soi

par Pierre laurent Boulanger

Projet de thèse en Philosophie (métaphysique, épistémologie, esthétique)

Sous la direction de Stéphane Haber.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de Ecole doctorale Connaissance, langage et modélisation (Nanterre) depuis le 16-10-2009 .


  • Résumé

    La pratique sportive est souvent associé au développement de la maîtrise de soi, de l'estime de soi, ou de la confiance en soi. or tous ces termes impliquent une forme de réflexivité. pourtant, la réflexion semble correspondre à une activité théorique et intellectuelle d'un sujet désincarné de type cartésien: comment expliquer alors que le sport, par sa structure d'action ludique à for engagement corporel, offre les conditions d'une forme de saisie de soi du sujet? faut-il croire que l'engagement du corps dans l'action joue un rôle constitutif dans l'émergence du sujet moderne? la philosophie de l'action a apporté des réponses: il convient de doter des attributs de la subjectivité toute entité initiatrice d'actions (starwson, 1959; descombes, 2004; besnoit, 2007). cependant le lien entre action sportive et constitution du sujet (individuel et collectif) n'a pas fait l'objet d'un travail de recherche. l'hypothèse est que le sport offre les conditions d'une sorte de cogito corporel. dans un marathon, je cours pour courir, je ne cours ni pour prévenir ma cité d'une victoire ni pour attraper mon bus. le sport est une action jouée pour elle-même, isolée des pragmata dans un monde simplifié en règles du jeu (huiozinga, 1938; caillois, 1958). la gratuité foncière de l'agir sportif autorise une saisie de soi privilégiée: l'attention n'est pas portée vers une finalité quotidienne, mais retournée sur soi pour s'éprouver comme simple 'force qui va'. l'épreuve sportive, en offrant les conditions d'un agito, devient épreuve de soi. la réflexivité est disjointe de la réflexion; le corps héberge une forme de reflexivité pratique, archaïque, qui rend possible trois formes de réflexivité supérieures - intellectuelle (le cogito carthésien, 1640), affective (l'effort chez maine de biran, 1804), ou pathique (l'épreuve de la volonté chez shopenauer, 1818).


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