Comment la relation symbiotique permet de revisiter la médecine

par Laurence Terzan

Projet de thèse en Histoire et philosophie des sciences

Sous la direction de Claire Brun.

Thèses en préparation à l'Université Paris sciences et lettres , dans le cadre de École doctorale de l'École pratique des hautes études , en partenariat avec Laboratoire de biologie générale (laboratoire) et de EPHE PARIS (établissement opérateur d'inscription) depuis le 31-08-2019 .


  • Résumé

    Cette thèse se propose d'étudier comment la relation symbiotique trace l'histoire du vivant, son évolution et fonde son fonctionnement. En tout premier lieu, définir le concept de symbiose (9, 13, 14) nous conduira au déroulé de son évolution ainsi qu'à ses différentes acceptions contemporaines selon le champ de son utilisation. Nous nous proposons de partir de données biologiques pour fonder une réflexion philosophique sur le statut de la relation symbiotique. A cet égard, c'est le microbiote qui nous servira de modèle. L'émergence du microbiote dans les sphères biologique, médicale, zoologique, et botanique suit une courbe exponentielle : Si les travaux fondateurs datent du XIXe , ce n'est que dans la seconde moitié du XXe et surtout ces vingt dernières années que ce monde microbiotique, longtemps envisagé indirectement, sans faire l'objet d'un programme de recherche, va se révéler, grâce aux travaux métagénomiques (8). En toute logique, le champ de la philosophie à son tour s'en empare. L'étude du fonctionnement du monde microbiotique et son implication consubstantielle au plus profond des métazoaires renouvellent comme jamais notre vision du vivant. Nous ne limiterons pas notre approche aux bactéries : nous inclurons dans ce travail les champignons (16) et les virus, même si les études les concernant sont beaucoup moins nombreuses. De même, le vivant inclut le monde végétal avec les animaux dont l'homme, bien sûr. Ce travail prendra en considération la symbiose qui constitue l'interaction mutualiste la plus positive. Mais il s'agit pour bien la comprendre de ne pas écarter de notre champ les symbioses recrutées pour aider à parasiter, tuer ou entrer en compétition avec d'autres organismes, ainsi que les interactions cellulaires destructives, pathologiques. Notre travail s'appuiera sur des faits scientifiques assez détaillés pour prouver que nos propositions ne sont pas spéculatives et qu'elles reposent sur des faits concrets scientifiquement éprouvés. Pourtant, à côté de l'aspect « scientifique » de cette thèse, nous laissons une part revendiquée à l'intuition, à la subjectivité du vivant à tous les niveaux : l'organisme, l'espèce, la société globale, mais aussi, dans l'autre sens, jusqu'à la cellule et même la molécule. Dans une première partie, nous décrirons le mode opératoire du microbiote: la relation symbiotique. Son implication se décline dans des champs aussi divers et variés que le métabolisme, l'homéostasie, la croissance, le développement, l'hérédité, l'évolution et la communication. Les bactéries intestinales communiquent entre elles et avec les cellules de l'hôte en utilisant les métabolites du microbiote et une signalisation chimique, ceci afin de réguler plusieurs fonctions cellulaires. La transmission de ces signaux stimule l'expression génétique bactérienne, en particulier pour moduler la virulence (4). Le processus biologique qui permet aux bactéries d'une même espèce de moduler l'expression de ses gènes en fonction de leur densité est le « Quorum Sensing » (3, 18), système mis à l'oeuvre également dans le processus de la résistance aux antibiotiques. Les bactéries sont dès lors porteuses d'une information à point de départ nutritionnelle qui va moduler l'information génétique de l'hôte. Nous nous attacherons à partir des données en notre connaissance, à évaluer comment et pourquoi la relation symbiotique (ou non) nous conduit à reconsidérer certains concepts de la philosophie de la biologie. Notre réflexion s'étendra à reconnaitre à la relation symbiotique un sens ontologique. Nous verrons que cette portée « ontologique » est plus avant une « apportée » ontologique. Nous adoptons pleinement les propos de Françoise Héritier (12): «  Je ne suis pas isolément mon statut, mes opinions, mes croyances ou les partitions et les rôles que j'ai exercés ». Ne serions-nous pas tout ce que nous avons intégré au décours de notre