Définition techno-fonctionnelle des industries lithiques de l'Amérique du Sud occidentale au Pléistocène final (~ 40000 - 13500 cal BP) : une approche des trajectoires techniques lors des premières peuplements

par Brian antonio Perez balarezo

Projet de thèse en Préhistoire

Sous la direction de Eric Boeda.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Archéologies et Sciences de l'Antiquité (laboratoire) depuis le 07-01-2019 .


  • Résumé

    Le dernier quart du siècle a été témoin de l'effondrement du modèle Clovis- first (Holen et al. 2017). Actuellement, l'existence de groupes humains plus anciens a été mise en évidence, à travers différents types d'information. Au sein de la discipline archéologique, la problématique réside maintenant dans la qualité stratigraphique de nouveaux sites permettant de comprendre l'occupation de l'Amérique du Sud au Pléistocène final (Feathers 2014, Boëda et al. 2016, Lahaye et al. 2018). Cette période, jusqu'à présent, peut être subdivisée en trois phases : une première phase initiale entre ~ 40000 y 37000 (Pedra Furada, Sitio do Meio, Cacao 1.A), une phase intermédiaire ~25000 (Santa Elina, TJBA-N C5a) et une phase finale entre ~15000 – 12000 (Huaca Prieta Unit 16, Monte Verde II, Pikimachay et Taima Taima). Les sites sont très éloignés géographiquement et temporellement, avec des hiatus important. Seulement neuf sites pour une période de ~ 30000 ans. Cette situation explique en partie la rareté des vues globales sur l'ensemble de l'Amérique du Sud. En fait, les dernières perspectives au niveau continental datent d'il y a 15 ans (Politis & Gnecco 2004). Cependant, il existe d'autres raisons de nature épistémologique, liées notamment au traitement scientifique des artefacts lithiques. Seules les pièces bifaciales (foliacées ou « pointes de projectile ») ont été un objet d'étude récurrent, au niveau typologique. À cause de cela, l'idée générale d'un « horizon » cultural appelé Paléo-Indien ou Paléo-américain (OIS-3 et OIS-2, ~ 40 000 à 13500 cal BP) persiste encore ; il serait compris par supposé « différentes » traditions lithiques, mais surtout par « points en queue de poisson ». De nouvelles analyses au niveau régional nous permettent maintenant de reconnaître qu'il existe une variabilité technique beaucoup plus importante. En conséquence, une vision globale de l'Amérique du Sud est nécessaire, au niveau des assemblages lithiques, et pas seulement de certaines pièces. À l'heure actuelle, la définition des traditions, des aires culturels, des évolutions locales et des mouvements migratoires est impossible. Afin de contribuer à la construction solide de ces traditions originaires, nous étudierons huit assemblages lithiques provenant de la partie occidentale d'Amérique du Sud : deux correspondants à la première phase (Cacao 1A en Argentine, Monte Verde au Chili) et six aux phases finales (Taima-Taima et El Camare-Las Lagunas au Venezuela ; El Abra-Tequendama en Colombie ; El Palto, Huaca Prieta et Pikimachay au Pérou), en appliquant une approche techno-logique globalisante (Boëda 2013). Les résultats attendus de l'application de cette approche, ainsi que sa contextualisation continentale, nous permettront de commencer une nouvelle proposition des trajectoires techniques sud-américaines, fondée sur la reconnaissance géographique et chronologique d'altérités techniques non encore envisagées.

  • Titre traduit

    Techno-functional definition of the lithic industries of South-West America during the late Pleistocene (~ 40000 - 13500 cal BP): an approach of the technical trajectories in the first settlements


  • Résumé

    The last quarter of the century has witnessed the collapse of the Clovis-first model (Holen et al. 2017). Currently, the existence of older human groups has been highlighted, through different types of information. Within the archaeological discipline, the problem now lies in the stratigraphic quality of new sites making it possible to understand the occupation of South America in the final Pleistocene (Feathers 2014, Boëda et al. 2016, Lahaye et al. 2018). This period, so far, can be subdivided into three phases: an initial initial phase between ~ 40,000 and 37,000 (Pedra Furada, Sitio do Meio, Cacao 1.A), an intermediate phase ~ 25,000 (Santa Elina, TJBA-N C5a) and a final phase between ~ 15,000 - 12,000 (Huaca Prieta Unit 16, Monte Verde II, Pikimachay and Taima Taima). The sites are very distant geographically and temporally, with significant gaps. Only nine sites for a period of ~ 30,000 years. This situation partly explains the scarcity of global views of the whole of South America. In fact, the last prospects at the continental level date from 15 years ago (Politis & Gnecco 2004). However, there are other reasons of an epistemological nature, linked in particular to the scientific treatment of lithic artefacts. Only bifacial pieces (leafy or "projectile points") have been a recurrent object of study, at the typological level. Because of this, the general idea of ​​a cultural "horizon" called Paleo-Indian or Paleo-American (OIS-3 and OIS-2, ~ 40,000 to 13,500 cal BP) still persists; it would be understood by supposed "different" lithic traditions, but especially by "fishtail points". New regional analyzes now allow us to recognize that there is much greater technical variability. Consequently, a global vision of South America is necessary, at the level of lithic assemblages, and not only of certain pieces. At present, the definition of traditions, cultural areas, local developments and migratory movements is impossible. In order to contribute to the solid construction of these original traditions, we will study eight lithic assemblages from the western part of South America: two corresponding to the first phase (Cacao 1A in Argentina, Monte Verde in Chile) and six to the final phases (Taima-Taima and El Camare-Las Lagunas in Venezuela; El Abra-Tequendama in Colombia; El Palto, Huaca Prieta and Pikimachay in Peru), applying a globalizing techno-logical approach (Boëda 2013). The results expected from the application of this approach, as well as its continental contextualization, will allow us to begin a new proposal for South American technical trajectories, based on the geographic and chronological recognition of technical alterities not yet envisaged.