Mise en complémentarité du Tourisme et de l'Agriculture pour le développement durable du Sénégal

par Paulette Marone

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Jean-Louis Caccomo et de Mbaye Diene.

Thèses en préparation à Perpignan en cotutelle avec l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED (Perpignan) , en partenariat avec Centre de recherche sur les Sociétés et Environnements en Méditerranée (laboratoire) depuis le 20-11-2017 .


  • Résumé

    Sujet: Mise en complémentarité du tourisme et de l'agriculture pour le développement durable du Sénégal 1- L'intérêt du sujet Le tourisme et l'agriculture occupent une place importante dans l'économie mondiale. En effet toutes les statistiques nous montrent que le nombre de touristes dans le monde augmente chaque année. En se basant sur les statistiques de L'Organisation Mondiale du Tourisme, on constate cette augmentation: « 674 millions de touristes dans le monde, en 2000», ce qui progressa jusqu'à atteindre « 1 milliard 186 millions d'arrivées, en 2015.» « Le tourisme représente 10% du PIB mondial, en impact direct, indirect et induit, et un emploi sur 11 dans le monde (également en impact direct, indirect et induit).1 «Le PIB du secteur touristique atteint presque les 10%. En effet selon l'Organisation Mondiale du Tourisme, «la contribution totale du tourisme au PIB mondial est de 9,8 %.» 2 Concernant l'agriculture, selon la Banque Mondiale, sa croissance a des effets deux à quatre fois plus efficaces par rapport aux autres secteurs. En 2014, elle représentait encore un tiers du produit intérieur brut (PIB) mondial.3 Quant à l'agriculture, nul n'ignore que la révolution agricole a permis la révolution industrielle. L'histoire nous apprend que la naissance du tourisme coïncide avec la révolution industrielle des anglais qui furent les premiers à le pratiquer pour des raisons culturelles à travers diverses destinations. Beaucoup de pays développés ont eu d'abord un secteur agricole fort. C'est le cas des États Unis, de l'Angleterre, de la France, de la Chine, du Brésil... Le tourisme et l'agriculture constituent donc un poids économique considérable. Mettre en relation ces deux secteurs sera favorable à l'économie de manière durable. D'abord parce que l'agriculture est à la base de tout développement. Autrement dit pour qu'un pays se développe convenablement il faut au préalable que son secteur agricole soit notable avec une autosuffisance alimentaire et des exportations importantes. Ensuite parce que le tourisme est en plein essor et est considéré comme un moteur de croissance économique s'il s'inscrit dans un contexte de développement durable. La Commission Mondiale sur l'Environnement et le Développement, dans le rapport de Brundtland en 1987, définit le développement durable comme « étant un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.»4 Cette définition nous permet d'examiner plusieurs aspects sur l'environnement, l'écologie, la croissance économique, la société... En effet elle prend en compte le respect des ressources naturelles en conciliant progrès économique et social tout en satisfaisant nos besoins actuels et ceux de nos prédécesseurs. Parmi ces besoins nous pouvons citer nos besoins en eau, en nourriture, un cadre de vie. En matière d'agriculture, l'agriculture biologique est un des fondements du développement durable. Ce dernier prône une agriculture rentable économiquement sans porter atteinte à l'environnement et aux ressources naturelles et prenant en compte l'avenir des agriculteurs. En matière de tourisme également, cela va dans le même sens, favoriser le développement économique des destinations et structures touristiques tout en tenant compte les équilibres socioculturels et écologiques afin de minimiser les impacts négatifs qui peuvent être générés par le tourisme tels que la destruction des écosystèmes, la fuite des recettes touristiques, la pollution des espaces, la surconsommation de l'eau et de l'énergie, le réchauffement climatique, pour ne citer que cela. Au Sénégal, le secteur agricole est le premier secteur pourvoyeur d'emplois et de