existence dans un mécanisme de symbiose émotionnelle, indispensable à l'évolution de l'être humain? N'est-ce pas dans l'ouverture aux vibrations de ceux et ce qui nous entourent, forme de mise en symbiose avec notre environnement, que la vie peut circuler, que le vivant peut s'exprimer? Dans une seconde partie, nous nous interrogerons sur la place du microbiote dans le domaine de la thérapeutique. Pour aborder la question nous proposons une approche expérimentale. Nous espérons pouvoir réaliser une série d'études dont l'objectif est de vérifier un raisonnement hypothético-déductif qui expliquerait le mode d'action du médicament homéopathique. Ce raisonnement se fonde sur 3 constats: - On observe une certaine efficacité du médicament homéopathique. Son efficacité, c'est le retour que nous font les milliers de patients qui se soignent en ayant recours à l'homéopathie, partout dans le monde et plus particulièrement en France comme l'attestent de nombreuses études (Epi 3 (6, 7) sondages, …). Les dilutions homéopathiques interrogent profondément le sens cartésien. Sur l'ensemble des études réalisées, on peut faire les constats suivants : Une grande variabilité de la réponse thérapeutique inter et intra individus. Des difficultés à obtenir des résultats positifs dans tous les types d'études: sur milieu cellulaire, chez l'animal et dans les essais cliniques humains. Des difficultés de reproductibilité des études positives. Nous utiliserons le schéma « normologico-déductif » de Hempel et Oppenheim (11) qui distinguent l'explanandum: énoncé décrivant le phénomène à expliquer et l'explanans: étape suivante qui est «la classe d'énoncés convoquées pour expliquer le phénomène ». L'explanandum serait ici: Quel est le mécanisme d'action thérapeutique des médicaments homéopathiques et la part de la relation symbiotique dans celui-ci? L'explanans serait d'une part l'absence de pharmacocinétique. : on fait fondre les granules dans la bouche et…on observe ou pas, un effet thérapeutique à plus ou moins long terme. D'autre part, du fait des doses infinitésimales du principe actif contenu dans le médicament homéopathique, l'action thérapeutique ne peut se situer ailleurs que dans la bouche: la bouche est donc le lieu que nous retenons de l'action du médicament. L'hypothèse que nous faisons dérive de l'idée que l'action thérapeutique passerait nécessairement par la relation symbiotique: le médicament homéopathique interagirait non pas directement avec les cellules de l'organisme mais avec et via les bactéries contenues dans la bouche (ou autres voie d'entrée). Le médicament homéopathique exerce son action thérapeutique au niveau de la bouche en interagissant avec le microbiote buccale qui communique avec notre système nerveux central (5), et notre système immunitaire, ainsi qu'avec le microbiote situé en aval. S'il est mis en évidence que la bactérie reçoit une information du médicament homéopathique, il est probable qu'elle agit comme on sait qu'elle le fait communément, c'est à dire de façon physiologique ou pathologique: elle va donc transmettre une information par les fibres du nerf vague au cerveau ou par voie immunitaire. Puis le cerveau ou le système immunitaire va réguler une réponse adaptée à la douleur, à l'anxiété, ou à d'autres symptômes. Le symptôme du patient est ainsi modulé par une auto réponse de l'organisme. Elle expliquerait pourquoi les études sont trop souvent négatives ou faiblement positives pour les essais pré cliniques sur milieu cellulaire : le médicament homéopathique n'interagit pas directement avec les cellules mais le fait par la médiation du microbiote. Nous proposerons une réflexion sur le design des études réalisées sur milieu cellulaire actuellement par les laboratoires pour tenter de démontrer l'action thérapeutique des médicaments homéopathiques. Ces études sont parfois positives. Pourtant, leur positivité ne présente aucun intérêt car ces résultats ne sont pas extrapolables à l'homme (ou les animaux ou les plantes). Prenons un exemple: Une étude positive sur des cultures de cellules cancéreuses de la prostate prouvent que les dilutions homéopathiques ont une action sur ces cellules. Dans la « vraie vie », il n'arrive jamais que des dilutions homéopathiques soient en contact direct avec des cellules cancéreuses de la prostate. Les médicaments homéopathiques sont pris le plus souvent par la bouche