Surdoué.e.s au masculin : les filles à haut potentiel une invisibilité orchestrée par le genre ?

par Stephanie Vinois

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Cendrine Marro.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Connaissance, langage et modélisation , en partenariat avec Laboratoire d'études de genre et de sexualité (laboratoire) depuis le 27-10-2017 .


  • Résumé

    Les surdoué.e.s gagnent en visibilité et prennent place dans l'espace social depuis leur reconnaissance par l'État. Peu à peu se déploient des moyens d'identification et d'accompagnement spécifiques pour ces élèves à l'intelligence dite singulière au sein de l'institution scolaire. Si cette population présente une composition sociale favorisée, elle se démarque aussi par une inégale répartition entre les sexes. Effectivement, la grande majorité des surdoué.e.s repérés par ou dans l'école est constituée de garçons. Psychologues, sociologues, médecins, pédagogues constatent aussi que les filles sont moins souvent identifiées et donc moins souvent testées. Dans l'école, la situation est paradoxale : le lien observé entre intelligence et réussite scolaire s'exprime davantage en faveur garçons. Alors que les filles s'illustrent par leurs succès et performances dans tous les niveaux d'enseignements, tous milieux sociaux confondus, elles n'endossent que rarement le statut de surdouée. Le fait de détecter presque exclusivement des garçons surdoués interpelle et semble être la manifestation d'un phénomène plus systémique. Comme des figures énigmatiques, les surdoué.e.s se re-présentent « au masculin ». Pré-fabriquée et associée à l'homme génial, l'image du scientifique dont la folie fascine fait autorité. Les garçons, parfois dérangeants pour l'institution, sont incontestablement porteurs d'une intelligence hors normes et/ou remarquable à la différence de leurs consœurs. Spontanément on n'imagine pas une fille surdouée, qu'elle soit brillante, en grandes difficultés scolaire ou comportementale. Son potentiel est souvent découvert à la marge notamment lorsque le frère, le père, l'oncle ou le cousin fait office d'aîné en matière diagnostique. Force est de constater que les filles ne jouissent pas de la même aura que les garçons. Hyper-conformes ou élèves modèles elles apparaissent sans aspérités. Genre et intelligence participent à l'archétype du/de la surdoué.e.

  • Titre traduit

    Gifted male: girls with high potential an invisibility orchestrated by the genre ?


  • Résumé

    Ras