De la stabilité financière à la stabilisation du climat : Régulation financière et central banking à l'Ère du Capitalocène

par Jérôme Deyris

Projet de thèse en Sciences Economiques

Sous la direction de Laurence Scialom.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Économie, organisations, société , en partenariat avec EconomiX (laboratoire) depuis le 05-09-2019 .


  • Résumé

    Depuis le discours de Mark Carney (2015), la question des "risques financiers climatiques" a fait une entrée remarquée dans les institutions de gouvernance de la finance (régulateurs, superviseurs, banques centrales). Si les actes tardent à suivre les paroles, l'idée que le changement climatique (à travers les risques physiques et de transition qui y sont associés) fait porter un risque sur la stabilité financière est désormais largement admise. Moins consensuelle, une idée symétrique peut être défendue : si le changement climatique menace la stabilité financière, la finance menace en retour la stabilité climatique. En effet, les décisions d'investissement formulées sur les marchés financiers continuent à apporter une antévalidation sociale au business as usual, reproduisant le carbon lock-in du capital fossile. Pour respecter les objectifs climatiques, les flux de capitaux doivent donc être massivement redirigés. Pour ce faire, la régulation bancaire et financière ainsi que la liquidité accordée par les banques centrales ne peuvent se contenter de jouer un rôle de gestion des risques a posteriori, mais s'engager vers une réorientation active et des capitaux pour agir préventivement contre la multiplication des actifs échoués. Ma thèse, en adoptant une approche institutionnaliste, cherche à explorer dans quelle mesure ce type de transformation du régime monétaire est possible ou en cours, et à en esquisser les dynamiques, les modalités et les limites.

  • Titre traduit

    From financial stability to climate stabilization: Financial regulation and central banking in the Capitalocene Era


  • Résumé

    Since Mark Carney's speech (2015), the issue of "financial climate risks" has made a strong entrance into financial governance institutions (regulators, supervisors, central banks). While actions are lagging behind words, the idea that climate change (through its associated physical and transitional risks) poses a risk to financial stability is now widely accepted. Less consensual is a symmetrical idea: if climate change threatens financial stability, finance in turn threatens climate stability. Indeed, investment decisions made in financial markets continue to provide social antevalidation to business as usual, reproducing the carbon lock-in of fossil capital. In order to meet climate objectives, capital flows must therefore be massively redirected. To do so, banking and financial regulation as well as the furniture of liquidity by central banks cannot be restricted to an ex post risk management role, but must engage in an active redirection of capital to act preemptively against the multiplication of stranded assets. My thesis, adopting an institutionalist approach, seeks to explore the extent to which this kind of shift in the monetary regime is possible or underway, and to outline its dynamics, modalities and limits.