La participation à l'épreuve des groupes d'intérêt

par Simon Baeckelandt

Projet de thèse en Sciences politiques

Sous la direction de Guillaume Courty.

Thèses en préparation à Lille , dans le cadre de École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille) depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    Si la science politique s’est beaucoup intéressée au développement de l’impératif délibératif sous l’angle des dispositifs participatifs et de leurs publics, l’action des groupes d’intérêt (au sens de structures organisées qui défendent des causes ou des intérêts auprès des détenteurs du pouvoir : syndicats, chambres consulaires, associations…) dans ces nouvelles arènes reste peu étudiée en France. Pourtant, la diffusion de ce « nouvel esprit de la démocratie » touche aussi les organisations issues de la société civile qui, au-delà de leur rôle classique de représentation des intérêts, sont appelées à investir l’offre publique de participation. La transformation des cadres consultatifs par l’intégration des citoyens constitue a priori une opportunité pour ces groupes de continuer à démontrer leur capacité à être des interlocuteurs « responsables » et, pour certains, des coproducteurs des politiques publiques. L’étude des groupes d’intérêts et leur action au sein des nouvelles arènes participatives devrait permettre d’avoir une vision étendue de la particularité des acteurs en présence, de la diversité des stratégies adoptées et des intérêts en jeu. Par ailleurs, si la conversion de l’administration à l’impératif participatif débute dans les années 1980 avec la politique de la ville, il paraît aussi essentiel d’établir les premiers moments de la confrontation des groupes d’intérêt à cet impératif. De plus, la crise des médiations politiques traditionnelles interroge les pratiques canoniques des groupes d’intérêt et conditionne leur investissement dans ces formes de démocratie relativement neuves. Elle pousserait ces acteurs à inventer de nouveaux répertoires d’action, en lien avec les cabinets de conseil en participation qui, progressivement, deviennent les coproducteurs de l’action publique dans ce domaine. L’objectif de cette recherche est ainsi de comprendre ce qu’implique l’action des groupes d’intérêts sur les théories et les pratiques de la démocratie participative.

  • Titre traduit

    Participatory democracy and interest groups


  • Résumé

    While political science has been very interested in the development of the deliberative imperative from the point of view of participatory measuers and their audiences, the action of interest groups (in the sense of organized structures that defend causes or interests with those in power: trade unions, consular chambers, associations, etc.) in these new arenas remains little studied in France. However, the spread of this "new spirit of democracy" also affects civil society organizations which, beyond their traditional role of representing interests, are called upon to invest in public participation. The transformation of consultative frameworks through the integration of citizens is an opportunity for these groups to continue to demonstrate their ability to be "responsible" interlocutors and, for some, co-producers of public policies. The study of interest groups and their action within the new participatory arenas should provide a broad vision of the particularity of the actors involved, the diversity of the strategies adopted and the interests at stake. Moreover, while the conversion of the administration to the participatory imperative began in the 1980s with urban policy, it also seems essential to establish the first moments of the confrontation of interest groups with this imperative. Furthermore, the crisis of traditional political mediation questions the canonical practices of interest groups and conditions their investment in these relatively new forms of democracy. It would encourage these actors to invent new action directories, along with consulting firms that are gradually becoming co-producers of public action in this field. The objective of this research is thus to understand what is involved in the action of interest groups on the theories and practices of participatory democracy.