Gouverner une grande ville française sous l'Occupation : bordeaux, Vichy et les Allemands (1940-1944)

par Philippe Souleau

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Christophe Lastecoueres.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (equipe de recherche) depuis le 28-11-2017 .


  • Résumé

    La gouvernance des grandes villes françaises de zone occupée mobilise principalement trois acteurs entre 1940 et 1944 : l’occupant allemand (essentiellement le MBF et la Sipo-SD), l’administration préfectorale (qui devient régionale à compter de la loi du 19 avril 1941) et les autorités municipales. Chacun cherche à assurer le contrôle du territoire et de la population : par le maintien de l’ordre et de la sécurité pour les premiers ; par l’élimination des boucs émissaires désignés par le régime et la diffusion de l’ordre nouveau pour les deuxièmes, directement subordonnés à l’État central ; par la gestion du quotidien pour les troisièmes, désormais étroitement surveillés par le préfet depuis la loi du 16 novembre 1940. Deuxième ville de zone occupée, nœud de communication situé à proximité de l’Espagne et de la ligne de démarcation, centre économique de premier plan, Bordeaux joue un rôle essentiel dans l’effort de guerre allemand. Elle constitue à cet égard un terrain d’observation privilégié pour analyser les relations entre les trois acteurs qui dominent la ville d’autant que le pouvoir est exercé par des figures de premier plan, à commencer par l’officier SS Hagen, le haut fonctionnaire Maurice Sabatier ou le maire Adrien Marquet. Appelée à devenir un des nouveaux chantiers de l’histoire de l’Occupation et du régime de Vichy, l’analyse comparée du fonctionnement des pouvoirs locaux pose de nombreuses questions. Comment s’organise structurellement l’occupation allemande à Bordeaux ? De quels relais politiques dispose-t-elle dans la Cité ? Quelles sont les pratiques de l’appareil préfectoral bordelais ? De quelle marge de manœuvre dispose-t-il vis-à-vis de l’occupant ? Comment se traduit la collaboration administrative et policière ? La suppression de la démocratie locale provoque-t-elle une recomposition du système édilitaire ? Comment s’adaptent les réseaux de sociabilité tissés par les notables.

  • Titre traduit

    Governing a big French city under German Occupation : bordeaux, Vichy and the Germans (1940-1944)


  • Résumé

    The governance of big French cities in occupied zones mobilizes mainly three participants between 1940 and 1944: the German occupant (essentially the MBF and the Sipo-SD), the prefectural administration (which becomes regional as from the law of April 19th, 1941) and the city authorities. Each tries to ensure the control of the territory and the population : by the maintenance of law and order for the first ones, in the name ; by the elimination of scapegoats indicated by the regime and the dissemination of the new order for the second, directly subordinated to the local authorities ; by the management of the everyday life for the third, from here on closely watched by the head of police since the law of November 16th, 1940. The second city of the occupied zone, at the heart of communication situated near Spain and near the demarcation line, a leading economic centre, Bordeaux plays an essential role in the German war effort. The city becomes in this respect a favoured place of observation to analyse the relations between three participants who dominate the city especially as the power is exercised by leading figures such as the officer SS Hagen, the senior civil servant Maurice Sabatier or Town Mayor Adrien Marquet. Set to become one of the new test sites of the history of the occupation of the Vichy regime, the comparative analysis of the workings of the local powers raises numerous questions. How is the German occupation organized structurally in Bordeaux? What political relays do the occupants have in the City? How does the prefecture work in Bordeaux? What amount of manoeuvring is possible in relation to the occupant? What can be said of the administrative and police collaboration? Does the abolition of local democracy cause a reorganization of the way candidates are proposed? How do the local notables networks adapt to the new situation ?