Impact des transferts de fonds des migrants sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté

par Abderrahim Saidane

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Jean-Louis Caccomo.

Thèses en préparation à Perpignan , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED (Perpignan) , en partenariat avec Centre de recherche sur les Sociétés et Environnements en Méditerranée (laboratoire) depuis le 10-09-2015 .


  • Résumé

    Impact des transferts de fonds des migrants sur la croissance économique et la réduction de la pauvreté Les transferts de fonds effectués par les migrants vers leur pays d'origine constituent une manne financière considérable et un soutien financier crucial qui contribue dans les revenus des familles récipiendaires. Ainsi, ils représentent l'élément le plus tangible de la relation entre la migration et le développement. Ces transferts ne sont pas considérés uniquement comme des transferts financiers, mais aussi comme des transferts sociaux. Selon les estimations et les prévisions révisées et publiées par la Banque Mondiale en 2014, les transferts de fonds envoyés vers les pays en développement devraient connaître une croissance de 6,3 % cette année, et atteindre 414 milliards de dollars. Ainsi, ils devraient dépasser la barre de 500 milliards de dollars et atteindre 550 milliards de dollars à l'horizon 2016. En effet, toutes les estimations de la Banque Mondiale et du FMI indiquent que les transferts de fonds ont une grande importance. A titre illustratif, ils représentaient la moitié du PIB du Tadjikistan en 2013, et au Bangladesh, ils constituent une source de financement importante pour lutter contre la pauvreté. Ainsi, en volume, l'Inde est le premier pays bénéficiaire des transferts de fonds avec 71 milliards de dollars en 2013. En plus de leur croissance progressive dans les quatre coins du monde, les transferts de fonds ont bien résisté à la crise économique et financière devant la première source de financement externe représentée par les flux de capitaux privés FDI. Selon le Recueil des statistiques de 2011 de la Banque Mondiale sur les transferts de fonds et la migration, les transferts de fonds ont joué un rôle très important pendant la crise en constituant un filet de sécurité pour les pays pauvres face à l'effondrement des flux de capitaux privés. Selon le Factbook (2011), les premiers pays de destination des migrants sont les États-Unis, la Russie, l'Allemagne, l'Arabie Saoudite et le Canada. En outre, les frontières entre le Mexique et les États-Unis ont été le plus important couloir migratoire du monde en 2013 suivis des couloires Russie–Ukraine, Ukraine–Russie et Bangladesh–Inde. Toutefois, les montants des transferts en volume entre les pays mentionnés ci-dessus concernent uniquement les transferts financiers formels effectués par les migrants. Ainsi, les institutions internationales estiment que les flux des transferts pourraient être plus élevés, dans une mesure pouvant aller jusqu'à 50 pour cent, si les montants envoyés par des canaux informels étaient comptabilisés. En plus de ces difficultés de comptabilisation des transferts, il y a certains pays qui ne déclarent même pas les transferts formels dans leur balance des paiements, ce qui a rendu essentiel de réaliser des enquêtes auprès des ménages expéditeurs et récipiendaires afin d'obtenir des chiffres fiables sur les transferts formels (Banque Mondiale, 2010). Les transferts de fonds des migrants sont qualifiés d'avoir des impacts macroéconomiques importants sur les économies des pays récipiendaires, vue leur propension du PIB et les caractéristiques qu'ils ont, comme la régularité et la stabilité. Ils devront certainement jouer un rôle très important pour le développement économique. Ainsi, les transferts de fonds viennent en deuxième place après les flux de capitaux privés FDI, et ils sont plus grands que les flux de capitaux privés non IDE et les flux de l'aide publique respectivement depuis 1998, en plus ils sont plus constants que les autres flux de la balance des paiements. En effet, les transferts de fonds ne cessent de croitre et représentent actuellement, le second poste des flux de la balance des paiements des pays récipiendaires. En plus, leur stabilité relative par rapport aux autres flux peut fournir des avantages macroéconomiques supplémentaires, en matière de diminution de la volatilité de la production et de la consommation. Les transferts de fonds représentent en volume trois fois les flux de l'aide publique, et dépassent le montant de la dette privée et les flux de portefeuille d'actions des pays récipiendaires. Les utilisations des transferts de fonds peuvent se traduire soit comme consommation courante ou comme accumulation d'actifs. Ces deux utilisations des transferts privés ont des impacts économiques différents, et ils prennent aussi une place importante dans la littérature des transferts de fonds. Plusieurs travaux ont abordé la question de l'utilisation finale des transferts de fonds. Ainsi, dans leurs études Oberai et Singh (1980), Durand (1996). Gilani, Khan et Iqbal (1981) montrent que la majorité des fonds versés par des migrants vers les familles de leur pays d'origine sont dépensés sur la consommation, et le reste est dépensé sur