Effet de la sieste de différentes durées (suite à une privation partielle de sommeil) sur les réponses physiologiques et les performances spécifiques chez le basketteur de haut niveau.

par Maher Souabni

Projet de thèse en Sciences du sport et du mouvement humain

Sous la direction de Tarak Driss.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Sciences du sport, de la motricité et du mouvement humain , en partenariat avec Laboratoire Interdisciplinaire de Neurosciences, Physiologie et Psychologie : Activité Physique et Santé (laboratoire) depuis le 09-11-2018 .


  • Résumé

    Le basketball est un sport très intermittent caractérisé par la répétition de mouvements (i.e., sprints, déplacements latéraux, sauts) courts (environ 2 secondes) et de forte intensité (rapport travail/repos de 1/3,6) chez les joueurs juniors d'élite (Ben Abdelkrim et al., 2010). Ce temps de récupération limité entre les actions de haute intensité et la nécessité de maintenir une qualité élevée de ces actions met en évidence la nécessité d'un métabolisme aérobie bien développé permettant de récupérer rapidement entre les efforts intenses et de réitérer les sprints à des niveaux importants de puissance (Delextrat et al., 2014). Afin de répondre à ces exigences physiologiques et en partant du principe que les améliorations dues à l'entrainement sont plus marquées lorsque ce dernier simule les schémas des mouvements spécifiques, les entraineurs utilisent de plus en plus les jeux réduits (Small-Sided Games (SSG)). Un certain nombre d'études se sont intéressées aux SSG en Basketball (Klusemann et al., 2012 ; Delextrat et Martinez, 2014 ; Conte et al., 2016, 2017 ; Clemente et al., 2017 ; Delextrat et al., 2018 et Vaquera et al., 2018). Cependant, les participants des études mentionnées ci-dessus étaient des jeunes évoluant dans le championnat national : U15 (Clemente et al., 2017), U16 (Conte et al., 2017), U17 (Delextrat et Martinez, 2014 ; Conte et al., 2016) et U18 (Klusemann et al., 2012 et Vaquera et al., 2018), et pratiquaient trois fois par semaine en moyenne donc il ne s'agissait pas du très haut niveau. De plus, ces études ne sont pas intéressées à toutes les réponses physiologiques au cours des SSG. Plus particulièrement, aucune de ces études ne s'est intéressée à la mesure de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), considérée comme indicateur fiable de la balance sympatho-vagale. Il s'agit d'un outil d'évaluation non invasif et pratique pour surveiller l'adaptation individuelle à l'entrainement. Les réponses de la VFC peuvent être utilisées comme indicateur de la réponse de l'organisme à une activité physique, une réponse dépendant de plusieurs paramètres dont l'intensité et la durée de l'exercice ainsi que le niveau d'entrainement de l'individu, de son âge et son poids (Ernst 2017). Ainsi, la VFC est utilisée au niveau de la détection des seuils ventilatoires (Cassirame et al., 2014, Ramos-Campo et al., 2017), le monitorage de l'intensité d'un exercice (Kaikonnen et al. 2010, Plews et al., 2013), la quantification de la charge d'entrainement (Kiviniemi et al., 2010), l'évaluation de la récupération (Stuckey et al., 2011) et le diagnostic du surentrainement. Ainsi, dans le cadre d'une première étude préliminaire, nous nous proposerons de mesurer les réponses physiologiques et biochimique (i.e., dommage musculaire, lactatémie, stress oxydatif) durant des SSG en variant le nombre de joueurs ainsi que la surface du jeu chez des basketteurs de haut niveau qui s'entrainent à raison de 8 à 10 fois par semaine. Dans une étude récente, Zagatto et al., (2017) ont mis en évidence l'importance du test de sprints répétés avec 5 changements de directions et l'ont