Réécritures contiques : de l'intertextualité à l'interculturalité

par Bochra Charnay (Ben Hassen)

Thèse de doctorat en Etudes littéraires françaises

Sous la direction de Francis Marcoin.

Thèses en préparation à l'Artois , dans le cadre de Ecole doctorale Sciences de l'Homme et de la Société (N°473) depuis le 17-12-2008 .


  • Résumé

    L’étude porte sur les réécritures contiques qui se réalisent dans le cadre d’un dialogisme intertextuel et interculturel évident. Elle concerne un corpus en deux volets appartenant à deux aires culturelles et géographiques différentes : l’Occident et le Maghreb. Il s’agit de rendre compte de la polyphonie inhérente à la reconfiguration du conte dans son passage de l’oral à l’écrit ou de l’écrit à un autre écrit marqué par l’altérité, mais toujours reconnaissable. Cela nécessite d’abord de cerner l’objet protéiforme et mouvant sur lequel porte l’analyse, d’identifier ensuite les processus scripturaires propres à chaque « réécrivain » mettant en jeu les stratégies de « captation » ou de « subversion », les procédés d’atténuation ou d’amplification, voire de « surécriture » à l’œuvre dans leurs textes. Cette prospection met en place une typologie des réécritures fondée sur des choix idéologiques et esthétiques des auteurs considérés, mais aussi sur l’écart par rapport au texte source. François-Marie Luzel et sa méthode de collectage et de réécriture du conte oral breton fait écho à Paul Sébillot, aux frères Grimm et, paradoxalement, à Charles Deulin dont la démarche inverse crée de toute pièces un conte condéen. Henri Pourrat et son esthétique valorisant le conte auvergnat appelle à la comparaison avec Perrault et Mme d’Aulnoy. Enfin, les contes patrimoniaux de Perrault et Grimm transférés vers le Maghreb sont reconfigurés selon de nouvelles normes pour être en conformité avec les bienséances locales et l’univers de l’enfant maghrébin. Ce cheminement à travers une multitude d’intertextes révèle un trait définitoire du genre : sa poétique.


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