Le travail du négatif chez Denis DIDEROT. Une étude de fictions choisies

par Marie-Anne Bohn

Projet de thèse en Littératures française et francophone

Sous la direction de Michel Delon.

Thèses en préparation à Sorbonne université , dans le cadre de École doctorale Littératures françaises et comparée (Paris) , en partenariat avec CELLF 16e-18e (laboratoire) depuis le 10-11-2009 .


  • Résumé

    Le travail du négatif, théorisé au départ par la philosophie, nous a aidés à approcher ce qui apparaît, à nos yeux, comme le cœur de notre étude, cette action qui semble profondément agiter le corpus de fictions choisies. Si le travail du négatif est un mouvement qui prend forme dans un contexte de polarisation où l’autre est toujours sous-entendu, s’il est agitation équivoque et instabilité, comment s’actualise-t-il chez Diderot ? En ce sens, l’étude des circonstances de production s’avère primordiale. Les censures et les réseaux ont une incidence sur les productions artistiques. De plus, les textes denses déploient des techniques de louvoiement qu’il convient de défaire. Des genres au rapport au réel, de la mise en fiction de la pensée aux catégories référentielles, les brouillages de pistes sont réitérés et accordent en fin de compte à la parole une place centrale. Face à ces informations, le travail du lecteur est complexe. Le déploiement de la pensée diderotienne, à travers la multiplicité, est-il lié à cette agitation « négative » ? Enfin, nous interrogeons encore cette impression de mouvement qui se dégage des textes étudiés. Tout se passe comme s’ils tendaient vers la préservation de la force et de la puissance du geste de penser, comme si en même temps entre philosophie et littérature, le style diderotien se construisait. La forme dialogique structure le texte. L’ironie et ses figures façonnent les phrases et les situations de sorte à placer le lecteur dans un inconfort actif, de sorte à répercuter sur lui les questionnements internes au texte et à le déborder. Ce travail du négatif, plus ou moins abondant selon les œuvres, remet en perspective la notion de littérarité.

  • Titre traduit

    The work of the negative in writing of Denis DIDEROT. A study of selected fictions


  • Résumé

    The work of the negative, a concept that initiated in philosophy, allowed the researcher to tackle the core of this study, as this action appears to shake profoundly the corpus of fictional texts chosen. If the work of the negative is a movement, which is shaped within a context of polarisation where the other is always implied, if there is an ambiguous turmoil and inconstancy, how does it actualize in Diderot’s work? To this extent, the study of the context of writing is essential as censorship and networks impact the arts. Additionally, the density of the texts requires unpacking the rhetorical effect of the convoluted prose. From genres to the connection to reality, from fictionalization of thoughts to narrative mode, tracks are covered repeatedly, thicken the plot, and eventually grant the central places to speech. In light of this information, the reader’s task is intricate. Is this “negative” stir connected to Diderot’s unfolding his thoughts through multiplicity? Lastly, we will probe further the feeling of movement which emanates from the texts at hand. It is as if it converged towards preserving the strength and power of thinking, as if in the meantime at a cross section between philosophy and literature, the style of Diderot was shaping up. A dialogic form structures the writing. Irony and its features mold sentences and situations in order to place the reader in an active discomfort, it reverberates the questioning inherent to the writing, and overflows. The work of the negative, which can be found more or less profusely in Diderot’s work, puts the notion of literarity into perspective.