recommandé pour les basketteurs. On se propose donc, dans un second temps, de tester la fiabilité d'un test de sprints répétés (RSA) avec 5 changements de directions avec et sans dribble chez les basketteurs. Par ailleurs, l'optimisation de l'entraînement sportif grâce à la manipulation de la charge d'entraînement et à la récupération permet d'améliorer les performances sportives de façon très importante. Toutefois, si l'équilibre entre la charge d'entraînement élevée requise pour l'adaptation physiologique et la récupération appropriée de ce stress n'est pas suffisamment respecté, la fatigue induite par l'entraînement peut s'accumuler, ce qui entraîne une diminution de la performance, un surentrainement et des risques de blessures. Par ailleurs, la privation de sommeil affecte l'humeur et la performance cognitive et physique (Waterhouse et al., 2007). En revanche, il a été rapporté que la moyenne d'heures de sommeil est de 6,5 h par nuit les jours d'entraînement chez 70 athlètes (Sargent, et al., 2014). Donc, il semble indispensable aux athlètes de trouver un moyen pour compenser le manque de sommeil. Il a été prouvé que le prolongement du sommeil nocturne peut améliorer les performances sportives (Mah et al., 2011). Cependant, cette alternative est parfois difficile à mettre en place à cause des contraintes des entrainements (tôt le matin et tard le soir). Dans ce contexte, la sieste durant la journée peut constituer une autre alternative pour compenser un manque de sommeil. A notre connaissance très peu d'études ont traité l'effet de la sieste sur la performance cognitive et physique ainsi que les variables physiologiques, suite à une privation de sommeil partielle. Dans ces études, les tests ont été effectués juste après la sieste : 30 minutes (Waterhouse et al., 2007), 40 minutes (Keramidas et al., 2018), 90 minutes (Blanchfield et al., 2018), 30 minutes (Romdhani et al., 2018) et 45 minutes (Suppiah et al., 2018). Il serait donc intéressant de réaliser les tests, non seulement juste après la sieste, mais aussi après quelques heures (i.e., horaires habituels d'entrainement). A ce jour, une seule étude a mesuré les indices de la VFC durant la sieste (Cellini et al., 2016). Les résultats ont montré que les siestes (de 80 min en moyenne) sont associées à des modifications dynamiques du système nerveux autonome, similaires à celles observées pendant le sommeil nocturne. Ainsi, la méthodologie de la sieste pourrait être un nouvel outil prometteur pour explorer les importantes fluctuations autonomes et dépendantes du sommeil, la qualité ainsi que les stades du sommeil. Notre deuxième étude portera donc sur l'effet de différentes durées de sieste sur les réponses physiologiques (dont la VFC) ainsi que les performances aigues et retardées, à l'issue d'une nuit de privation partielle de sommeil. Dans un second temps, il serait également intéressant de comparer deux types de populations : des participants habitués à faire la sieste et des participants qui ne le sont pas. En outre, lors des stages intensifs de préparation, les équipes s'entrainent 2 à 3 fois par jour ce qui exige une certaine fraicheur physique. Comme mentionné ci-dessus, la charge intense des entrainements engendre une privation de sommeil chez les athlètes (Sargent et al., 2014). La réalisation de siestes répétées durant les microcycles intensifs d'entrainement (i.e. , période précompétitive) pourrait aboutir à une performance plus élevée, et ce, grâce à une meilleure récupération. Par conséquent, notre troisième étude consiste à mesurer les variables physiologiques lors d'un microcycle intensif (une semaine) avec et sans sieste, et ce, en testant l'effet de probiotiques ingéré avant le sommeil.

