Étude des interactions entre le système métacognitif et le système affectif/émotionnel chez une population adulte déficiente intellectuelle

par Suzanne Igier

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Valérie Pennequin.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Humanités et Langues - H&L , en partenariat avec Pennequin (laboratoire) depuis le 29-11-2018 .


  • Résumé

    La déficience intellectuelle n'est plus aujourd'hui vue comme l'unique conséquence d'un trouble du développement mais également modulée par l'environnement social et émotionnel. Elle est désormais étudiée à travers des approches multidimensionnelles permettant à l'individu d'être évalué dans sa globalité à partir de critères qui reposent à la fois sur son fonctionnement intellectuel et sur son fonctionnement adaptatif (Nihira et al. 1993, Maurice et al. 1993, Bruininks 1996, Luckasson et al. 2002). A ce titre, la sémantique autour du terme de déficience intellectuelle tendrait à se moduler en inefficience intellectuelle en suggérant une « inhibition fonctionnelle et donc à sa possible levée » (Lelièvre 2005). Ainsi la déficience intellectuelle apparaît comme modulable, capable de structuration progressive et dynamique (Misés, 1971) et non plus statique. De précédentes recherches (Stein, Sisser 1974, Wood 1975, Fougeyrolllas 1998, Bussy et al 2016) ont montré qu'il existe une possibilité, sinon curative mais adaptative des apprentissages, augmentant ainsi les capacités cognitives des personnes présentant une déficience intellectuelle.Il apparaît également qu'en dépit des déficits, des apprentissages peuvent s'avérer possibles, notamment à travers les travaux de Demetriou et Kasi (2001) issus du modèle de Flavell (1987), par la métacognition. L'étude de Moreno & Saldana (2005) est, à notre connaissance, l'une des seules portant sur l'entraînement de la métacognition chez les personnes adultes déficientes intellectuelles sévères, sans toutefois s'attarder sur une optique vie entière. Par ailleurs, les approches holistiques, qui considèrent que l'on ne peut aider l'individu à s'épanouir qu'en tenant compte de son ensemble (inclusion, développement personnel...) argumentent de l'importance de la valorisation de la sollicitation, notamment dans les actes de la vie quotidienne (Salbreux 1988, 1996, 2000b). Dans le cadre de cette définition multidimensionnelle et dynamique de la déficiente intellectuelle, ce projet de thèse s'appuie sur deux modèles psychologiques: * Le modèle de Baltes (1987), modèle dynamique de développement vie-entière qui identifie des facteurs d'influence du développement tout au long de la vie. Ce modèle montre que l'âge adulte est source de changements à partir de trois processus que sont la sélection, l'optimisation et la compensation. En effet, pour être adapté lors du développement adulte, la personne doit sélectionner les activités dans lesquelles elle est la plus performante, optimiser ses performances dans ces domaines et compenser d'éventuels déficits. * Le second modèle BACEIS (Behaviorisme, Attitudes, Cognition and the Environment as Interacting Systems) d'Hartman et Sternberg(1993) met en avant les interactions entre la cognition, la métacognition et les affects lors d'un apprentissage.Ce modèle distingue deux supersystèmes: Le premier (dit interne) comprend lui-même 2 systèmes: l'un dit cognitif (il sous-tend les apprentissages), composé de la cognition (acquisition et traitement de l'information) et de la métacognition (gestion exécutive et connaissances stratégiques). L'autre système, dit affectif, est composé de la motivation et de l'auto-régulation affective. Le second supersystème (dit externe) concerne le contexte environnemental (scolaire ou non). Ce projet de thèse se propose d'étudier les interactions entre le système métacognitif et le système affectif/émotionnel chez une population adulte déficiente intellectuelle. Ce projet sera développemental et s'attachera à étudier les processus de sélection, optimisation et compensation chez cette population tout au long de l'âge adulte. Plus particulièrement, nous réaliserons des séances d'entraînement afin d'optimiser les performances cognitives dans le cadre de la résolution de problèmes quotidiens. Dans une première partie de thèse, nous chercherons à identifier quels sont les facteurs métacognitifs et émotionnels ayant le plus de poids explicatif sur la performance cognitive chez des adultes déficients intellectuels de différents âges. Les participants déficients intellectuels passeront des tâches liées aux différentes composantes métacognitives ainsi qu'aux différentes composantes émotionnelles. Des analyses corrélationnelles (régressions multiples) permettront d'identifier les poids relatifs de chacun des facteurs sur l'explication de la performance de résolution de problèmes quotidiens. En fonction des résultats de cette première recherche, dans une seconde partie de thèse, nous évaluerons les effets d'un entraînement métacognitif et/ou de régulation émotionnelle sur la résolution de problèmes quotidiens chez des adultes déficients intellectuels modérés et sévères. Il s'agira d'évaluer par analyses de variance si les entraînements métacognitif et/ou émotionnel permettent d'optimiser la performance cognitive et s'ils sont variables en fonction de la sévérité de la déficience intellectuelle. En complément, il sera étudié si les effets observés sont durables (post -tests à 3 mois et à 6 mois), et, si tel est le cas, nous nous proposons de réfléchir à de possibles applications de ces entrainements dans le quotidien des personnes déficientes intellectuelles.

  • Titre traduit

    Study of interactions between the metacognitive system and the emotional system in an intellectual deficient adult population


  • Pas de résumé disponible.