revenus pour environ «54%» de la population. En effet, «49,5% » de la population active y travaille. «70% du monde rural tirent leur alimentation et revenus de l'agriculture et des activités connexes». La part de l'agriculture dans le PIB est de «15,7% en 2016».5 S'agissant du tourisme, il est le deuxième secteur pourvoyeur de d'emploi et de devises. Le PIB du secteur touristique s'élève à «7%». «Les arrivées touristiques de 2012 ont généré des recettes estimées à 362 milliards de FCFA dans l'économie du pays.» 6 Comme nous le voyons, l'agriculture et le tourisme constituent les principales sources de revenus du Sénégal. Ainsi, c'est la raison pour laquelle notre recherche s'est basée sur une analyse complexe afin d'apporter une clarté dans le domaine touristique et agricole. Notre thèse cherche à rapprocher le tourisme et l'agriculture, à clarifier les problèmes que rencontrent les deux secteurs surtout en milieu rural afin de parvenir au développement durable. Elle cherche également à examiner les pratiques du tourisme durable et ses limites. 2- Problématique A l'heure actuelle où le tourisme connaît un succès considérable dans les pays développés; où les politiques agricoles occupent les débats, le tourisme est devenu aussi une alternative dans les pays en voie de développement et l'agriculture étant en premier lieu le secteur de subsistance. A l'heure où ils sont considérés comme incompatibles par certains, en ce qui concerne le foncier, la distribution de l'eau; il est aujourd'hui nécessaire et indispensable de les mettre en relation, de créer des complémentarités pour un développement durable. Le tourisme étant en plein essor et de masse, les aménagements touristiques sont de plus en plus nombreux, menaçant ainsi l'agriculture en diminuant considérablement les surfaces cultivables et en détournant par la même occasion l'eau destinée à l'irrigation au profit des touristes pour leurs besoins alimentaires, sanitaires, récréatifs. En effet ces deux secteurs ont tendance à s'intéresser aux mêmes lieux, aux mêmes ressources, ils se heurtent souvent, ce qui génère dès fois des conflits très aigus. Le tourisme devient un adversaire redoutable de l'agriculture. Selon la FAO, l'agriculture consomme «69%»7 du volume d'eau disponible, le tourisme a également un grand besoin en eau. Cette dernière, indispensable pour l'agriculture et nécessaire pour le tourisme pose un grand problème. C'est le cas dans certains pays pauvres où les populations locales n'ont pas souvent accès à l'eau potable. On assiste de plus en plus, surtout dans les pays en voie de développement, à l'accaparement des terres appartenant aux agriculteurs par les investisseurs nationaux ou étrangers qui investissent dans le tourisme; mettant ainsi en péril les agriculteurs dépourvus de leurs terres. Cette pression touristique subie par l'agriculture sur son foncier est de plus en plus cruciale. On assiste alors à un recul de l'agriculture face au tourisme dans les pays du Nord comme du Sud. Se pose ainsi la question sur la durabilité de l'agriculture surtout sachant que de plus en plus des pays du Sud se dirigent vers une monoculture touristique, négligeant consciemment ou non le secteur traditionnel car voyant dans le tourisme un grand espoir du développement. Le risque que le tourisme devienne la seule source de revenus de certaines destinations est à tenir en compte. Cela peut avoir des conséquences néfastes sur les populations en cas de crise du secteur touristique, en cas de catastrophe naturelle ou en cas d'instabilité politique comme la guerre, la dictature, le coups d'État. La négligence du secteur agricole peut être néfaste pour la population mondiale à l'avenir, d'autant plus que son augmentation est rapide. En effet selon l'Organisation des Nations Unis, «la population mondiale devrait atteindre 9,8 milliards en 2050 et 11,2 milliards en 2100.»8 Il y aura donc 9,8 milliards d'individus en 2050 à nourrir. Il sera nécessaire de renforcer les activités de recherche et de développement agricoles. Au Sénégal, l'agriculture est saisonnière du fait que la saison des pluies ne dure