Appréhender l'Autre dans l'Empire romain : anthropologie culturelle du Barbare européen à travers les sources gréco-romaines, d'Auguste à Constantin

par Adina Velcescu

Projet de thèse en Histoire, histoire de l'art et archéologie

Sous la direction de Martin Galinier et de Eugénio Polito.

Thèses en préparation à Perpignan en cotutelle avec l'Università degli Studi di Roma Tor Vergata , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED (Perpignan) , en partenariat avec Centre de recherche sur les Sociétés et Environnements en Méditerranée (laboratoire) depuis le 01-11-2017 .


  • Résumé

    La définition du Barbare en regard des sociétés gréco-romaines est un sujet présent dans l'historiographie occidentale depuis plusieurs siècles (E. Gibbons, Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain, 1776). Dans les années 1980, le thème des invasions barbares responsables de la dislocation de l'Empire a été remplacé par une vision « intégratrice », elle-même remise en question récemment, avec l'accent mis sur les destructions attestées par l'archéologie occidentale. Au-delà de ces problématiques historiques contemporaines, se pose la question des identités culturelles et de leur perception dans l'Antiquité. Si l'on ne dispose pas de témoignages des populations considérées comme « barbares » (définition a priori : les barbares sont les populations non intégrées à la civilitas et à l'urbanitas, c'est-à-dire dépourvues du mode de « vie en cité » gréco-romain), en revanche il est possible de dessiner les caractéristiques (physiques, morales, comportementales, culturelles, etc.) des populations considérées par les Romains (à la suite des Grecs) comme non-civilisés, et aussi de suivre l'évolution de ce regard sur l'Autre : il n'est pas forcément figé, homogène, stéréotypé, puisqu'une partie de sa force tient dans la distinction des populations entre elles et dans leur romanisation progressive. Le sujet portera sur la perception des barbares européen dans l'Empire romain. Les sources utilisées seront de toutes natures (littéraires, numismatiques, épigraphiques, avec un focus sur les documents iconographiques (dont la glyptique), les monuments publics (monuments triomphaux) et privés (sarcophages de bataille), etc.) et l'approche tiendra compte des processus historiques et culturels mis en œuvre dans l'Empire (romanisation des populations et diffusion de la citoyenneté, transformation de l'espace dans les provinces, etc.). Il s'agira d'examiner, à travers l'ensemble de ces documents, la complexité des processus culturels en œuvre dans l'Empire romain, et leur évolution.

  • Titre traduit

    To apprehend the Other in the Roman Empire: cultural anthropology of the European Barbarian through Greco-Roman sources, from Augustus to Constantine


  • Résumé

    The definition of the Barbarian in relation to Greco-Roman societies has been a subject in Western historiography for several centuries (E. Gibbons, History of the Decadence and Fall of the Roman Empire, 1776). In the 1980s, the theme of the barbarian invasions responsible for the dislocation of the Empire was replaced by an 'integrating' vision, itself recently questioned, with a focus on the destruction documented by Western archeology. . Beyond these contemporary historical issues, there is the question of cultural identities and their perception in Antiquity. If we do not have evidence of the populations considered as 'barbarians' (definition a priori: the barbarians are the populations not integrated with the civilitas and urbanitas, that is to say deprived of the mode of 'life' in Greco-Roman city), on the other hand it is possible to draw the characteristics (physical, moral, behavioral, cultural, etc.) of the populations considered by the Romans (following the Greeks) as uncivilized, and also of to follow the evolution of this gaze on the Other: it is not necessarily fixed, homogeneous, stereotyped, since part of its strength lies in the distinction of the populations between them and in their progressive romanization. The subject will focus on the perception of European barbarians in the Roman Empire. The sources used will be of all kinds (literary, numismatic, epigraphic, with a focus on iconographic documents (including the glyptic), public monuments (triumphal monuments) and private (battle sarcophagi), etc.) and the approach will account of the historical and cultural processes implemented in the Empire (romanization of populations and dissemination of citizenship, transformation of space in the provinces, etc.). It will be a question of examining, through all these documents, the complexity of the cultural processes implemented in the Roman Empire, and their evolution.