La sanction dans le droit canonique de l'Empire romain d'Orient : les lettres canoniques de Basile de Césarée

par Martin Le Roy

Projet de thèse en Histoire du droit et des institutions

Sous la direction de Aram Mardirossian.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École Doctorale Droit et Science Politique , en partenariat avec Centre d'Histoire et d'Anthropologie du Droit (laboratoire) depuis le 01-10-2016 .


  • Résumé

    Basile de Césarée (évêque de 370 à 379), à l'image d'autres Pères de l'Eglise, œuvre à établir l'ordre au sein de son évêché de Cappadoce. Reconnu pour ses différentes homélies, ses règles monastiques et ses actes envers les plus démunis, Basile le Grand va intéresser les canonistes en sa qualité de législateur du christianisme oriental. Entre 374 et 375, le Père cappadocien établit une liste de canons par le biais d'une correspondance épistolaire, à la manière d'un rescrit, à l'évêque Amphiloque d'Iconium. Ses lettres canoniques ont pour fonction d'exposer, de clarifier, voire, lorsque ceci est nécessaire, de formaliser les normes issues de la tradition ecclésiastique. Le Père cappadocien, rédige un texte juridique répondant aux exigences attendues de celui qui édicte une règle normative. Il transparait de ses textes une réelle volonté d'agir comme un législateur de l'Eglise. Ainsi l'évêque de Césarée confirme et fixe une pratique ecclésiastique ancienne. Il clarifie une situation pouvant être ambiguë. Et, lorsque cela est nécessaire, il présente une nouvelle approche réglementaire en accord avec la tradition et le respect du dogme. L'évêque assied sa position de législateur, en cohérence avec le système monarchique de l'Eglise du IVe siècle. Deux siècles plus tard, Jean III le Scholastique, d'abord juriste à Antioche puis patriarche de Constantinople de 565 à 577, introduit pour la première fois les lettres de Basile de Césarée dans son recueil, collectio L titulorum. Les canons de l'évêque cappadocien sont les premiers écrits des Pères de l'Eglise à entrer officiellement dans une collection grecque canonique. Ceci peut s'expliquer par l'autorité de Basile de Césarée au sein du monde hellénistique, mais aussi par la qualité juridique de ses écrits. Notre thèse vise, d'une part, à étudier l'aspect juridique émanant de cette source en nous intéressant spécifiquement à la conception de la sanction proposé par le corpus basilien. L'évêque préconise d'établir une sanction graduelle, permettant une réintégration progressive du pécheur pénitent au sein de la communauté. Cette réflexion sur la sanction chrétienne est intéressante en ce qu'elle intervient au IVe siècle, période où l'encadrement de la pénitence n'est pas ou peu établi par la norme chrétienne. D'autre part, nos recherches visent à déterminer comment est reçu ce corpus devenu juridique au sein du droit canonique byzantin par le biais de la collectio de Jean le Scholastique.

  • Titre traduit

    The sanction in the canon law of the Eastern Roman Empire: the canonical letters of Basil of Caesarea


  • Résumé

    Basil of Caesarea (bishop from 370 to 379), like other Fathers of the Church, worked to establish order within his bishopric of Cappadocia. Known for his various homilies, his monastic rules and his acts towards the most destitute, Basil the Great was of interest to canonists in his capacity as legislator of Eastern Christianity. Between 374 and 375, the Cappadocian Father drew up a list of canons by means of an epistolary correspondence, in the manner of a rescript, to the Amphiloque bishop of Iconium. His canonical letters have the function of exposing, clarifying, and even, when necessary, formalizing the norms stemming from the ecclesiastical tradition. The Cappadocian Father writes a juridical text that meets the requirements expected of one who enacts a normative rule. He shows in his texts a real willingness to act as a legislator of the Church. Thus the Bishop of Caesarea confirms and fixes an ancient ecclesiastical practice. He clarifies a situation which can be ambiguous. And, when necessary, he presents a new regulatory approach in accordance with tradition and respect for dogma. The bishop asserts his position as legislator, consistent with the monarchical system of the Church in the fourth century. Two centuries later, John III the Scholasticate, first a jurist at Antioch and then Patriarch of Constantinople from 565 to 577, introduces for the first time the letters of Basil of Caesarea in his collection, collectio L titulorum. The canons of the Cappadocian bishop are the first writings of the Fathers of the Church to enter officially into a canonical Greek collection. This can be explained by the authority of Basil of Caesarea within the Hellenistic world, but also by the juridical quality of his writings. Our thesis aims, on the one hand, to study the juridical aspect emanating from this source by focusing specifically on the conception of the sanction proposed by the Basilian corpus. The bishop advocates establishing a gradual sanction, allowing for a progressive reintegration of the penitent sinner into the community. This reflection on the Christian sanction is interesting in that it takes place in the fourth century, a period when the framework of penance was not or hardly established by the Christian norm. On the other hand, our research seeks to determine how this corpus, which became juridical within Byzantine canon law through the collectio of John the Scholasticate, was received.