l'investissement. Les transferts de fonds des migrants ont pour objet, l'amélioration de bien-être de la famille du migrant, C'est-à-dire soutenir la consommation et/ou augmenter la richesse de la famille. En effet, les utilisations finales des transferts de fonds sont considérées comme des transferts compensatoires, c'est-à-dire leur but est de compenser les mauvaises conditions associées à des niveaux de consommation déprimée, et/ou de compenser les mauvaises conditions économiques par l'investissement en capital productif, car l'allocation des transferts de fonds dépend de l'ensemble des besoins et des opportunités disponibles de chaque famille. Les études théoriques et empiriques des déterminants des transferts de fonds décrivent une interaction complexe entre les migrants et les membres de familles qui ne s'inscrivent pas dans une théorie unique. Ainsi, ils influencent la politique économique de l'Etat en modifiant les décisions et stratégies d'investissement, d'épargne, de dépenses et de crédits, car les transferts privés peuvent également soutenir la dette de l'Etat en rassurant le remboursement de ces dettes ou bien d'être la source pour se financer et en réduisant à la fois ainsi le risque de défaut du pays. En plus de cet impact, les transferts de fonds peuvent également contribuer à l'atténuation de la pauvreté de manière directe et indirecte. Ces dernières années, le G20 a mis des règles qui doivent inciter les émigrants à passer par les canaux formels (système bancaire) pour réaliser les transferts de fonds vers leurs familles d'origine, afin d'éviter les canaux informels qui rendent le calcul des fonds transférés impossible, et de pouvoir contrôler les transferts de blanchiment d'argent et le financement du terrorisme. Ainsi, la communauté de la migration internationale élabore actuellement un plan de développement, afin de faciliter la migration des ménages pauvres, vu que ceux-ci n'ont pas les moyens financiers nécessaire pour payer les coûts de la migration, ces coûts sont souvent chers. Les études qui abordent le sujet de migration, pauvreté et des transferts de fonds effectués par les émigrants, s'intéressent aux causes qui amènent les ménages à émigrer. Cependant, le trait le plus marquant de ces travaux est la mise en perspective des conséquences et des répercussions des transferts de fonds sur l'inégalité de revenu et l'atténuation de la pauvreté des ménages non migrants dans les pays d'origine des migrants. En effet, il existe un lien indirect entre la pauvreté et l'inégalité, J. Edward Taylor : « les envois de fonds peuvent contribuer à atténuer la pauvreté (lorsqu'ils sont destinés à des ménages pauvres), mais aussi à aggraver les inégalités (si la majeure partie de ces envois est destinée à des ménages riches). Ils peuvent également atténuer les inégalités sans réduire la pauvreté (à condition d'être destinés à des ménages à revenu moyen) ». Plusieurs chercheurs ont étudié l'impact du phénomène de la migration-transferts de fonds sur la pauvreté et l'inégalité. Certains d'entre eux ont analysé l'impact de ce phénomène uniquement sur la pauvreté, et d'autres sur l'inégalité. Chaque chercheur se base sur des tests et des hypothèses spécifiques différentes, et sur un échantillon d'une région donnée qui se caractérise par des préférences des ménages et une structure économique spécifique (tous ces éléments peuvent expliquer les différences des résultats obtenus par de nombreux travaux et plusieurs études ont marqué ce domaine). Le choix de la méthode dépend non seulement des caractéristiques des données utilisées, mais aussi des hypothèses sous-jacentes de l'analyste au sujet de la relation entre la migration et les transferts de fonds, d'une part, et les variables à expliquer de l'autre part. De ce fait, il y a des approches basées sur le calcul des probabilités d'être dans la pauvreté pour les ménages qui reçoivent des fonds et les ménages qui ne reçoivent pas des fonds, afin de conclure que les ménages bénéficiaires des transferts sont moins vulnérables d'être pauvres que les ménages non bénéficiaires. En outre, il y a d'autres approches qui estiment le revenu contrefactuel des ménages bénéficiaires des transferts des migrants dans le cas où ces ménages ne reçoivent pas des fonds, afin d'évaluer la pauvreté de ces ménages s'ils ne recevaient pas des fonds. Compte tenu de ces deux formes de transferts (formels et informels), de leur croissance progressive et de leur rôle important dans l'accroissement des revenus, la réduction de la pauvreté et la contribution dans le développement, les transferts de fonds méritent une attention particulière. Une question mérite d'être posée dans le cadre de ce sujet : Quel est l'impact des remittances (transferts de fonds) sur la croissance économique et sur la réduction de la pauvreté ? Parmi les ouvrages et les articles qui analysent ce sujet, il y a : Ouvrages Département des opérations pays, Document de stratégie pays 2012-2016, Banque Africaine de Développement & Fonds Africain de Développement, Burkina Faso, 2012. 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  • Titre traduit

    Impact of migrant remittances on economic growth and poverty reduction


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