Tōkyō, les Jeux de la XXXIIe Olympiade et un report inédit

par Louise Wagner

Projet de thèse en Aménagement de l'espace, urbanisme

Sous la direction de Henri Desbois.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Université Paris Nanterre) , en partenariat avec Laboratoire Architecture, Ville, Urbanisme, Environnement (Paris) (laboratoire) depuis le 11-10-2018 .


  • Résumé

    Les Jeux Olympiques et Paralympiques, imposant un cadre temporel restreint et défini, sont souvent perçus comme occasion d'accélérer, voire générer une variété de projets urbains qui peuvent provoquer pour les territoires hôtes des transformations significatives. Avec une attribution (et annulation) des Jeux de 1940, un accueil en 1964, une candidature pour 2016 puis une nouvelle, réussie, pour l'événement de 2020, Tōkyō connaît un passé olympique important. Tandis que les Jeux de 1964, souvent considérés comme « renaissance » du Japon, ont eu un impact évident sur l'aménagement de la ville et sur la population du pays, les transformations s'avèrent au 21ème siècle plus subtils et s'inscrivent dans le cadre d'un renouvellement urbain permanent. Par la division en deux zones - Zone Héritage et Zone de la Baie - la capitale japonaise souhaite à la fois souligner l'importance du passé olympique et revitaliser son front de mer. À l'approche des Jeux, Tōkyō développe en outre une variété d'initiatives infrastructurelles et sociales, et montre sa volonté de respecter l'agenda olympique en livrant l'ensemble des nouveaux sites permanents en février 2020. Cependant, dans l'organisation d'un événement tout n'est pas prévisible, et encore moins évitable ; bien que la chaleur estivale et les catastrophes naturelles furent partie du risque anticipé lors de l'attribution des Jeux à Tōkyō, d'autres facteurs tels que la survenance d'un virus nommé COVID-19, n'ont guère pu être pronostiqués. En effet, à quelques mois près, alors que la capitale japonaise se trouve dans les dernières préparations de l'événement, une épidémie, qui est rapidement classée comme pandémie, se propage autour de la planète. Au printemps 2020, après une mise en question progressive de la tenue des Jeux de la XXXIIe Olympiade, le report de Tōkyō 2020 à l'année 2021 est finalement annoncé. Alors que bien souvent, le manque de temps est précisément un des défis majeurs dans la préparation des villes hôtes, la prolongation ajoute pour Tōkyō une nouvelle difficulté et confronte les organisateurs à une tâche logistique extrêmement complexe, à savoir comment tenir et maintenir un projet d'une telle ampleur pour une durée supplémentaire d'un an. Tōkyō 2020 illustre la précarité entre planification d'un méga-événement à long terme, la mise en œuvre de projets concrets et les imprévus auxquels font face les organisateurs et qui mettent à l'épreuve la tolérance à ambiguïté de chacune des personnes impliquées.

  • Titre traduit

    Tōkyō, the Games of the XXXII Olympiad and an unprecedented postponement


  • Résumé

    The Olympic and Paralympic Games, imposing a limited and defined time frame, are often seen as an opportunity to accelerate, even generate, a variety of urban projects that can provoke significant transformations for the host territories. With an attribution (and cancellation) of the 1940 Games, the staging in 1964, a bid for 2016 and a new successful one for the 2020 event, Tōkyō has an important Olympic past. Whilst the 1964 Games, often considered as the "rebirth" of Japan, had an obvious impact on the development of the city and on the population of the country, the transformations in the 21st century are more subtle and seem being part of a permanent urban renewal. By introducing two zones - Heritage Zone and Tōkyō Bay Zone - the Japanese capital wishes to both emphasise the importance of the Olympic past and revitalise its waterfront. In the approach of the Games, Tōkyō also developed various infrastructural and social initiatives, and showed its will to respect the Olympic agenda by delivering the entity of the new permanent venues in February 2020. However, in the organisation of an event not everything is predictable, let alone avoidable; although summer heat and natural disasters were part of the anticipated risks when the Games were assigned to Tōkyō, other factors, such as the emergence of a virus called COVID-19, could hardly have been expected. Indeed, only a few months ahead, whilst the Japanese capital was in the final preparations of the event, an epidemic, soon after declared as a pandemic, spread around the globe. In spring 2020, after whether or not the Games of the XXXII Olympiad could be held was progressively questioned, the postponement of Tōkyō 2020 to year 2021 was finally announced. Whereas often the lack of time is precisely one of the major challenges in the preparation of Olympic and Paralympic host cities, the extension of time adds for Tōkyō a new difficulty and confronts the organisers with an extremely complex logistical task, namely how to maintain a project of such a dimension for an additional period of one year. Tōkyō 2020 illustrates the precariousness between planning a long-term mega-event, the implementation of precise projects and the unpredictable faced by the organisers and which puts to the proof the tolerance for ambiguity of each of the involved persons.