L'idée d'université selon le cardinal John Henry Newman : éducation, religion, culture et développement de la personne

par Maud Besnard

Thèse de doctorat en Études anglophones

Sous la direction de Franck Lessay.

Thèses en préparation à Paris 3 , dans le cadre de École doctorale Études anglophones, germanophones, et européennes (2009-2015 ; Paris) , en partenariat avec Langues, Textes, Arts et Cultures du Monde Anglophone (laboratoire) depuis le 08-01-2009 .


  • Résumé

    L’Idée d’université de John Henry Newman est, à l’origine, une série de conférences universitaires, rédigées en 1852 ainsi qu’un ensemble d’essais et d’allocutions, publiées entre 1854 et 1858. C’est à l’occasion de la fondation de l’université catholique d’Irlande (1854) que la hiérarchie catholique invita Newman à exposer ses vues sur l’éducation. C’est principalement sur sa défense de l’éducation libérale et de l’enseignement théologique que repose l’argumentation de Newman. L’objet de cette étude est, d’une part, de montrer de quelle manière Newman articule sa pensée sur l’éducation avec l’ensemble de sa philosophie religieuse et culturelle et, d’autre part, de souligner de quelle manière la philosophie personnaliste de Newman offre une réponse alternative à la conception libérale et utilitariste de l’éducation. Dans un premier temps, on aborde la forme d’esprit de Newman, à travers les deux principes constitutifs de sa pensée : la conscience et l’intelligence personnelle. Ils témoignent de l’esprit de relation dont Newman fit preuve au détour de son expérience d’éducateur, de pasteur et de théologien. En un second temps, on s’interroge sur l’articulation entre sa pensée personnaliste et sa conception de l’université. Newman envisage l’idée d’université à l’aune de ce principe de relation, et dévoile ainsi la manière dont il conçoit l’organisation des savoirs, le milieu universitaire et les relations qui y sont exercées ainsi que le rôle de l’enseignement religieux sur la formation intellectuelle et morale. En un troisième temps, on interroge la relation entre l’approche culturelle de l’éducation et le personnalisme newmanien. En soutenant l’idée que l’éducation vise le développement de la personne, Newman souhaite montrer les bienfaits de la culture et, précisément, celle des humanités. Pour autant, l’éducateur catholique n’en oublie pas de souligner que la culture humaine peut aussi entrer en rivalité avec la conscience chrétienne.

  • Titre traduit

    The Idea of a University according to John Henry Cardinal Newman : education, religion, culture and personal development


  • Résumé

    The Idea of a University by John Henry Newman (1801-1890) is originally a set of lectures on university written in 1852 and a collection of essays and inaugural lectures published between 1854 and 1858. On the occasion of the foundation of the Catholic University of Ireland, the Catholic hierarchy invited Newman to set out his views on education. It is mainly on his defence of liberal education and theological teaching that Newman’s argument is based. The aim of this study is, on the one hand, to show how Newman connects his thought on education with his whole religious and cultural philosophy and, on the other hand, to underline how Newman’s personalist philosophy is an alternative to the liberal and utilitarian conception of education. First, our study tackles the form of Newman’s mind through the two principles which are at the basis of his thought: conscience and personal intelligence. They both reveal the spirit of connectedness Newman showed throughout his experience as an educator, as a pastor and as a theologian. Secondly, our study examines the connection between his personalist thought and his idea of a university. Newman envisages the idea of a university in the light of this principle of connectedness, and so reveals the way he conceives the organization of knowledge, the university milieu and its interpersonal relations, as well as the influence of religious teaching on intellectual and moral training. Thirdly, our study examines the relationship between the cultural approach to education and Newman’s personalist thought. By asserting that education aims at developing the person, Newman wishes to show the benefits of culture, and more precisely, that of humanities. However, the Catholic educator does not forget to underline that human culture may also come into conflict with the Christian conscience.