et les dilutions sont à ce point extrême que leurs actions s'exercent in situ. Mon hypothèse repose sur un postulat : Le médicament homéopathique agit sur son lieu d'administration. Ce postulat invalide toutes les études réalisées dans des conditions qui n'en tiennent pas compte, ce qui est le cas des études réalisées sur cultures cellulaires. A partir de ces travaux concernant la thérapeutique homéopathique en particulier, nous élargirons notre approche à la thérapeutique en général. Le microbiome joue un rôle central dans la métabolisation des composés pharmaceutiques, ce qui ouvre le champ d'une vaste domaine de recherche ayant d'importantes implications pour la santé humaine (10). On peut identifier les bactéries qui métabolisent des xénobiotiques afin de comprendre l'efficacité et la toxicité de certains composés. Les xénobiotiques peuvent modifier de façon significative l'expression des gènes. L'étude de leurs interactions avec le microbiome laisse supposer une révision complète de nos méthodes thérapeutiques (21) et le développement de traitements pharmaceutiques personnalisés. Actuellement la thérapeutique se dit « scientifique », c'est à dire fondée sur l'essai clinique randomisé. Pourtant, chercher à comprendre comment nous soignons n'est pas uniquement la chasse gardée de la Science. Cette question interroge ce que nous entendons par guérir. Actuellement, le plus souvent, notre définition du soin est liée à notre conception de la thérapeutique. Est-ce suffisant? L'effet placebo, dans cette perspective est à la fois la pierre fondatrice et d'achoppement de cette conception: En effet, la pharmacodynamie constitue le pilier de la médecine moderne: si le remède est un simulacre, alors le mal l'est aussi. Pourtant, il arrive chez certains patients qu'un placebo présenté comme un analgésique, se trouve être plus efficace qu'une injection d'analgésique(Le microbiote est l'ensemble des micro organismes bactériens, viraux et mycosique.) (2). Pourquoi ne serait-il pas acceptable que les patients sous placebo ressentent effectivement moins de douleur ? Il semble parfois que si l'on guérit via un effet placebo, notre mal soit aussitôt discrédité. Nous analyserons comment l'effet placebo constitue le socle actuel de notre acception de la thérapeutique et nous nous risquerons à conceptualiser une action thérapeutique refondée. Dans une troisième partie et suivant la logique cette nouvelle acception de l'action thérapeutique, nous interrogerons la définition de la médecine, dans le domaine clinique et celui de la santé publique. Nous verrons comment la relation symbiotique entretenue avec la monde microbiotique renouvelle les perspectives en médecine et en santé publique. Cet éclairage nouveau partira du constat d'une médecine selon nous fracturée qui sépare la matière et l'esprit, le corps et l'âme. Ce « dualisme »se déploie sur plusieurs volets de la médecine occidentale: - En clinique allopathique, le patient n'est envisagé que dans sa dimension biologique. D'un côté, la toute-puissance légitimée du paradigme mécaniste dans lequel tout est matière et le réel connaissable par sa réduction en éléments les plus simples : c'est le matérialisme moderne tout-puissant qui rejette hors des limites du rationnel tout ce qui n'est pas matériel. De l'autre, l'idéalisme abstrait, la subjectivité, les croyances. Les deux camps ont en commun le mythe tout-puissant d'un esprit coupé de toute chair, étranger à la matière, qui clamerait l'indépendance de la volonté et de la conscience. La psychanalyse est totalement coupée de la biologie, à de rares exceptions près. - Ce dualisme fonde aussi l'opposition l'holisme versus EBM (Evidence Based Medecine). La psychosomatique tente une médiation, en appréhendant l'homme dans ses différents niveaux mais elle ne s'intègre pas (encore) à nos pratiques. Quant à l'homéopathie, nous verrons comment elle s'inscrit dans l'exact négatif de l'allopathie et comment chacun des protagonistes s'empare de ces champs opposés pour justifier son positionnement et sa pratique. Il nous semble intéressant de questionner cette dialectique conceptuelle, sur ce qu'elle dit de notre société, des individus qui la composent et de leurs « maladies ». Nous étudierons la position de « l'état pathologique » dans ce schéma et alimenterons dans ce travail les propos de Karl Jaspers qui écrivait que « la médecine