La police italienne en territoire étranger : une répression internationale de l'anarchisme italien de l'Unité à la Première Guerre mondiale

par Thomas Beugniet

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Jenny Raflik et de Giovanna Tosatti.

Thèses en préparation à Nantes en cotutelle avec l'Università degli studi della Tuscia (Viterbo, Italie) , dans le cadre de STT - Sociétés, Temps, Territoires (Nantes) depuis le 18-10-2019 .


  • Résumé

    Dans le derniers tiers du XIXe siècle, le mouvement anarchiste italien s’internationalise en raison d’une émigration économique et de la répression intransigeante de l’État italien. Face à la menace socialo-anarchiste, celui-ci développe en effet des moyens de surveillance nationaux et transnationaux innovants. La création d’un vaste service de surveillance des éléments « subversifs », par l’intermédiaire des préfectures de police et des représentations diplomatiques et consulaires, est une des stratégies mises en place pour contrecarrer le mouvement1. C’est que la diaspora de l’anarchisme italien est présente dans bien des pays et surveiller cette menace latente devient une priorité pour l’Italie. Pour policer les mobilités et surveiller les allées et venues des anarchistes, un des défis de la police italienne concerne la difficulté de cartographier les réseaux et circulations. En vue de résoudre cette problématique induite par un monde anarchiste en perpétuel mouvement l’État italien choisit au tournant des années 1870 de créer une police internationale. Plusieurs corps de l’État s’impliquent dans ce service de police internationale, qui sous l’égide du ministère de l’Intérieur, se trouve incorporé au sein du ministère des Affaires étrangères. Ce service est actif par l’intermédiaire des ambassades et des consulats. Les représentations diplomatiques et consulaires sont impliquées et deviennent des éléments clefs de l’action coercitive. À travers le cas des anarchistes, cette étude transnationale permet une étude comparée des systèmes policiers en Italie et en Europe dans les dernières décennies du long XIXe siècle. Elle offre également un angle privilégié pour analyser la construction de l’appareil policier et bureaucratique de la jeune monarchie italienne à travers le prisme d’un groupe dissident et stigmatisé. Il s'agit de montrer comment, à l'époque de l'émigration massive, la bureaucratie de l'État italien se constitue au travers des interactions avec les échelles locales – les préfectures et sous-préfectures – et transnationale – avec les consulats. Nous aurons ainsi une bien meilleure connaissance de la police italienne tant au niveau local qu’à l’étranger, du système consulaire et des consuls, de la collaboration internationale des polices et des mouvements radicaux transnationaux.


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