que quelques mois, 3 à 5 mois, de mai à septembre. Elle est pratiqué en majorité dans le monde rurale et constitue un moyen de subsistance des paysans. Elle est surtout basée sur les produits vivriers de subsistance tels que le mil, le riz, le sorgho, l'arachide... Cependant la production reste faible, la main d'œuvre se raréfie de plus en plus les politiques mises en place. En effet l'agriculture et le tourisme sont au cœur des stratégies et des politiques économiques au Sénégal. L'État du Sénégal, de par le Plan Sénégal Émergent (PSE), le Programme de Renforcement et d'Accélération de la Cadence de l'Agriculture Sénégalaise (PRACAS), tente d'atteindre l'autosuffisance alimentaire d'ici 2035 avec des résultats espérés déjà pour cette année 2017. Mon choix sur le Sénégal s'explique par le fait qu'il est un pays en voie de développement, où l'agriculture peine à nourrir sa population, où le tourisme est considéré comme un espoir de développement. Mon choix sur le Sénégal, s'explique aussi par le fait que le tourisme agricole n'a jusqu'ici pas encore fait l'objet de recherches approfondies à notre connaissance. Le tourisme à la ferme ou la patrimonialisation des produits agricoles n'existe pas pour le moment. L'agriculture sénégalaise reste rudimentaire, n'est pas très exportatrice et tarde à satisfaire l'autosuffisance alimentaire du pays. Au Sénégal le tourisme balnéaire et le tourisme d'affaire dominent. Le tourisme balnéaire est la première forme de tourisme au Sénégal. Bon nombre de touristes fréquentent les littoraux sénégalais. Ce littoral couvre sept cent (700) kilomètres de plages dont les côtes sablonneuses, les côtes rocheuses et des estuaires en mangrove. Les caractéristiques du littoral sont diverses, la densité moyenne est de loin supérieure à celle de l'ensemble du territoire. La station balnéaire de Saly créée au début des années 1980 est la première station du pays. Elle se trouve sur la Petite Côte et a été la favorite des investisseurs nationaux et étrangers. Diverses activités économiques y sont implantées. En dehors de Saly, on retrouve d'autres stations concentrées sur le balnéaire, le reste de la Petite Côte, le Sud du pays et Saint Louis. Le tourisme d'affaires a connu ces dernières années une expansion générée par des revenus beaucoup plus importants que le tourisme balnéaire. En plus sa saisonnalité est considérée comme moins importante. Cependant, on constate une régression de ces offres touristiques classiques. À cause de l'érosion côtière, le tourisme balnéaire perd de plus en plus de ses espaces maritimes. La station balnéaire de Saly est un exemple concret. Dans cette station, la progression du niveau de la mer a entraîné la fermeture de plusieurs structures touristiques, réduisant ainsi sa capacité d'hébergement et dans le même sillage le nombre d'arrivées de touristes et la diminution des recettes touristiques. Quant au tourisme d'affaire, la concurrence des nouvelles destinations, le coût élevé des billets d'avion et des hôtels sont à l'origine de sa chute. D'autres formes de tourisme comme le tourisme culturel, le tourisme durable... existent également. Mais ce dernier n'est apparu que dans les années 1990 et est encore un peu ambigu dans sa pratique. Si l'on se réfère à la définition de l'O.M.T du tourisme durable, il consiste à 'un tourisme qui tient pleinement compte de ses impacts économiques, sociaux et environnementaux actuels et futurs, en répondant aux besoins des visiteurs, des professionnels, de l'environnement et des communautés d'accueil.'9 Or au Sénégal, économiquement, le tourisme est trop dépendant des pays développés d'où viennent les touristes. Le tourisme intérieur étant très rare et quasi inexistante. Les investissements proviennent en général des pays développés. Face aux grandes firmes internationales, les entreprises nationales ne sont pas compétitives. Quand on prend l'exemple des voyagistes, on se rend compte que ces derniers organisent et ont le contrôle sur tout, du début à la fin. En effet, la fuite des recettes touristiques est trop importante, le pays se contente généralement de