Reconstitution technologique de la production de cuivre au Complexe de Vilabouly, Laos Central (env. 1000 av. J.-C – env. 500 ap.

par Mélissa Cadet

Projet de thèse en Archéologie - Ethnologie

Sous la direction de Philippe Dillmann et de Thomas Oliver Pryce.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Préhistoire et Technologie (laboratoire) depuis le 06-11-2017 .


  • Résumé

    Ce projet de thèse s'inscrit dans le cadre de l'ANR BROGLASEA (« Bronze and Glass as Cultural Catalysts and Tracers in Early Southeast Asia, c. 1000 BC to c. 500 AD). Il concerne la reconstitution technologique de la production de cuivre au Complexe de Vilabouly situé au Laos Central (Province de Savannakhet) ainsi que l'interprétation de cette chaîne opératoire par rapport aux productions et à la circulation régionale et interrégional des alliages cuivreux. L'archéologie en Asie du Sud-Est (noté ASE) est variable et même non présente en fonction des régions mais l'archéométallurgie a débuté dans les années 1970 avec Robert Maddin et s'est ensuite développée dans les années 1980 avec Vincent Piggot. Vincent Piggot a étudié les deux premiers sites d'extraction et de production connus en ASE, Phu Lon et la Vallée de Khao Wong Prachan en Thaïlande et durant 30 ans voilà tout ce que nous savions de la métallurgie régionale. Cependant, avec l'application des analyses isotopiques du plomb par le « Southeast Asian Lead Isotope Project » (SEALIP) un troisième site d'extraction et de production a été mis en évidence : le Complexe de Vilabouly. En effet, les résultats de SEALIP montrent que Vilabouly serait un des principaux producteurs de cuivre dans la région à cette période avec des produits identifiés jusqu'au Myanmar actuel. Le projet de thèse concerne donc l'origine et le développement de la métallurgie en ASE avec ses implications socio-politiques potentielles ainsi que des éventuels transferts technologiques provenant de zones géographiques voisines. Le Complexe de Vilabouly est fouillé depuis dix ans par les autorités laotiennes en collaboration avec la concession minière (MMG-LXML) et l'Université James Cook sous la direction de Nigel Chang, Viengkeo Souksavatdy et Thongsa Sayavongkhamdi. Les découvertes archéologiques à Vilabouly montrent une longue période d'occupation, du Néolithique à la Période Moderne mais l'intérêt de cette étude se porte sur deux principales zones où une activité d'extraction et de production de cuivre ancienne a été identifiée : Puen Baolo et Thong Na Nguak. Les sites d'extraction et de production de cuivre sont datés par radiocarbone de l'Age du Bronze aux début de la Période Historique (1000 av. J.-C- 700 ap. J.-C). Le corpus archéologique sélectionné pour étude comprend donc des fragments de minerais, fragments de scories, fragments de céramiques techniques ainsi que différents types de demi-produits et produits finis en cuivre ou alliage cuivreux. Le but sera d'analyser ce corpus en laboratoire suivant une méthode d'analyse multi-échelles (Microscopie optique, Microscopie Electronique à Balayage, Diffraction des Rayons X, Spectroscopie Raman etc.). La majorité des analyses sera réalisée au LAPA (Laboratoire Archéomatériaux et Prévisions de l'Altération) à Saclay. Cette méthodologie permettra d'appréhender les types de matières premières utilisés, le procédé de réduction ou encore les types d'objets produits afin de proposer une reconstitution de la chaîne opératoire de production du cuivre au Complexe de Vilabouly et ses potentielles variations. Il va ensuite s'agir de replacer la production du Complexe de Vilabouly dans le contexte régional en appréhendant le nature des échanges et des relations avec les régions voisines en cette fin de la Préhistoire, débuts de la Période Historique perçue comme période de changements socio-politiques avec la naissance des Etats.

  • Titre traduit

    Technological reconstruction of the copper production at the Vilabouly Complex, Central Laos (c. 1000 BC – c. 500 AD)


  • Résumé

    This PhD project is part of the ANR BROGLASEA (“Bronze and Glass as Cultural Catalysts and Tracers in Early Southeast Asia, c. 1000 BC to c. 500 AD). The project deals with the technological reconstruction of the copper production at the Vilabouly Complex in Central Laos (Savannakhet Province) as well as the interpretation of the chaîne opératoire compared to productions and regional and inter-regional circulation of copper alloys. Archaeology in Southeast Asia in variable and some areas are still lacking but archaeometallurgy began in the seventies with Robert Maddin and then developed with Vincent Piggot in the eighties. Vincent Piggot studied the two first mining and copper prehistoric production sites known in Southeast Asia: the Khao Wong Prachan Valley in Central Thailand and Phu Lon in Northern Thailand and for 30 years this is all we knew about regional metallurgy. However, with the application of lead isotopes analysis by the Southeast Asian Lead Isotope Project (SEALIP) a third mining and production site in the region discovered during the decade 2000 was evidenced: the Vilabouly Complex. Previous results by SEALIP suggest that the Vilabouly Complex was one of the main copper suppliers in the region with objects identified until present day Myanmar. This PhD project deals with the origin and the development of metallurgy in Southeast Asia with the potential socio-politic implications and possible technological transfers from neighbouring regions. The Vilabouly Complex is excavated since ten years by lao authorities in collaboration with the mining concession (MMG-LXML) and the James Cook University led by Nigel Chang, Viengkeo Souksavatdy and Thongsa Sayavongkhamdi. Archaeological finds show a long occupation period, from Neolithic to Modern times, but our interest is concentrated on two majors areas displaying evidences of copper extraction and production activities: Puen Baolo and Thong Na Nguak. The extraction and production activities are radiocarbon dated in the Bronze Age to the beginnings of the Historical Period (c.1000 BC to c. 700 AD). The selected archaeological corpus is composed of ore fragments, slag fragments, technical ceramic fragments and copper and copper-alloyed semi-products and products. The aim is to analysed these different materials following a classical multi-scale approach (Optical Microscopy, Scanning Electron Microscopy, X-Ray Diffraction, Raman Spectroscopy, etc.). The whole of the analyses will be conducted at the LAPA (Laboratoire Archéomatériaux et Prévisions de l'Altération) in Saclay. This methodology will permitted to grasp the type of raw materials employed, the smelting process or the types of objects product in order to propose a reconstruction of the copper production chaîne opératoire on site as well as its potential variations. Then, the copper production in Vilabouly will be replaced in the regional context by grasp the exchange relationships with neighbouring regions in Late Prehistory, beginnings of the Historical Period viewed as a period of socio-political changes with the rise of the States.