Les nouvelles bêtes de l’apocalypse : présences et disparitions animales dans l’imaginaire de fin du monde des XXe et XXIe siècles

par Jodie Bessonnet

Projet de thèse en Litterature francaise, francophones et comparee

Sous la direction de Jean-Paul Engélibert et de Alain Romestaing.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Telem (ea 4195), Equipe de recherche (equipe de recherche) depuis le 25-07-2019 .


  • Résumé

    La remise en cause de l’anthropocentrisme implique une approche de la question apocalyptique qui ne se limite pas à une fin de l’humanité et qui cherche à comprendre quel est ce monde dont on imagine la fin. Que les scénarios apocalyptiques supposent une crise économique, politique, écologique ou nucléaire, la fin du monde signifie l’effondrement d’un système. Inclure les animaux dans le déroulé de la catastrophe autant que dans ses conséquences revient à reconnaître leur place dans le paradigme initial, à admettre que ce monde qui est le nôtre ne s’arrête pas aux frontières de notre espèce. Étudier l’apocalypse en tant que fiction permet d’identifier, derrière les fins du monde spéculées ou inventées, un discours sur le monde contemporain. Les écrivains et écrivaines jouent du sens étymologique et biblique de l’apocalypse (la révélation) et cherchent à saisir le monde à la lumière de sa fin. D’une part, les fictions apocalyptiques questionnent notre rapport aux animaux, en imaginant de nouvelles relations ou en poussant les interactions à leur limite pour en révéler les absurdités ; d’autre part, à travers les présences animales (parfois hybrides et monstrueuses), ces œuvres explorent les marges de l’humain et redéfinissent voire battent en brèche les concepts d’humanité et d’animalité. Il s’agira d’étudier, du vingtième siècle au vingt-et-unième siècle, l’évolution conjointe des représentations animale et apocalyptique, dans les littératures francophone, anglophone et italienne, du sentiment de fin du monde qui imprègne les romans de guerre aux hypothèses de la science-fiction. Cette thèse analysera ainsi des œuvres de fiction diverses telles que celles de Claude Simon, Pierre Boulle, Céline Minard, Vincent Message, Eric Chevillard, Margaret Atwood, Peter Heller, Curzio Malaparte, Guido Morselli et d’autres…


  • Résumé

    The new Beasts: animal being and disappearing in the XXth and XXIst centuries apocalyptic imagination Questioning anthropocentricism means adopting a new approach of the apocalypse: one that sees beyond the end of humanity and tries to understand the nature of the world that is ending. Whether the crisis imagined by apocalyptic scenarios is economic, politic, ecologic or nuclear, the end of the world implies that a system collapsed. Including the animals in the catastrophe as well as in its consequences amounts to recognising their role in the initial paradigm, to admitting that this world – ours – is not limited to our species. Studying the apocalypse as fiction allows to identify, behind the speculated ends of the world, a discourse on the contemporary world. As such, writers play on the etymological and biblical meaning of the apocalypse by using the end as a mean of revelation. On the one hand, apocalyptic fictions question our rapport to animals by imagining new relationships or by pushing every interaction to its limit in order to reveal its absurdity ; on the other hand, through the sometimes hybrid and monstrous existence of animals, these works explore the fringes of what is human, redefining or even undermining the concepts of humanity and animality. We plan to study, from the twentieth to the twenty-first century the conjoint evolution of animal and apocalyptic representations, in the francophone, anglophone and italian literatures, from the feeling that the world is ending exposed in historical novel to the hypothesis made by science fiction. This study will therefore be analysing works of fiction such as those produced by Claude Simon, Pierre Boulle, Céline Minard, Vincent Message, Eric Chevillard, Margaret Atwood, Peter Heller, Curzio Malaparte, Guido Morselli and others…