moderne est un symptôme de la maladie de notre civilisation » (19). Nous verrons comment la relation symbiotique peut être considérée comme le mode opératoire d'une médiation entre les termes, illustrant une nouvelle fois que le vivant est forcément combinatoire, réseau (1) et communication. Puis dans une quatrième partie, nous allons tenter de thématiser le passage, crucial entre le domaine biologique et le domaine social ; En posant un postulat évolutionniste de continuité entre le naturel et le social-historique, nous chercherons à comprendre les enjeux sociaux et politiques de notre dé-connexion/re-connexion au biologique. L'homme est biologiquement calé dans la logique évolutive du vivant. Ce qu'il produit, dans le domaine de l'organisation des vies, des sociétés, des théories politiques en général, ne peut se légitimer que par un enracinement dans une certaine conception de la vie, du vivant et de l'évolution. Dans le domaine de la vie, l'enfant commence en général sa vie en symbiose avec son environnement proche, ses parents, son lieu de vie. Cet environnement est constitutif de son moi: nous rapprocherons le lien entre son moi « poreux » et son environnement proche à un lien de nature symbiotique. Dans son livre « Il faut s'adapter, Sur un nouvel impératif politique », Barbara Spiegler(20) analyse comment le néolibéralisme, pensée politique structurée dans les années 1930 (Walter Lippmann, journaliste et essayiste américain dévoilera sa théorie politique au cours du colloque de 1938) s'articule à partir de la théorie de l'évolution des espèces. Au-delà de cette analyse du néolibéralisme, Barbara Spiegler nous montre comment l'articulation de l'organisation de nos sociétés avec la biologie constitue l'élément causal et le principe explicatif de nos sociétés. Nous intégrerons aussi dans ce travail les travaux d'Hartmut Rosa (15), représentant de la nouvelle Théorie Critique issue de ce qu'on appelle « l'Ecole de Francfort ». Il propose de relire l'histoire moderne à l'aune du concept d'accélération sociale. Ce concept intègre trois dimensions : l'innovation technique, le changement social, et le « rythme de vie » (notion reprise à Simmel (17)). Pourtant, ce qui n'est pas pris en considération par ces philosophes, c'est le modus operandi de l'évolution, à savoir la relation symbiotique avec un monde microbiotique qui nous lie définitivement à un environnement qu'il s'agit désormais de considérer, dans l'intérêt même de notre survie. Ce mode opératoire nous oblige, davantage et plus profondément que le darwinisme à refonder le vivant et son évolution. Au prisme du concept symbiotique, nous tenterons une relecture de la modernité, nous questionnerons le « comment faire société », en identifiant tout le potentiel de cette nouvelle donne, dont l'enjeu majeur est la réadaptation de l'espèce humaine à son nouvel environnement, complexe et changeant, entre flux et stase. Bibliographie 1- Baptiste E, Tous entrelacés! Des gènes aux super-organismes: les réseaux de l'évolution. Belin. mars 2018 2- Benedetti F, et al., Open versus hidden medical treatments: the patient's knowledge about a therapy affects the therapy outcome. , Prevention & Treatment, Volume 6 article 1, 2003. 3- Bottomley MJ, Muraglia E, Bazzo R, Carfi A, Molecular insights into quorum sensing in the human pathogen Pseudomonas aeruginosa from the structure of the virulence regulator LasR bound to its autoinducer. J Biol Chem. 2007 May 4; 282(18) p. 13592-600. Epub 2007 Mar 2015 4- Bruna C, Lustri, Vanessa Sperandio, Cristiano G. Moreira; Bacterial Chat: Intestinal Metabolites and Signals in Host-Microbiota-Pathogen Interactions . Infect Immun 85:e00476-17. Sept 2017 5- Caspani G, Swann J, Small talk: microbial metabolites involved in the signaling from microbiota to brain; Current Opinion in Pharmacology, October 2019, p. 99-106 6- Danno K, Cognet-Dementhon B, Thevenard G, Duru G, Allaert FA, Bordet MF. Effectiveness of homeopathic medicine associated with allopathic medicine in the outpatient management of influenza-like illnesses or ear, nose, and throat disorders by pharmacists.J Manag Care Pharm. 2013 Oct;19(8) p.631-41 7- Danno K, Joubert C, Duru G, Vetel JM.Physician practicing preferences for conventional or homeopathic medicines in elderly subjects with musculoskeletal disorders in the EPI3-MSD cohort. Clin Epidemiol. 