L'écriture d'un événement historique : le témoin comme source d'Histoire de la dictature chilienne au travers de l'oeuvre de Patricio Guzman, Carmen Castillo et Raoul Ruiz

par Flavie Couraud

Projet de thèse en Arts, arts plastiques, musicologie

Sous la direction de Pierre Beylot et de Clément Puget.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Cultures Littératures Arts Représentations Esthétiques (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 14-11-2019 .


  • Résumé

    D’après le cinéaste chilien Patricio Guzman, « un pays sans cinéma documentaire est comme une famille sans album photos » ; nous pouvons ajouter que le documentaire, tout comme la photographie, permet de garder une trace d’un passé proche ou lointain. Les œuvres de Patricio Guzman, mais également de Carmen Castillo, reviennent inlassablement sur les années de pouvoir de l’Unité Populaire et de Salvador Allende, balayés par le coup d’Etat militaire de 1973 et la dictature qu’a imposée Pinochet pendant dix-huit ans. Une dictature dont il ne reste que très peu de traces et d’images. Comment raconter un tel événement ? Comment permettre aux générations futures et aux autres nations d’entendre ce qu’il s’est passé pour, peut-être, éviter que cela se reproduise ? Pour conduire ce travail de mémoire, comme cela a été fait pour la Shoah, c’est autour de la figure du témoin que nous nous concentrerons. Au-delà de la simple rétrospective sur le documentaire chilien qui s’étendrait de La Bataille du Chili (1975), à aujourd’hui, ce projet de recherche a pour but de comprendre comment se construit le témoignage et quelles manières de filmer sont utilisées pour mettre en avant ces témoins du passé à travers les films de Patricio Guzman (La Bataille du Chili ; Chili, la mémoire obstinée (1997) ; Le Cas Pinochet (2001) ; Salvador Allende (2004) ; Nostalgie de la lumière (2010) ; Le Bouton de nacre (2015) ; La Cordillère des songes (2019) ), de Carmen Castillo (La Flaca Alejandra (1994) ; Rue Santa Fé (2007) et Dialogues d’exilés (1974) de Raoul Ruiz. Ce projet sera également amené à interroger le témoignage des victimes et des exilés, mais aussi d’autres formes artistiques telles que la fresque murale et la musique.

  • Titre traduit

    Writing a historical event : the witness as a source of history of the Chilean dictatorship in the movies of Patricio Guzman, Carmen Castillo and Raoul Ruiz (1975-2019)


  • Résumé

    According to the Chilean filmmaker Patricio Guzman, « a country without documentary is like a family without photo album » ; we can add that the documentary, like photography, allows to keep trace of a past near or far. The works of Patricio Guzman, but also of Carmen Castillo, go back tirelessly on the years of the United Popular and Salvador Allende, swept away by the coup in 1973 and the dictatorship imposed by Pinochet for eighteen years. A dictatorship of which there are very few traces and images. How to tell such an event ? How do we allow future generations and other nations to hear what has happened to perhaps prevent it from happening again ? To conduct this work of memory, as was done for the Shoah, it is around the figure of the witness that we will concentrate. Beyond the simple retrospective on the Chilean documentary that would extend from La Bataille du Chili (1975), to today, this research project aims to understand how the testimony is constructed and what ways of filming are used to highlight these witnesses of the past through the films of Patricio Guzman (La Bataille du Chili ; Chili, la mémoire obstinée (1997) ; Le Cas Pinochet (2001) ; Salvador Allende (2004) ; Nostalgie de la lumière (2010) ; Le Bouton de nacre (2015) ; La Cordillère des songes (2019) ), of Carmen Castillo (La Flaca Alejandra (1994) ; Rue Santa Fé (2007) ) and Dialogues d’exilés (1974) of Raoul Ruiz. This project will also involve questioning the testimony of victims and exiles, as well as other artistic forms such as the mural and music.