Voix artificielles, pièges algorithmiques et monstres digitaux Ethnographie des interfaces homme/machine

par Adrien Poiatti

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Emmanuel Grimaud.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Laboratoire d'Ethnologie et de Sociologie Comparative (laboratoire) depuis le 27-11-2019 .


  • Résumé

    L'ambition de ce projet est de porter un regard anthropologique et critique sur la révolution numérique, par une enquête de terrain auprès des experts du 'nudge', des concepteurs de voix artificielles ou encore des programmeurs de pièges algorithmiques. L'enquête prendra par ailleurs le point de vue des usagers et se situera au niveau des « surfaces de contact » entre corps digital et humains. D'innombrables surfaces de traduction entre l'humain et le corps digital pullulent en effet dans nos quotidiens. Ce ne sont plus seulement les « écrans » qui prolifèrent (Crawford, 2016), mais bien des points d'interaction, de porosité entre individus et corps digital. Ce sont les composantes d'une membrane, d'une frontière souple destinée aux humains, ce sont des écrans « tactiles », des surfaces d'interactions intelligentes, d'assistance vocale, de reconnaissance gestuelle et faciale, ce sont des plate-formes de codage instantané, de l'environnement sensible et symbolique humain vers le langage binaire, et inversement.

  • Titre traduit

    Synthetic voices, algorithmic traps and digital monsters An ethnography of human machine interactions


  • Résumé

    The aim of this project is to propose an anthropological and critical perspective of the digital revolution, based on a fieldwork among "nudge" experts, designers of artificial voices or programmers of algorithmic traps. The inquiry will also take the users' point of view, regarding their use of HMI (Human Machine Interfaces). Indeed, countless surfaces of translation between human and digital bodies abound in our daily life. It is therefore not only the "screens" that proliferate (Crawford, 2016), but many touchpoints of interaction, of porosity between individuals and digital bodies. These surfaces are the components of a membrane, an elastic border between human and digital, they are touch screens, intelligent surfaces, voice assistance, gestural and facial recognition, they are instant coding platforms, from the human sensitive and symbolic environment towards the binary language, and vice versa.