2014 Sep 26;6 p.333-41 8- Doré J, Ehrlich SD, MetaHIT Consortium, An integrated catalog of reference genes in the human gut microbiome. MetaHIT Consortium. Nat Biotechnol. 2014 Aug;32(8) p.834-41. doi: 10.1038/nbt.2942. Epub 2014 Jul 6 9- Frank AB; Über die biologischen Verhältnisse des Thallus einiger Krustenflechten, Beiträge zur Biologie der Pflanzen, II, 1877, p.  123-200 10- Haiser HJ, Turnbaugh PJ. Is it time for a metagenomic basis of therapeutics? Science 2012 ; 336 : 1253–1255 11-Hempel Carl G, Oppenheim P. , Studies in the Logic of explanation, Philosophy of Science, XV 1948, 137 12-Héritier F, La révolution est en marche, Irréversiblement. Tous debout! Denis Lafay La tribune; RH Editions-2014 13-Mahler M, Psychose infantile : symbiose humaine et individuation, Paris, Payot & Rivages, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2001,1re éd. 1973 14-Perru O, Qu'est-ce que la symbiose ?, Revue des questions scientifiques, 1997, 168(2), p. 113-136. 15-Rosa H, Accélération. Une critique sociale du temps, Paris, La Découverte, coll. « Sciences humaines et sociales », 2013, p. 486  16-Selosse MA; Jamais seul Ces microbes qui construisent les plantes, les animaux et le civilisations; Actes Sud, juin 2017 17-Simmel G, Les grandes villes et la vie de l'esprit. Suivi de "Sociologie des sens", Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2013, p.107 18-Slamti L, Perchat S, Huillet E, Lereclus D Toxins (Basel). Quorum sensing in Bacillus thuringiensis is required for completion of a full infectious cycle in the insect. 2014 Jul 31;6(8) p. 2239-55 19- de Souza A, Médecine et Santé: au delà du conformisme une nouvelle alliance, 1997 20-Spiegler B, « Il faut s'adapter » Sur un nouvel impératif politique; Gallimard; janv 2019 21-Vétizou M, Daillère R, Zitvogel L, The role of intestinal microbiota in the response to anti-tumor therapies Le microbiote : cet inconnu qui réside en nous; Med Sci (Paris) Volume 32, Number 11, Novembre 2016 p. 974 - 982

  • Titre traduit

    Symbiotic Interactions and the Living : Biological and Social Lifestyle


  • Résumé

    This thesis proposes to study how the symbiotic relationship traces the history of the Living, its Evolution and bases its functioning. At first, defining the concept of symbiosis (9, 13, 14) will lead us to the unfolding of its evolution as well as its different contemporary meanings according to the field of its use. We propose to start from biological data to base a philosophical reflection on the status of the symbiotic relationship. In this respect, the microbiota will serve as a model. The emergence of the microbiota in the biological, medical, zoological, and botanical spheres follows an exponential curve : If the founding works date from the XIXth , it is only in the second half of the 20th century and especially in the last twenty years that this microbiotic world will be revealed, thanks to the metagenomic works (8). Logically, the field of philosophy in turn takes hold of it. The study of the functioning of the microbiotic world and its consubstantial involvement in the depths of metazoa renew our vision of life as never before. We will not limit our approach to bacteria : we will include in this work fungi (16) and viruses, even if the studies concerning them are much less numerous. Similarly, the living includes the plant world with animals including man, of course. This work will take into consideration the symbiosis that constitutes the most positive mutual interaction. But as a matter of understanding, we will not to exclude from our field the recruited symbiosis that help to parasite, kill or compete with other organisms, as well as destructive, pathological cellular interactions. Our work will be based on sufficiently detailed scientific evidence to prove that our proposals are not speculative and are based on scientifically proven facts. Yet, besides the «scientific» aspect of this thesis, we leave a claimed part to the intuition, to the subjectivity of the living at all levels: the organism, the species, the global society, but also, in the other direction, to the cell and even the molecule. In the first part, we will describe the microbiota's modus operandi : the symbiotic relationship. Its involvement is found in fields as diverse and varied as metabolism, homeostasis, growth, development, heredity, evolution and communication. Intestinal bacteriae