l'encaissement des taxes et des impôts. Socialement, les populations locales ne profitent pas vraiment des retombées économiques générées par le tourisme. Leur part du bénéfice est minime. En effet, le constat que nous avons fait dans les endroits à vocation touristique est que les populations autochtones restent dans l'extrême pauvreté. Un grand nombre d'hôteliers, importent leurs produits de consommation pendant que pourrissent les récoltes des agriculteurs d'à côté. Si nous disons que le tourisme va jusqu'à appauvrir davantage ces populations, ce n'est pas exagéré. Prenons l'exemple de la privatisation des plages qui freine les activités de transformation des produits halieutiques. Ces activités sont en général exercées par les femmes en situation économique difficile. Ces dernières n'ont même plus le droit de fumer leurs poissons pour ne pas gêner l'activité touristique. Les populations autochtones subissent des inégalités dans l'occupation des terres. A cause de la construction massive de structures touristiques, elles sont exclues de leur espace de vie souvent sans dédommagement, laissant la place aux investisseurs. Environnementalement, l'urbanisation massive du littoral s'est faite sans réellement se conformer aux normes et politiques. Conséquence, on assiste actuellement à l'érosion côtière, à la dégradation des ressources naturelles. En effet, les travaux de génie civil pour l'aménagement de sites touristiques et la mise en place des infrastructures nécessitent des déboisements, des constructions de voies d'accès, des terrassements, des détournements de cours d'eau, des constructions de digues et de canaux ce qui entraîne des dommages aux écosystèmes fragiles, des destructions aux mangroves, à l'érosion des dunes, des plages et des côtes. Les activités touristiques sur le littoral tels que la construction des infrastructures, l'aménagement des plages ont souvent des répercussions négatives sur le littoral provoquant ainsi la détérioration de l'équilibre marin. En réalité, la Petite Côte sénégalaise est affectée par l'érosion côtière à différents endroits. Depuis longtemps, un recul du trait de la Petite Côte est observé, ce processus provoque la destruction de l'habitat et d'infrastructures. Cette érosion est souvent accentuée par l'action de l'homme tels que le prélèvement du sable des plages, des coquillages et la construction des bâtiments et d'infrastructures trop près de la plage et dont les dimensions et les caractéristiques architecturales ne sont pas adaptées à leur environnement et causent une dégradation des paysages. L'activité hôtelière entraîne la pollution à cause des mauvaises conditions de traitement des eaux usées et d'élimination des déchets. Certains hôtels déversent directement leurs eaux usées dans la mer ou sur les terres entraînant ainsi une perturbation de la qualité de l'air qui a ainsi des effets néfastes sur le climat local ou régional. Le tourisme a un impact négatif sur l'environnement, subit la crise économique et les attentats. L'agriculture aussi a un impact négatif sur l'environnement, la santé et subit une perte de ses surfaces de plus en plus destinées à des fins touristiques. Toutefois dans les pays en voie de développement, l'agriculture occupe une place importante et contribue à la lutte contre la faim et contre la pauvreté. Cela explique le fait qu'une grande partie de la population pauvre vie en zone rurale et tire la majorité de ses moyens d'existence dans l'agriculture et les activités liées à l'agriculture. En effet l'agriculture dans ces pays est pratiquée presque par toute la population pauvre. Chaque famille possède au moins un lopin de terre pour des fins agricoles ou d'élevages. Ces terres se transmettent de générations en générations ainsi que les savoirs faire pour des rendements meilleurs. Dans certains pays où la pluviométrie est faible, l'eau rare et l'agriculture étant saisonnier en générale, les travaux champêtres ne durent que cinq mois maximum. Après la récolte, les jeunes actifs de la population pauvre émigrent dans les villes pour chercher du travail, en générale dans le secteur