L'effort vital et l'effort humain chez Bergson

par Taeyeon Um

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Jean-Michel Salanskis.


  • Résumé

    La manque de précision dans l'histoire de la philosophie, le projet de la constitution qui impose notre ordre aux choses, le verbalisme qui menace sans cesse les philosophes, le relativisme qui interdit tous les accès à un absolu… toutes ces formes d'imprécision se résume en « l'expérience humaine ». À travers ce développement, on trouve un éclaircissement progressif du premier refus qui était très vague et obscur. Il ne s'agit plus de poursuivre une genèse des formes intellectuelles à partir des faits saisis de la manière naïve, voire ni de renoncer au projet d'analyse génétique pour fonder tous les choses sur un pouvoir de la conscience à les constituer. Il s'agit d'épurer les plans d'expérience donnés par « un examen critique de la faculté de connaître » pour se porter vers une expérience d'un autre ordre, celle d'autrui, qu'on ne peut pas saisir par la faculté de connaître tout faite. La durée est, avant d'être le point de départ de la philosophie de Bergson, introduite comme « [une] issue, [une] porte de sortie par où [il] échappai[t] aux incertitudes du verbalisme ». La durée n'est pas seulement un objet psychique opposé à la spatialité de la matière, c'est une méthode d'échapper à un ordre tout fait pour trouver une fissure, une porte de sortie vers un autre ordre : voir sub specie durationis. Au début du XXe siècle, Bergson ne pouvait que le tenir pour un moyen d'entrer au dedans d'un objet, à son intériorité. Pour éviter le risque d'être critiqué comme un psychologisme que l'on a souvent reproché à Bergson pendant le dernier siècle, on devrait le nommer comme un moyen de trouver des traces d'autrui dans cet objet. Les fissures découvertes par l'intuition de la durée troublant tout le champ d'expérience, « nous pouvons et devons y[à un absolu] arriver sans secousse, sans abandonner le fil de l'expérience, et en montant vers des régions d'expérience, où l'intuition demande de plus en plus d'effort ». C'est une expérience saisie à la « source » de l'expérience humaine, mais « épurée, je veux dire dégagée, là où il le faut, des cadres que notre intelligence a constitués au fur et à mesure des progrès de notre action sur les choses ». Pour y arriver, il nous faudrait une théorie de la connaissance, ou plutôt une critique de la faculté de connaître, qui serait une procédure pour défaire des cadres de connaissance que nos besoins ont faits.

  • Titre traduit

    Vital effort and human effort for Bergson


  • Résumé

    Mprecision can be summed up as "human experience". Through this development we find a gradual clarification of the first refusal which was very vague and obscure. It is no longer a question of pursuing a genesis of intellectual forms from facts grasped in a naive way, or even of giving up the project of genetic analysis in order to base all things on the power of consciousness to constitute them. It is a question of purifying the plans of experience given by "a critical examination of the faculty of knowing" in order to move towards an experience of another order, that of others, which one cannot grasp by the faculty of knowing ready-made. Duration, before being the starting point of Bergson's philosophy, is introduced as "[an] exit, [a] way out through which [he] escaped the uncertainties of verbalism". Duration is not just a psychic object opposed to the spatiality of matter, it is a method of escaping a ready-made order to find a crack, a way out to another order: see sub specie durationis. At the start of the 20th century, Bergson could only see it as a means of entering the interior of an object, its interiority. To avoid the risk of being criticized as the psychologism that Bergson has often been criticized for over the past century, it should be named as a means of finding traces of others in this object. The cracks uncovered by the intuition of duration disturbing the whole field of experience, "we can and must [in an absolute] arrive there without jerking, without abandoning the thread of experience, and ascending to regions of experience where intuition requires more and more effort ”. It is an experience grasped at the "source" of human experience, but "refined, I mean freed, where necessary, from the frameworks that our intelligence has built up as our action on things progresses". To achieve this, we would need a theory of knowledge, or rather a critique of the faculty of knowing, which would be a procedure for undoing the frames of knowledge that our needs have made.