communicate together and with host cells using microbiota metabolites and chemical signalling to regulate several cellular functions. The transmission of these signals stimulates bacterial gene expression, in particular to modulate virulence (4). The biological process that allows bacteria of the same species to modulate the expression of their genes according to their density is “Quorum Sensing” (3, 18), system also implemented in the process of antibiotic resistance. Bacteria are therefore carriers of nutritional starting point information that will modulate the genetic information of the host. We will use the data to assess how and why the symbiotic relationship (or not) leads us to reconsider certain concepts of the philosophy of biology. Our reflection will extend to recognize to the symbiotic relationship an ontological meaning. We will see that this "ontological" scope is an "ontological input". We fully adopt the words of Françoise Héritier (12): “I am not only my status, my opinions, my beliefs or the scores and the roles I have played”. Would we not be all that we have integrated into the outcome of our existence in a mechanism of emotional symbiosis, indispensable to the evolution of the human being? Isn't it in the openness to the vibrations of those and what surrounds us, a form of symbiosis with our environment, that life can circulate, that the Living can express itself? In a second part, we will examine the role of the microbiota in the field of therapeutics. To address this issue we propose an experimental approach. We hope to be able to carry out a series of studies whose objective is to test a hypothetico-deductive reasoning that would explain the mode of action of the homeopathic medicine. This reasoning is based on three observations: - There is some efficacy of the homeopathic medicine. Its effectiveness is the feedback we get from the thousands of patients who are taking care of themselves by using homeopathy, all over the World and especially in France, as many studies have shown (Epi 3 (6, 7) surveys, etc.). - Homeopathic dilutions deeply question the Cartesian sense. - The following findings can be drawn from all the studies carried out: • Great variability in the therapeutic response between and within individuals. • Difficulties in obtaining positive results in all types of studies: cellular, animal and human clinical trials. • Difficulties in reproducing positive studies. We will use the «normologico-deductive» scheme of Hempel and Oppenheim (11) which distinguish explanandum : statement describing the phenomenon to be explained and explanans : next step that is “the class of statements summoned to explain the phenomenon”. The explanandum would be here: « What is the mechanism of therapeutic action of homeopathic medicines and the part of the symbiotic relationship in it? » The explanans would be: • On one hand « the absence of pharmacokinetics » : You melt the granules in the mouth and, you may or may not see a therapeutic effect. • On the other hand, because of the infinitesimal doses of the active ingredient contained in the homeopathic medicine, the therapeutic action can only be located elsewhere than in the mouth : the mouth is therefore the place we retain from the action of the medicine. Our hypothesis derives from the idea that therapeutic action would necessarily pass through the symbiotic relationship: the homeopathic medicine would interact not directly with the cells of the body but with and via the bacteria contained in the mouth (or other pathways). If the homeopathic medicine is taken nasal or topical application, the therapeutic action takes place in situ. We will take the example of administration per os by keeping the mechanism of action valid for all routes of administration. The homeopathic medicine exerts its therapeutic action in the mouth by interacting with the oral microbiota that communicates with our central nervous system (5), and our immune system, as well as with the microbiota downstream. It works on an existing symbiosis and by a symbiotic relationship. If it is shown that the bacteriae receives information from the homeopathic medicine, it is likely that it acts as it is known to do commonly , that is, physiologically or pathologically : So it will transmit information mainly through the fibers of the vagus nerve and other nerves to the brain or