Aller au stade. La mobilisation autour du football de haut niveau à Bordeaux au XXe siècle.

par Vincent Mourgues

Projet de thèse en Histoire, histoire de l'art et archeologie

Sous la direction de Christophe Bouneau.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes moderne et contemporain (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 27-10-2019 .


  • Résumé

    En 1990, dans la revue Vingtième Siècle, Jean-Pierre Augustin évoquait « la percée du football en terre de rugby » pour présenter le développement du football à Bordeaux, en présentant notamment l’âge d’or des Girondins de Bordeaux dans les années 1980. Si le rugby a conquis les terres du sud-ouest de la France précocement, le football s’y est épanoui de manière concomitante, en trouvant sa place avec la création de la Ligue de Football du Sud-Ouest. Très rapidement, la mobilisation se fait autour des grounds puis dans les stades, avec comme premier moment fort l’accueil de la coupe du monde de football de 1938, alors que Bordeaux ne compte pas de club majeur dans l’élite du football français. Si les Girondins de Bordeaux occupent une place centrale et sont le club phare du football de haut niveau à Bordeaux depuis la fin des années 1930, d’autres clubs ont pu occuper une place importante au niveau régional puis dans les compétitions nationales de l’ère préprofessionnelle. De plus, Bordeaux a été le lieu de deux coupes du monde (1938 et 1998) et d’un championnat d’Europe (2016). Notre travail a pour objectif de retracer les trajectoires de l’ensemble des publics en l’abordant sous deux angles. D’une part, l’importance de la mobilisation est étudiée, en cherchant à voir si Bordeaux est tout autant ville de football que ville de rugby. D’autre part, les profils des publics sont également à aborder, sans se limiter aux supporters extrêmes, ultras et hooligans, qui font l’objet d’une vaste littérature scientifique depuis les années 1980. Ces publics ont fait l’objet d’une dissociation progressive, des spectateurs-joueurs du début du XXe siècle, sportsmen avertis, aux publics divers de la fin du XXe et du début du XXIe siècle, ainsi que les modalités de cette mobilisation, aujourd’hui déterritorialisées. Ces dynamiques et trajectoires sont intimement liées à l’évolution des espaces des stades, qui, d’abord pensés pour la pratique, se sont progressivement adaptés à l’accueil du public puis à l’accueil des publics diversifiés (spectateurs, partenaires). Ce travail s’inscrit tant dans la recherche en histoire du sport qu’en histoire culturelle, autour du spectaculaire contemporain.

  • Titre traduit

    Going to the stadium. Rallying about high level football in Bordeaux in the 20th century


  • Résumé

    In 1990, in Vingtième Siècle, Jean-Pierre Augustin mentioned « football’s break in a rugby’s country », to display football’s expansion in Bordeaux, alluding to the Girondins de Bordeaux’ golden age in the 1980’s. If rugby wins the French south-west precociously, football blossoms simultaneously, with the creation of the Ligue du Football du Sud-Ouest. Quickly, the audience gathers around the grounds, then in the stadiums, with the 1938 World Cup, while there was no main club in Bordeaux at this moment in the first national division. If the Girondins de Bordeaux takes a central place and is the flagship club of high level football in Bordeaux since the end of the 1930’s, many others clubs have taken a place at the regional then at the national level in this preprofessional era. Moreover, Bordeaux hosts two world cups (1938 and 1998) and a European Championship (2016). Our work wants to recount the path of all of the audience, from two points of view. First, the importance of the audience will be studied to see if Bordeaux is a football’s town as much as a rugby’s town. Second, the audience’s profiles will be approached, without being restricted to extrem supporters (ultras, hooligans) ; they are the subject of a large academic literature since the 1980’s. The audience knows a progressive dissociation, from spectators-players in the early 20th century, experienced sportsmen, to the many kinds of audience in the late 20th century and the early 21th. The practice is now without territory, with the online audience. Those dynamics and paths are tied to the stadium’s evolutions, first considered for the practice, now suited to receive many publics (spectators, business partners). This work is registered both in sports history and in cultural history, around the contemporary spectacular.