Dysphasie syntaxique phonologique et liaison catégorique

par Elisabeth Pascual (Cesari)

Projet de thèse en Sciences du langage

Sous la direction de Frédéric Isel.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Connaissance, langage et modélisation , en partenariat avec Modèles Dynamiques, Corpus (laboratoire) depuis le 07-12-2015 .


  • Résumé

    Cette étude expérimentale porte sur le traitement de la liaison catégorique chez l'enfant présentant un trouble dysphasique de type phonologique-syntaxique Pour tester le modèle neurobiologique de Ullman et Pierpont (2005), selon lequel le déficit de la mémoire procédurale est compensé par la mémoire déclarative, le phénomène linguistique de joncture qu'est la liaison catégorique est utilisé car sa maîtrise exige l'élaboration d'un schéma. Sept tâches linguistiques inédites sont testées sur vingt-quatre participants dysphasiques et vingt-deux enfants contrôles âgés de 6 à 10 ans. Les résultats confirment que la réception de la liaison catégorique chez les dysphasiques n'est pas particulièrement perturbée. En revanche, un dysfonctionnement significatif est relevé dans les tâches de production avec une forte prévalence de la forme canonique du mot. Une première hypothèse cognitive est formulée selon laquelle le dysfonctionnement de la mémoire procédurale ne permet pas de garantir l'activation systématique et en temps-réel d'un schéma de liaison dans le discours du dysphasique, et ce malgré la fréquence de type et la fréquence d'occurrence élevées des liaisons catégoriques dans la langue française. Pour terminer, nous avançons une seconde hypothèse plus générale selon laquelle une réorganisation neurobiologique de la mémoire à long terme pourrait être à l'origine d'une fragilisation de deux des composantes des fonctions exécutives, i.e., la mémoire de travail et l'inhibition.

  • Titre traduit

    Phonological syntactic dysphasia and categorical liaison


  • Résumé

    This experimental study focuses on the treatment of categorical liaison in children with phonological-syntactic dysphasic disorder. To test the neurobiological model of Ullman and Pierpont (2005), according to which the deficit of procedural memory is compensated by declarative memory, the linguistic phenomenon of categorical liaison is used because its mastery requires the elaboration of a schema. Seven novel linguistic tasks are tested on twenty-four dysphasic participants and twenty-two control children aged 6 to 10 years old. The results confirm that the reception of categorical liaison in dysphasics is not particularly disturbed. On the other hand, a significant dysfunction is found in production tasks with a high prevalence of the canonical form of the word. A first cognitive hypothesis is formulated according to which the dysfunction of procedural memory does not guarantee the systematic and real-time activation of a liaison pattern in the dysphasic's speech, despite the high type and frequency of occurrence of categorical liaison in the French language. Finally, we put forward a second more general hypothesis according to which a neurobiological reorganization of long-term memory could be at the origin of a weakening of two of the components of executive functions, i.e., working memory and inhibition.