through the immune system. Then the brain or immune system will regulate a response adapted to pain, anxiety, or other symptoms. The patient's symptoms is thus modulated by an organism's own response. It would explain why the studies are too often negative or weakly positive for pre-clinical cell trials: the homeopathic medicine does not interact directly with the cells but does so through the mediation of the microbiota. We will propose a reflection on the design of the studies carried out on cell environment currently by the laboratories when attempting to demonstrate the therapeutic action of homeopathic medicines. These studies are sometimes positive. However, their positivity is of no interest because these results are not relevent to man (or animals or plants). Take an example: A positive study on cultures of prostate cancer cells, shows that homeopathic dilutions have an effect on these cells. In “real life”, homeopathic dilutions never come into direct contact with prostate cancer cells. Homeopathic medicines are most often taken by mouth and dilutions are so extreme that their actions are carried out in situ. My hypothesis is that the homeopathic medicine acts in situ, on its administration location. This assumption invalidates all studies carried out under conditions which do not take this data into account, as the studies carried out on cell cultures. Based on this work about homeopathic therapeutics in particular, we will extend our approach to therapeutics in general. The microbiome plays a central role in the metabolization of pharmaceutical compounds, which opens up a broad field of research with important implications for human health (10). Bacteria that metabolize xenobiotics can be identified to understand the efficacy and toxicity of certain compounds. Xenobiotics can significantly alter gene expression. The study of their interactions with the microbiome suggests a complete revision of our therapeutic methods (21) and the development of personalized pharmaceutical treatments. Currently, the therapeutic is called “scientific”, as log as it is based on the randomized clinical trial. However, trying to understand how we treat patients is not just the preserve of Science. The question is what we mean by healing. Right now, most often our definition of care is tied to our concept of therapy. Is that sufficient? The placebo effect, in this perspective is both the founding and stumbling stone of this conception: Indeed, pharmacodynamics constitutes the pillar of modern medicine: if the remedy is a simulacrum, then so is the illness. However, in some patients, a placebo presented as an analgesic is found to be more effective than an injection of analgesic (2). Why would it not be acceptable for patients on placebo to actually feel less pain? It sometimes seems that if we heal with a placebo effect, our evil is immediately discredited. We will analyse how the placebo effect constitutes the current basis of our understanding of therapeutics and we will risk conceptualizing a refocused therapeutic action. In a third part and following the logic of this new interpretation of therapeutic action, we will question the definition of medicine, in the clinical and public health fields. We will see how the symbiotic relationship with the microbiotic world renews prospects in medicine and public health fields. This new light will start from the observation of a fractured medicine that separates matter and mind, body and soul. This “dualism” unfolds on several aspects of Western medicine : - In allopathic clinics, the patient is only considered in its biological dimension. On one hand, the omnipotence legitimized of the mechanistic paradigm in which everything is material and the real knowable by its reduction into the simplest elements: it is the modern and powerful materialism that rejects all that is not material beyond the limits of the rational. On the other hand, abstract idealism, subjectivity, beliefs. The two sides have in common the omnipotent myth of a spirit cut off from all flesh, alien to matter, which would claim the independence of will and consciousness. Psychoanalysis is completely cut off from biology, with rare exceptions. - This dualism constitutes the basis for the opposition of holism versus EBM (Evidence Based Medicine). The Psychosomatic approach tries a mediation, apprehending the man