  • Titre traduit

    Effect of napping on physiological responses and specific performance in high level basketball players.


  • Résumé

    Basketball is a very intermittent sport characterized by the repetition of short (about 2 seconds) and high intensity (work-to-rest ratio of 1 / 3.6) movements (i.e, sprints, lateral movements, jumps) in elite junior players (Ben Abdelkrim et al., 2010). This limited recovery time between high intensity actions and the need to maintain a high quality of these actions highlights the need for a well-developed aerobic metabolism (Delextrat et al., 2014). In order to meet these physiological demands and on the assumption that the improvements due to training are more marked when it simulates specific movement patterns, coaches increasingly use small-sided games (SSG). A number of studies have looked at SSGs in Basketball (Klusemann et al., 2012; Delextrat and Martinez, 2014; Conte et al., 2016, 2017; Clemente et al., 2017; Delextrat et al., 2018 and Vaquera et al., 2018). However, the participants of the studies mentioned above were young people playing in the national championship: U15 (Clemente et al., 2017), U16 (Conte et al., 2017), U17 (Delextrat and Martinez, 2014; Conte et al. ., 2016) and U18 (Klusemann et al., 2012 and Vaquera et al., 2018), and practiced three times a week on average which cannot be compared to high level player and their training load. In addition, none of these studies looked at the measurement of heart rate variability (HRV), considered to be a reliable indicator of sympathovagal balance. It is a convenient, non-invasive assessment tool for monitoring individual adjustment to training. Further, HRV responses can be used as an indicator of the body's response to physical activity (Ernst 2017), for the detection of ventilatory thresholds (Cassirame et al., 2014, Ramos-Campo et al., 2017), the monitoring of the intensity of an exercise (Kaikonnen et al. 2010, Plews et al., 2013), the quantification of the training load (Kiviniemi et al., 2010), the evaluation of the recovery (Stuckey et al., 2011) and the diagnosis of overtraining. Thus, as part of a first preliminary study, we propose to measure the physiological and biochemical responses (i.e, muscle damage, lactate concentration, oxidative stress) during SSG by changing the size of the court and the number of players involved. We propose as participant in this study, high level basketball players who train 8 to 10 times a week. In a recent study, Zagatto et al., (2017) highlighted the importance of the repeated sprint test with 5 direction changes and recommended it for basketball players. We therefore propose, as a second step, to test the reliability of a repeated sprint test (RSA) with 5 changes of direction with/without dribbling among basketball players. Furthermore, the optimization of sports training through the manipulation of training load and recovery can significantly improve sports performance. However, if the balance between the high training load required for physiological adaptation and the appropriate recovery from this stress is not sufficiently respected, training-induced fatigue may accumulate, resulting in decreased performance, overtraining and risk of injury. Moreover, sleep deprivation affects mood and cognitive and physical performance (Keramidas et al., 2018; Mejri et al., 2014; Romdhani et al., 2018, 2019; Souissi et al., 2013; Waterhouse et al., 2007). However, it has been reported that the average hours of sleep is 6.5 hours per night on training days in 70 athletes (Sargent, et al., 2014). So, it seems essential for athletes to find a way to compensate for the lack of sleep. In this context, it has been reported that daytime napping may be an effective strategy to supplement athletes' night-time sleep (Romyn et al., 2018). To our knowledge, very few studies investigated the effect of napping on cognitive and physical performance and physiological responses following partial sleep deprivation. In these studies, the tests were performed immediately after the nap: 30 minutes (Waterhouse et al., 2007), 40 minutes (Keramidas et al., 2018), 90 minutes (Blanchfield et al., 2018), 30 minutes ( Romdhani et al., 2018) and 45 minutes (Suppiah et al., 2018). It would therefore be interesting to perform the tests, not only just after the nap, but also after a few hours (i.e., usual training times). As yet, only one study has measured indices of HRV during napping (Cellini et al., 2016). The results showed that naps (80 min on average) are associated with dynamic changes in the autonomic nervous system, similar to those observed during night-time sleep. Thus, the nap methodology could be a promising new tool to explore the large autonomic and dependent fluctuations in sleep, quality as well as stages of sleep. Our second study will therefore focus on the effect of different nap durations on physiological responses (including HRV) after a night of partial sleep deprivation. Secondly, it would also be interesting to compare two types of populations: habitual and non-habitual nappers. Otherwise, during conditioning phase, teams train 2 to 3 times a day for that reason athletes need to recover properly. As mentioned above, the intense load of training causes sleep deprivation in athletes (Sargent et al., 2014). Performing repeated naps during intensive microcycles training (i.e. pre-competitive period) could result in higher performance, due to better recovery. Therefore, in our third study we propose to evaluate the effect of nap on physiological variables and physical and cognitive performance during an intensive microcycle (one week) with/without sleep deprivation.