Le noir dans les médias québecois. De l'objet polyphonique des discours au procès contractuel des identités

par Claver Bibang bi-nguema

Thèse de doctorat en Sciences de l'information et de la communication

Sous la direction de Guy Lochard.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Arts & médias (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Communication, information, médias (Paris) (equipe de recherche) depuis le 27-10-2008 .


  • Résumé

    Travaillée par l’histoire, façonnée par les structures idéologiques qui lui donnent une définition anthropologique particulière, souvent manichéenne, la notion de Noir est fortement connotée. Réifié par des millénaires de stéréotypes qui l’essentialisent dans une forclusion anaphorique péjorative, les réponses critiques apportées, par-delà les disciplines, ont souvent elles-mêmes répété ces procédures qui limitent l’expression du Noir dans une posture victimaire qui, par inversion, lui dénie la totalité de son humanité. Etre ainsi potentiellement extraordinaire susceptible de s’engager dans la conquête de sa liberté, le Noir, à l’instar de ses semblables, n’échappe pas à la banalité des préjugés et autres pensées dogmatiques qui justifient l’immonde réalité de la bête humaine. La présente thèse, s’appuyant sur des observations dont les enjeux effectifs sont en même temps tournés vers l’avenir, propose une démarche inaugurale qui ramène le Noir à sa réalité d’abord langagière, Etre des discours qui, depuis toujours, est surtout dit, par l’Autre certes, mais aussi par Soi-même. S’observent ainsi les métamorphoses du Noir, à l’aune des médias, en leur articulation particulière qu’est la Télévision, sous la dynamique d’une Sémiotique d’autant plus transversale, que le procès contractuel des identités, qui est aussi mise en procès des discours et des sociétés, trouve sa légitimité dans le décentrement analogique des corpus constitués, le Québec définissant le contexte effectif des analyses, tandis que la partie française est techniquement différée selon les principes d’une comparaison ainsi prospective. Les structures traditionnelles du Noir, dit dans les conforts de postures victimaires univoques qui le déculpabilisent souvent, sont alors débordées, excédées par les paradigmes prospectifs d’une méthode inattendue qui lui restitue ce qu’il n’a jamais cessé d’être : un Etre de langage, qui est aussi un Etre des discours, donc l’expression d’une communication en actes. Par quoi le Noir se transforme, d’abord objet polyphonique des discours entre 1959 et 1968, soumis à l’autorité programmatique et problématique de l’Autre – il évolue tout au long des trois décennies qui suivent vers les procédures argumentatives des énoncés où il devient semi-sujet en tentant de manipuler son semblable majoritaire qui le manipule tout autant – avant d’accéder finalement, dès le 21e siècle, au statut de sujet concret, résolument maître de procédés contractuels d’interactions verbales (et non verbales) qui, à l’aune de la télévision, mettent les identités en procès. La notion de racisme est alors déconstruite en son assertion classique, le Noir constituant l’indicateur sémiotique des états sociaux, des relations interethniques, des politiques de lutte contre les discriminations, des mutations spécifiques du langage et des identités en présence, en même temps que les procédures métamorphiques de leurs répercussions médiatiques.

  • Titre traduit

    Black in the Quebec media. Of the polyphonic object of the spechees to contractual trial of the identities


  • Résumé

    Worked by history, shaped by the ideological structures that give it a particular anthropological definition, often Manichean, the concept of Black is strongly connoted. Reified by millennia stereotype’s, which essentializing her in a pejorative anaphoric foreclosure, the answers critical provided, beyond the disciplines, have themselves often repeated these procedures that limit the expression of Black in a victimhood posture which, by inversion, him denies the all of his humanity. Being extraordinary and potentially likely to win his freedom, the Black, like other human, does not escape the banality of bias and other dogmatic thoughts that justify the filthy reality of the human beast. This thesis, based on observations whose issues are at the same time looking to the future, proposes an inaugural approach which brings the Black to its first linguistic reality, Being speeches that, always is said especially, certainly by the Other, but also by oneself. The metamorphoses of Black thus are observed, in light of the media, in their particular articulation that's Television, under the dynamic of a transverse Semiotic that the contractual trial of identities, which is also the trial of speech and society, finds its legitimacy in the analog shift of corpus constituted, the Quebec defining the actual analysis context, while the French side is technically deferred according to the principles of comparison thereby prospective. Traditional structures from black, says in the comforts of victimary postures univocally that make it not feeling often guilty, are then overwhelmed, exasperated by a prospective paradigms of a method which restores her what he has never ceased to be : a Being of language, which is also a Being of speeches, So the expression of acts communication. Whereby the Black is metamorphosed, first polyphonic object of speech between 1959 and 1968, subject to the authority programmatic and problematic of the Other - it evolves Throughout The three Decades Following towards the argumentative procedures of the statements through which it becomes semi-topic in trying to manipulate its similar from majority group which him handles as much - before finally to access, from the 21st century, at status of concrete subject, resolutely master of contract processes of verbal interaction (and nonverbal) which, in light of television, put the identities trial. The notion of racism is then deconstructed in his classic statement, the Black constituting the semiotic indicator of social states, of interethnic relations, of political of struggle against discriminations, specific mutations of language and identities in presence, at the same time as metamorphic procedures of their media impact.