touristique et se contentent généralement d'emplois subalternes. Ils reprendront leurs activités agricoles une fois la saison touristique terminée. On constate ainsi que la main d'œuvre dans le secteur agricole est presque la même que dans le secteur touristique. La saison touristique se divise en haute saison et en basse saison. La haute saison commence de novembre à avril, la basse saison de mai à octobre. La basse saison touristique correspond à la saison agricole d'où l'intérêt de les mettre en relation pour estomper le caractère saisonnier de l'une et favoriser l'essor de l'autre. C'est pourquoi une mise en relation étroite entre le tourisme et l'agriculture sera bénéfique pour le développement durable des terroirs. Ils sont des facteurs incontestables de croissance économique. En plus des fins déjà évoquées plus haut, cette étude a également pour but d'éclairer le problème lié à l'occupation massive du littoral. Elle permettra également de mieux gérer les terres agricoles. La question principale à laquelle notre étude compte répondre est: Comment associer tourisme et agriculture pour le développement durable des terroirs? Cette problématique nous permettra de faire l'état des lieux du tourisme et de l'agriculture dans le monde rural. Comment régler le problème du foncier? On constate que la majorité des touristes internationaux se concentre dans les grandes les villes, sur le littoral et seulement qu'une petite partie va jusqu'à l'intérieur des terres. Comment désaturer le littoral et les grandes villes? Comment, dans le même sillage freiner l'urbanisation progressive et résoudre les problèmes qu'elle génère? Comment mettre en valeur et préserver le patrimoine naturel et bâti du monde rurale? Ces interrogations nous permettront de mieux poser la problématique afin d'examiner le sujet. 3- Les objectifs de la recherche L'un de nos objectifs est d'éclairer sur les multiples problèmes que rencontrent le tourisme et l'agriculture et de créer des complémentarités entre eux afin d'aboutir à un développement durable. Nos objectifs spécifiques sont: Mettre en place un mécanisme pour la gestion des ressources afin de faire face à la concurrence sur le foncier et l'eau; Mettre en place de nouvelles offres touristiques qui ont comme thématique l'agriculture et le tourisme; Mettre en relation les acteurs touristiques et agricoles et les impliquer dans les travaux, Promouvoir l'agritourisme; Valoriser ou revaloriser des terroirs; Promouvoir la valorisation des produits locaux, la gastronomie locale; Changer les comportements des touristes, les pousser à adopter des habitudes favorables au développement durable; Parvenir à une meilleure répartition spatiale du tourisme; Réussir à conserver efficacement le littoral; Développer un tourisme agricole hors saison touristique; 4- Les hypothèses de la recherche L'agriculture est un moyen efficace pour renforcer le tourisme. Le tourisme gastronomique prend de plus en place de place et constitue un motif de déplacement de la part des touristes qui veulent découvrir de nouveaux mets. En outre la proposition de logements insolites, la vente directe de produits de qualité, les activités en pleine nature... sont de nouvelles offres touristiques qui se distinguent des offres classiques. Le tourisme et l'agriculture peuvent bien coexister dans les pays en voie de développement; et dans les pays développés de manière très complémentaire; Ce sont surtout les pays en voie de développement qui tendent vers une mono-activité touristique au détriment de l'agriculture. Quant aux pays développés, ils ont tendance à voir leurs terres agricoles absorbées par les autres activités économiques. Et pourtant le secteur touristique et agricole peuvent coexister dans la mesure où on les met efficacement en complémentarité et qu'on gère équitablement les ressources qui sèment la discorde à savoir, les terres, l'eau, l'énergie. Le tourisme peut contribuer efficacement au développement de l'agriculture. Pour cela, les agriculteurs ont besoin de l'appui des professionnels du tourisme et des touristes pour écouler plus rapidement leurs produits. La