L'héritage paléo-chrétien en Afrique du nord: Cas des monuments de la région Est de l'Algérie

par Fatima zahra Boughanem

Projet de thèse en Histoire et archéologie des mondes anciens

Sous la direction de Étienne Wolff.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Archéologies et Sciences de l'Antiquité (laboratoire) depuis le 15-11-2018 .


  • Résumé

    L'Algérie est un pays qui cache en son sein des joyaux qui n'existent nulle part ailleurs et qui sont malheureusement délaissés, sinon abandonnés. Les villes algériennes historiques sont exposées à une forte pression liée aux besoins multiples découlant de la mobilité des gens, de l'économie, de l'habitat, de la société, de services et d'autres évolutions. Ces éléments sont autant de facteurs qui font de la sauvegarde du patrimoine historique un défi complexe, surtout quand il s'agit des monuments antiques religieux. Dans cette recherche nous allons nous intéresser aux vestiges des monuments et ensembles chrétiens en Algérie. Il convient d'abord de rappeler que le christianisme a été implanté en Afrique dès le Ier siècle, d'abord dans les villes cosmopolites comme Carthage, puis s'est propagé au IIème siècle pour toucher même les agglomérations les plus modestes dans l'ensemble de l'empire romain en Afrique, jusqu'à son apogée au IVème siècle. La fin de ce siècle a été marquée par l'apport d'un nouvel élément dans la vie chrétienne, représenté par le monastère. Ce type de monuments reste rare par rapport aux églises et basiliques chrétiennes. Aujourd'hui on reconnait les vestiges d'un des plus beaux et rares spécimens de ces monuments chrétiens à Tébessa, en l'occurrence la basilique romaine chrétienne, nommée par certains basilique de Sainte Crispine. Entre la fin du IVème et le début du Vème siècle les constructions chrétiennes se multiplient, et on peut repérer à Djemila un ensemble épiscopal unique constitué par plusieurs basiliques chrétiennes. Ce travail a pour ambition de couvrir principalement la région de l'Est Algérien, qui a abrité les différents sièges de la IIIème légion d'Auguste en Afrique. Il va porter sur l'architecture paléochrétienne en général, qui est d'une valeur considérable, à travers ses nombreuses empreintes, puis va essayer d'étudier l'évolution et le devenir de ces monuments à travers les siècles, tout en mettant en exergue un ensemble des plus importants monuments de cette région dont les vestiges sont toujours visibles. En Algérie, la législation relative à la protection des patrimoines est plutôt obsolète et parfois inadaptée à la réalité. On peut ajouter à cela le manque relatif d'intérêt de certains décideurs quant à l'application des lois sur le terrain, qui fait que la protection du patrimoine ne bénéficie pas d'une grande importance malgré les textes adoptés. Une action pour la protection de ce legs est impérative, car avec les atteintes du climat et des hommes, on risque de transférer aux générations futures un héritage historique dérisoire. L'absence de recherches récentes poussées et d'études ciblées et exhaustives pour la mise en valeur et la promotion de cet héritage paléochrétien, m'ont encouragée dans le choix de ce thème de recherche. Notre préoccupation sera axée sur plusieurs points, tout en tentant d'apporter graduellement des éléments de réponse aux questions qui se poseront. Les grands axes du travail porteront sur comment : - Essayer d'identifier la richesse de l'architecture paléochrétienne en Algérie ainsi que son devenir et élaborer une monographie détaillée de cette architecture particulière, en se consacrant à la fin sur un ensemble de monuments qu'on essayera d'étudier avec détails, à savoir : la Basilique romaine chrétienne de Theveste (Tébessa) dite de « Sainte Crispine », la basilique chrétienne de Madaure (Medaourouch), l'ensemble épiscopal de Cuicul (Djemila), et la basilique chrétienne de Thamugadi (Timgad) qui est d'une époque un peu plus tardive que les précédentes. - Etablir une sorte de carte de la christianisation de la région ciblée à travers son architecture. - Restituer virtuellement ces monuments, ce qui se représentera comme une sorte de conservation, et servira de fonds documentaire mis à jour pour d'éventuelles recherches ultérieures. En d'autres termes, documenter l'état actuel en le comparant avec les dernières recherches faites sur ceux-ci. Cette documentation permettra aussi l'enregistrement de toutes les interventions et les altérations qu'ont connu lesmonuments à travers des siècles. - Avec l'absence de fondsd'archives en Algérie cette recherche espère servir comme une référence de plus pour ceux qui s'y intéresseront et cette restitution deviendra une sorte de base de données nouvelle (capable d'être mise à jour ou modifiée au fur et à mesure), exploitable dans les musées, les bibliothèques, ou autres institutions culturelles, tant en Algérie que dans d'autres pays.

  • Titre traduit

    The Paleochristian Heritage in North Africa: Case of Monuments the Easter Region of Algeria


  • Résumé

    My thesis, as its title suggests, focuses on cult monuments in North Africa, especially in Algeria. This country is rich in heritage and cultures. This legacy has constructed Algeria's identity over the centuries. From prehistoric times to the modern era. Lamentably this heritage has been neglected these last decades: in the context of the political instability and social problems in the country, patrimony is not the first concern of the government. I chose to work on Christian monuments, because they are the most neglected, and, in a few decades, will disappear. In the city of Tebessa, or the old Theveste, is the biggest Roman basilica in North Africa, and this is where I started my research in order to highlight the interest of this legacy through, for the time being, three different stages: in the first I will try to create a map of Christianity in the Eastern Region of Algeria, taking into account the evolution of architecture, then I will create an updated database of different archives and graphic documents (based on the actual status of each monument), which will be the sources I rely on to restitute virtually the most important monuments. In the final stage, I will use all this data to create a virtual museum of this heritage which will have the capacity to be, developed, edited and updated over time.