in his different levels. This approach is not yet integrated in our practices. As for homeopathy, we will see how it fits into the exact negative of allopathy and how each of the protagonists seizes these opposite fields to justify its positioning and its practice. It seems interesting to us to question this conceptual dialectic, what it says about our society, the individuals who compose it and their “diseases”. We will study the position of the “pathological state” in this scheme. We will analyse the words of Karl Jaspers who wrote that “modern medicine is a symptom of the disease of our civilization” (19). We will see how the symbiotic relationship can be considered as the mode of a mediation between the terms, illustrating once again that the Living is necessarily combinatorial, network (1) and communication. Then in a fourth part, we will attempt to thematize the crucial passage, between the biological and the social domains; By posing an evolutionary postulate of continuity between the natural and the social-historical, we will try to understand the social and political issues of our de-connection/re-connection to biological field. Man is biologically calibrated in the evolutionary logic of life. What he produces, in the field of the organization of lives, of societies, of political theories in general, can be legitimized only by a rootedness in a certain conception of Life, of Living and of Evolution. In the field of Life, the child generally begins his life in symbiosis with his close environment, his parents, his life location. This environment is constitutive of his self : we will bring the link between his «porous» self and his close environment that could be considered as a symbiotic relationship. In her book «On a New Political Imperative», Barbara Spiegler(20) analyses how neoliberalism, a political thought structured in the 1930s (American journalist and essayist Walter Lippmann will unveil his political theory during the 1938 colloquium) is based on the theory of the Evolution of Species. Beyond this analysis of neoliberalism, Barbara Spiegler shows us how the articulation of our societies organization with biology constitutes the causal element and the explanatory principle of our societies. We will also include in this work the book of Hartmut Rosa (15), representative of the new Critical Theory resulting from what is called «the Frankfurt School». It proposes to re-read Modern History in the light of the concept of social acceleration. This concept integrates three dimensions: technical innovation, social change, and “rhythm of life” (Simmel concept (17)). However, what is not taken into consideration by these philosophers is the modus operandi of evolution, that is, the symbiotic relationship with a microbiotic world that definitively binds us to an environment that we must now consider, in the very interest of our survival. This mode of operation forces us, more and more profoundly than Darwinism, to rebuild the Living and its evolution. In the prism of the symbiotic concept, we will attempt a re-reading of Modernity, we will question the «how to make society», identifying all the potential of this new deal, whose main challenge is the rehabilitation of the human species to its new environment, complex and changing, between flux and stasis. Bibliographie 1- Baptiste E, Tous entrelacés! Des gènes aux super-organismes: les réseaux de l'évolution. Belin. mars 2018 2- Benedetti F, et al., Open versus hidden medical treatments: the patient's knowledge about a therapy affects the therapy outcome. , Prevention & Treatment, Volume 6 article 1, 2003. 3- Bottomley MJ, Muraglia E, Bazzo R, Carfi A, Molecular insights into quorum sensing in the human pathogen Pseudomonas aeruginosa from the structure of the virulence regulator LasR bound to its autoinducer. J Biol Chem. 2007 May 4; 282(18) p. 13592-600. Epub 2007 Mar 2015 4- Bruna C, Lustri, Vanessa Sperandio, Cristiano G. Moreira; Bacterial Chat: Intestinal Metabolites and Signals in Host-Microbiota-Pathogen Interactions . Infect Immun 85:e00476-17. Sept 2017 5- Caspani G, Swann J, Small talk: microbial metabolites involved in the signaling from microbiota to brain; Current Opinion in Pharmacology, October 2019, p. 99-106 6- Danno K, Cognet-Dementhon B, Thevenard G, Duru G, Allaert FA, Bordet MF. 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