valorisation des produits locaux peut réduire considérablement le volume des importations sur les matériaux utilisés, les produits alimentaires consommés par les touristes de manière à développer le commerce local et réduire les fuites touristiques. Pour un développement durable et équitable, valoriser les produits locaux permet de réduire en grande partie les importations et en même temps les fuites de recettes touristiques et permettre aux pays d'accueil de bénéficier des retombés économiques générées par le tourisme. Il permet également de stopper le gaspillage causé par le pourrissement des fruits et légumes et faire vivre les familles de paysans en leur achetant leurs récoltes. De nouvelles offres touristiques peuvent être créées à partir de l'agriculture. En plus des offres déjà existantes, d'autres peuvent être crées en alliant l'offre touristique et l'offre agricole. L'agriculture peut estomper la saisonnalité du tourisme et ce dernier peut également estomper la saisonnalité du premier. Au Sénégal, l'agriculture et le tourisme étant saisonnier: des activités agrotouristiques peuvent être crées hors saison touristique et agricole. ... 5- Méthodologie Nous prenons comme base de réflexion, les différentes recherches menées sur la question du tourisme et de l'agriculture, sur le développement durable, sur l'urbanisation, sur le tourisme de masse. Pour cela, nous allons mener une étude documentaire afin d'avoir une idée générale du sujet. Nous allons donc faire une recherche documentaire à partir d'ouvrages, d'articles scientifiques spécialisés dans le domaine touristique et agricole, de documents officiels... Nous allons faire une étude de terrain afin d'avoir des données fiables, mesurables et quantifiables. Nous allons élaborer un questionnaire pour les populations autochtones et les touristes ainsi qu'un guide d'entretien pour les autorités publiques, les professionnels des deux secteurs à savoir les ministères et organismes du tourisme, de la communication, de l'environnement, les ONG, les offices de tourisme et syndicats d'initiative, les hôteliers, les agents de voyage... 6- Calendrier Pour mieux organiser notre recherche durant les trois années, nous avons pensé mettre en place un planning détaillé. Chaque année sera divisée en deux étapes. Pour la première année, la première étape sera consacrée à la documentation afin de mieux cerner le sujet pour l'élaboration du plan, du questionnaire et du guide d'entretien dans le but de préparer l'étude de terrain. La deuxième étape sera consacrée à la mise en place du plan et à l'étude de terrain au Sénégal. C'est durant cette phase que nous allons interroger les populations locales et les touristes avec le questionnaire et les autorités publiques et professionnels du tourisme avec le guide d'entretien. Pour la deuxième année, pendant la première étape, nous allons traiter des données et analyser les résultats. Enfin pour la troisième année, la première phase sera consacré à la rédaction de la thèse. La deuxième phase sera réservé à la révision, au dépôt et à la soutenance de la thèse. Bibliographie provisoire Ouvrages Bernardin SOLONANDRASANA, Nicolas PEYPOCH, Laurent BOTTI, Economie du Tourisme,Topos Dunod, 2013, 128 pages. BATAILLOU Christian, SCHEOU Bernard, Tourisme et développement, regards croisés, 2007, presse universitaire de Perpignan, Collection étude, 483 pages. CACCOMO Jean-Louis, Fondements d'économie du tourisme. Acteurs, marchés, stratégies. De Boeck Supérieur, « Les métiers du tourisme», 2007, 228 pages. COËFFÉ Vincent, Le tourisme. 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Un exercice d'adaptation, d'intégration et de conciliation, Téoros, 2017 SARRASIN Bruno, TARDIF Jonathan, FLORES Georgina Arreola, Tourisme et lutte contre la pauvreté: de la confusion des termes à la construction d'un discours scientifique? Téoros, 2012 Tourisme durable et enjeux stratégiques, Management & Avenir n° 56 2012, 170p

  • Titre traduit

    Complementarity of Tourism and Agriculture for the sustainable development of Senegal


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