Transmission de manuscrit Dongba. Système d'écriture, les rituels religieux, et les changements historiques

par Zihan Li

Projet de thèse en Anthropologie

Sous la direction de Brigitte Baptandier.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Laboratoire d'Ethnologie et de Sociologie Comparative (laboratoire) depuis le 17-07-2014 .


  • Résumé

    La thèse de Li Zihan concerne la transmission de connaissances et le renouveau religieux dans la Chine moderne. Son attention porte plus précisément sur une religion qui a pris naissance sur la bordure sino-tibétaine, et qui repose sur une écriture différente de l'écriture chinoise. Iconographique, elle est maîtrisée par les dongba, les spécialistes religieux d'une population de langue tibéto-birmane communément appelée en chinois la « nationalité Naxi » (naxi zu纳西族). Jusque dans les années 1950, les dongba transmettaient leurs textes et leurs savoirs de père en fils. La période maoïste, notamment la Révolution culturelle, a engendré de grands changements dans leurs pratiques rituelles. Depuis le renouveau religieux chinois des années 1980, de nouvelles formes de transmission ont vu le jour, ne respectant pas strictement le système de transmission lignagère. Au regard de tels bouleversements, Li Zihan propose de développer essentiellement ces axes de recherche : la transmission des manuscrits religieux, la transmission des techniques et de la connaissance, le renouveau religieux, la patrimonialisation, les questions d'ethnicité. Le terrain ethnographique de recherche de Li Zihan se focalise sur deux lieux en particulier. Tout d'abord Lijiang, le centre administratif du territoire des Naxi, inscrit sur la liste du patrimoine mondial depuis 1997. L'inscription des manuscrits Dongba à l'UNESCO Memory of the World Program en 2003, a largement contribué au développement du tourisme local. Lijiang est depuis lors devenu « le lieu saint des dongba ». D'autre part, à la fois pour obtenir cette inscription au patrimoine mondial et pour stimuler le tourisme, le renouveau de la religion dongba et la transmission des manuscrits dongba sont devenus une des missions prioritaires du gouvernement local. Dans ce contexte, de nombreuses écoles gouvernementales visant à former des dongba sont apparues. Le second lieu où s'ancre cette recherche est Baidi, l'ancien « lieu saint des dongba », situé dans la préfecture autonome tibétaine de Diqing. En 1998, une école de Dongba y a été fondée par un enseignant de l'école primaire à la retraite. En raison de l'isolement géographique, la transmission de la religion dongba est localement moins touchée par le tourisme que dans les districts alentours. Les enjeux de cette école ne sont toutefois pas seulement religieux; par son prisme, les locaux font état de revendications politiques et économiques. Outre ce phénomène d'institutionnalisation de la religion des Naxi que Li Zihan propose d'étudier dans sa thèse, d'autres formes de transmission sont observables. Ainsi, la transmission « traditionnelle », lignagère, de maître à disciple dongba à Baidi et à Lijiang et l'évolution de l'écriture sont également étudiées dans le cadre de sa thèse.

  • Titre traduit

    Transmission of Dongba Manuscript: Writing System, Religious Rituals, and Historic Changes


  • Résumé

    Li Zihan's thesis concerns the transmission of knowledge and religious re-newal in Modern China. More specifically, she studies a religion born on the Sino-Tibetan border, and which is based on a different writing from Chinese writing. It is an iconographic system used by the Dongba, religious specialists of a Tibetan-Burmese language population commonly called the “Naxi Nationality” (naxi zu纳西族) in Chinese. Until the 1950s, the Dongba transmitted their texts and knowledge from father to son. The Maoist period, and especially the Cultural Revolution, impelled important changes in their ritual practices. Since the Chinese religious renewal of the 1980s, new forms of transmission have appeared, not always respecting the lineal transmission system. To study these changes, Li Zihan focuses on the following research themes: the transmission of religious manuscripts, the transmission of techniques and knowledge, religious renewal, heritage, and questions of ethnicity. Her ethnographic field focuses on two sites in particular. Lijiang, the administrative centre of the Naxi territory, placed on the World Heritage register in 1997 is one of these sites. In 2003, Dongba manuscripts were included in the UNESCO Memory of the World Program, which significantly increased local tourism. Lijiang has since become the Dongbas' “holy place.” Both in order to obtain this inscription on the world heritage register and to stimulate tourism, the renewal of the Naxi religion and the transmission of their manuscripts became one of the local government's top priorities. In this context, many government schools aiming to educate their students in these practices have emerged. The second main field site is Baidi, the former “holy place” of the Dongba, located in Diqing, an autonomous Tibetan prefecture. In 1998, a Dongba school was founded by a retired primary school teacher. As it is geographically isolated, the transmission of the religion is, locally, less affected by tourism in surrounding areas. However, the issues at stake at this school are not only religious, but also political and economic. Beyond this phenomenon of institutionalisation of the Naxi religion that Li Zihan intends to study in her thesis, there are other observable forms of transmission. Thus, the “traditional,” lineal transmission from Dongba master to disciple in Baidi and Lijiang is also studied, as well as the evolution of writing.