Le département des Pyrénées-Orientales au cœur des manœuvres et intrigues orléanistes (1830-1848)

par Charlotte Trilha

Projet de thèse en Histoire du droit et des institutions

Sous la direction de Caroline Perche.

Thèses en préparation à Perpignan , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED , en partenariat avec Centre de recherche sur les Sociétés et Environnements en Méditerranée (laboratoire) depuis le 18-09-2017 .


  • Résumé

    Le département des Pyrénées-Orientales n'est, en 1830, ni coupé du monde, ni oublié de Paris : vivant avec passion les événements révolutionnaires, inscrit dans l'uniformisation napoléonienne, accueillant la Restauration, il n'est pas ignoré par la Monarchie de Juillet. Dès les Trois glorieuses et toutes les années suivantes, les hommes de Louis-Philippe sont implantés et la préfecture est prestement encadrée par le Ministère de l'Intérieur : elle reçoit sans cesse des directives pour contrôler au mieux cet espace qui concentre, par sa localisation frontalière et sa situation rurale, un certain nombre de dangers. Des groupes d'opposition à l'orléanisme existent en effet, qui méritent d'être observés, de connaître leur profil, leurs antécédents, leurs acteurs, leurs stratégies de contestation, les réseaux qu'ils peuvent tisser, en local, en national, mais aussi et surtout au sud de la frontière où les carlistes s'organisent. L'administration déconcentrée se voit ainsi tenue d'assurer, en plus de sa fonction administrative, une mission de surveillance forte auprès d'une population bien éloignée du profil libéral qui l'a emporté en 1830 : qu'il s'agisse des légitimistes et vieilles familles roussillonnaises acoquinées aux royalistes espagnols, des républicains émergeant trouvant soutien auprès des anarchistes ibériques, ou plus simplement, d'une société rurale subissant des mesures économiques qui multiplient la petite délinquance ou le crime de contrebande pour survivre à la misère, la préfecture et le gouvernement déploient des hommes et installent un véritable maillage administratif sur le territoire. On voit ainsi naître une nouvelle catégorie sociale au milieu des villages : hommes de bureau et hommes de l'ordre qui sortent des professions agricoles, hommes de l'Etat qui s'éloignent de la défense d'intérêts purement locaux. Une vraie mutation s'opère alors, faisant pleinement entrer le département dans le modèle social du XIXe siècle. Ces ramifications administratives, qui émanent de la déconcentration, sont plus ou moins relayées par l'administration décentralisée, et s'épanouissent dans tous les secteurs publics, participent aussi, en plus de reconfigurer le social et ses priorités, à élaborer des manœuvres de resserrement des rapports entre l'Etat et des administrés/citoyens des Pyrénées-Orientales. Jusqu'alors, ce resserrement reposait essentiellement sur des rapports de force et d'autorité et cet aspect du lien est confirmé au vu de la densité des effectifs policiers et de l'activité judiciaire à cette période dans les P.-O. Mais une nouvelle ère s'ouvre plus politicienne : pression, influence, propagande, corruption, manœuvres électorales... tout l'arsenal orléaniste, par la politisation de l'Administration et son action politique, doit faire disparaître une société potentiellement « contre l'Etat » (cf. M. Brunet) pour voir l'Etat entrer dans les communes, dans les foyers, et jusque dans la vie privée des hommes même les plus anonymes et les plus éloignés de Paris afin de sécuriser la Monarchie Nationale.

  • Titre traduit

    The Department of Pyrénées-Orientales at the heart of the maneuvers and intrigues Orleanists (1830-1848)


  • Résumé

    In 1830, the Pyrénées-Orientales department was neither cut off from the world nor forgotten from Paris: living with passion the revolutionary events, inscribed in the Napoleonic standardization, welcoming the Restoration, it was not ignored by the Monarchy of July. From the Three Glorious Years and all the following years, Louis-Philippe's men were established and the prefecture was quickly supervised by the Ministry of the Interior: it constantly received directives to best control this concentrated space, by its location border and its rural location, a number of dangers. Groups of opposition to Orleanism do indeed exist, which deserve to be observed, to know their profile, their antecedents, their actors, their strategies of protest, the networks which they can weave, locally, nationally, but also and above all south of the border where the Carlists are getting organized.